Gris-Gris (1968) – 917 jours, 980 albums

Il y avait une découverte que j’avais faite peu avant ce défi. Et comme l’album se retrouve dans ce défi, j’ai décidé de le réécouter sans attendre. Il s’agit de Gris-Gris de Dr. John.

Cet album m’a complètement fasciné. Déjà, avec la pochette mystérieuse et attrayante, on est accroché et le ton est donné. Ensuite, tout l’album est un mélange expérimental et hétéroclite de voodoo, de spiritualité, de Nouvelle-Orléans, de psychédélisme et de R&B. En fait, il m’apparaît à peu près impossible de circonscrire cet album dans une catégorie unique, ou même dans plusieurs catégories. Ce n’est en fait qu’un voyage dans un bayou marécageux avec un docteur étrange et transcendant.

Gris-Gris Gumbo Ya Ya, qui ouvre l’album, présente d’ailleurs le personnage : http://www.youtube.com/watch?v=b4J8VrprrGE . Disons que les lieux sont emplis de mystère et de mysticisme… Crocker Courtbullion donne également une ambiance bien particulière, comme si l’on se retrouvait en plein milieu d’une célébration païenne. Enfin, I Walk on Guilded Splinters complète le tableau. Seul Mama Roux est peut-être plus légère, plus douce. Mais tout le reste de l’album est… saisissant. Si vous souhaitez découvrir quelque chose de complètement nouveau, de complètement étrange, cet album est pour vous !

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This Is Fats (1956) – 917 jours, 980 albums

Pour bien comprendre les artistes et leurs albums, il faut bien sûr comprendre leur héritage. Il faut ainsi commencer par le début, comme en toute chose. C’est pourquoi un autre album des années 50 s’imposait : This Is Fats de Fats Domino.

Cela faisait un bon moment que je souhaitais connaître cet artiste des débuts de la musique moderne. C’est maintenant chose faite, et je dois dire que je ne fus pas déçu ! J’ai été impressionné par ce style avant-gardiste, surtout pour l’époque. Mais comment fait-il pour mêler aussi bien et avec autant d’harmonie les influences ? Et comment fait-il pour faire une musique aussi ancrée dans son époque et qui, à la fois, n’a pas vieilli d’un iota ? Ce doux mélange de R&B, de jazz et de rock & roll m’a tout simplement séduit ! Je ne saurais nommer un morceau en particulier : je ne fais qu’écouter l’album en boucle, charmé par cet équilibre parfait. Il n’y a peut-être pas d’autres albums de lui au menu pour ce défi, mais je tiens à vous assurer qu’une ou deux autres de ses oeuvres vont se retrouver sur ma liste d’écoute sous peu…

Are You Experienced? (1967) – 917 jours, 980 albums

L’année 1967 est l’une des plus prolifiques de l’histoire du rock. C’est l’apogée des Beatles, c’est l’arrivée des Doors, c’est les sixties qui prennent forme avant Woodstock. Mais surtout, c’est la consécration d’un des personnages les plus emblématiques de cette époque : Jimi Hendrix. En 1967 sort Are You Experienced?.

Avec cet album, Hendrix fait plus que de jouer du bon rock. Il amène le rock psychédélique à son apogée, et il rend légendaire son jeu de guitare électrique, donnant ainsi ses lettres de noblesse à l’instrument. Par moments, une énergie intense se dégage de ses morceaux, symbolisant la fureur déjantée de toute une génération. Mais c’est surtout son ambiance psychédélique, hétéroclite, envoûtante et éthérée qui fascine. Le morceau éponyme en est probablement l’exemple parfait : http://www.youtube.com/watch?v=1gDaXwJvNQo , constituant une expérience en lui-même. D’ailleurs, les thèmes de la drogue et du sexe sont abordés à quelques reprises au courant de l’album, comme avec Foxey Lady et en particulier avec Purple Haze, dont le titre est en fait le nom d’une sorte de cannabis… Et pourtant, à l’écoute de ces morceaux, on se dit presque que la consommation de substance illicite est superflue : Hendrix fait parfaitement l’affaire pour nous plonger dans cet univers envoûtant. Les paroles y sont pour quelque chose, naturellement (Purple Haze), mais des jams comme Third Stone from the Sun sont autant, sinon plus, saisissants.

Bref, on comprend rapidement pourquoi il avait nommé son groupe The Jimi Hendrix Experience. Car, outre le mélange des divers styles (blues, pop, rock, soul…), c’est une véritable expérience qu’il nous fait vivre à travers cet album. C’est même une sorte de voyage initiatique pour quiconque souhaite connaître et vivre un peu de l’ambiance des légendaires sixties.

My Generation (1965) – 931 jours, 980 albums

Un autre groupe incontournable des débuts du rock, surtout lorsque l’on parle de la British Invasion, est indéniablement The Who. Certes, ils n’ont pas connu le même succès que The Rolling Stones ou The Beatles, mais il reste que leur album My Generation a marqué une génération entière de jeunes Britanniques.

