Space Ritual (1973) – 814 jours, 905 albums

Après Bob Marley, nous étions enfin arrivés à destination : une petite et charmante bourgade du nom de Carleton-sur-Mer. Sur une presqu’île, nous avons installé la tente, en pleine obscurité, aidé par les seuls phares de ma voiture. J’ai ainsi découvert qu’une batterie de voiture peut se décharger assez rapidement, si l’on ne fait pas attention… Nous avons donc demandé assistance, à près de minuit, à l’homme sympathique qui gardait le camping durant la nuit. Une fois la batterie rechargée, nous sont donc allés prendre un verre au Naufrageur, la microbrasserie du coin. Après toutes ces mésaventures, et ce long trajet, le sommeil ne fut donc pas difficile à trouver. Le lendemain matin, par contre, l’éveil fut moins aisé. C’est pourquoi, au matin, en route vers Percé, j’ai décidé d’écouter avec mes compagnons de route Space Ritual de Hawkwind.

Bon, en rétrospective, ce n’est peut-être pas la manière la plus douce de débuter une longue journée. Avec sa longueur, son intensité et ses sonorités futuristes, cet album live double peut être plutôt déstabilisant, voire exigeant, pour quiconque n’y est pas préparé ! Hawkwind nous introduit, sans trop de préambule, dans un hard rock affirmé, auquel se mêle du heavy metal et une complexité sonore digne du art rock. Par contre, ce art rock est davantage orienté, comme je l’ai dit, vers des sonorités éthérées qui rappellent la science-fiction. Il y a donc bon nombre de guitares électriques distordues, de sons suraigus, d’effets tant métalliques que lumineux; ce qui peut en faire un album plutôt exigeant, surtout aux petites heures du matin… J’oubliais aussi ces passages poétiques, portant sur l’espace et l’univers, sur fond musical un peu étrange. Bref, toute une expérience, que j’ai eu de la difficulté à assimiler.

Ainsi, je l’ai réécouté, chez moi et bien éveillé, afin de mieux le saisir, et certaines préférences ont commencé à se dessiner. Born to Go, par exemple, débute bien l’album et donne le ton pour les 2 heures à venir. Les musiciens jouent fort et sans gêne, affirmant une musique un peu lourde au départ, mais qui se complexifie au courant du morceau, par l’ajout de solos, par l’exploration du thème, par l’arrivée de sonorités différentes.

Space Is Deep est également bien intéressant, surtout qu’il apparaît plus calme et plus posé, même si la guitare ne donne pas sa place pour autant !

Et comme je le disais, ces morceaux sont entrecoupés à quelques occasions de poèmes interstellaires, qui donne presque un aspect d’opéra rock à l’album, comme une aventure à travers laquelle on suivrait les musiciens. On est transporté dans un étrange voyage, aux paysages encore inconnus, et mystérieux. Les horizons sont flous, voire hermétiques, mais le vaisseau dans lequel on voyage n’est pas pour autant ennuyant : il semble être une mine de découvertes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s