Il y a aussi que leur style de musique est un peu moins abordable que les douces balades des Fab Four. En donnant vie à cet album, c’est plutôt une énergie brute et sale qui s’en dégage. Cette énergie, c’est l’énergie pure d’une génération qui est en train de naître, c’est les guitares électriques lourdes, c’est la batterie insistante, c’est le début du hard rock.

Naturellement, la plus belle perle de l’album, c’est le morceau éponyme : My Generation. Je vous mets une de leurs prestations endiablées du morceau légendaire : http://www.youtube.com/watch?v=YdRs1gKpeGg . Bien sûr, cela devient un peu cacophonique vers la fin, mais l’énergie, quasi-animale, est là. Il y a également Out in the Street qui traduit la même énergie, ainsi que le morceau instrumental The Ox.

Bien entendu, l’album n’est pas que sauvage, et d’autres morceaux laissent transparaître une atmosphère à la Beatles et l’influence du R&B. The Who demeure un groupe de mod, qui tire ses racines du R&B, avec une touche plus énergique. Avec I Don’t Mind, par exemple, on est un peu plus loin du rock & roll, même si la lourde guitare nous rappelle l’allégeance du groupe. L’émotion criante et profonde du morceau nous transporte ailleurs, surtout avec l’énergie brute du groupe, qui transparaît là aussi.

Ce qui m’a aussi marqué, sur cet album, c’est les soucis et les thèmes abordés dans les paroles. À travers des sujets comme le mariage (A Legal Matter) ou la déception amoureuse (I Don’t Mind), on sent vivre les jeunes d’une autre époque, et on sent un peu le monde changer à travers leurs problèmes.

Tragic Songs of Life (1956) – 931 jours, 980 albums

J’ai aussi écouté Tragic Songs of Life de The Louvin Brothers.

Il est difficile pour moi d’évaluer un tel album. Voyez-vous : je n’aime pas beaucoup le country. Et contrairement au jazz, ce n’est pas tellement un style que je souhaite explorer. Néanmoins, un défi est un défi, et il faut bien, parfois, sortir un peu plus de sa zone de confort. Cela dit, il me faudra encore quelques albums avant de m’habituer au style, et avant de commencer à l’apprécier.

Avec les Louvin Brothers, par exemple, l’expérience ne fut déjà pas si mal. Mais ce fut quand même l’album le plus déprimant que j’ai écouté jusqu’à maintenant. Les voix bien lyriques, qui donnent presque l’impression de fausser sous l’émotion, les paroles dépressives, et l’air de country qui n’est pas sans aider l’atmosphère : rien ne fait vraiment sourire à l’écoute de cet album. Mais bon, j’imagine que ce n’est pas l’objectif des deux frères… Je veux dire, même la guitare électrique semble flegmatique et morose. Kentucky serait peut-être l’un des bons exemples de l’ambiance de l’album ( http://www.youtube.com/watch?v=7hqqb2OHkEQ ), avec Alabama.

Bref, je ne regrette pas l’expérience, car toute découverte n’est pas mauvaise, mais ce ne deviendra pas l’un de mes albums préférés. Du moins, pas avant longtemps, ni avant ma prochaine dépression nerveuse. D’ailleurs, je ne crois pas que cela aiderait beaucoup…

Here’s Little Richard (1957) – 931 jours, 980 albums

Voilà déjà un bon bout de temps, j’ai découvert un autre artiste incontournable et fondateur du rock & roll, soit Little Richard et son grand album Here’s Little Richard.

Le premier mot qui m’est venu à l’esprit en écoutant Tutti Frutti à l’ouverture de l’album fut exubérance. Le chanteur y a une énergie si débordante, si déchaînée, qu’on est tout de suite transporté par sa musique, par l’ambiance qui se dégage de l’album. Ce n’est pas une énergie rude et sale, comme chez d’autres artistes de rock & roll. Sa voix est trop douce pour ça. C’est plutôt une énergie simple, pure, presque androgyne. D’ailleurs, avec ses cris de pure émotion, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Michael Jackson… Doublez tout cela avec un style blues et une inspiration gospel bien sentis, et vous avez cette expérience unique. J’ai aussi eu l’impression d’écouter du Elvis Presley, mais sans le côté country, ni la virilité.

Mais ne vous méprenez pas : l’énergie est bel et bien là ! Et le rock & roll aussi ! Si vous écoutez, par exemple, Long Tall Sally ou l’éternel Tutti Fruttihttp://www.youtube.com/watch?v=F13JNjpNW6c ), vous le constaterez par vous-mêmes. Vous n’avez, en fait, qu’à regarder la pochette, et vous comprendrez. J’ai d’ailleurs trouvé l’album très intéressant, car il m’a permis d’explorer une vision différente de ce style, mais tout en demeurant fidèle à ses racines. Et aussi, l’album et sa musique étaient bien plus accrocheurs que l’album d’Elvis, qui était aussi excellent, mais qui semblait avoir moins bien vieilli.