Fragile (1971) – 806 jours, 895 albums

Je me suis enfin permis d’écouter un excellent album que je connaissais déjà, mais que je me réservais pour plus tard. N’en pouvant plus, j’ai donc écouté Fragile de Yes.

Si vous vous lancez dans le art rock, cet album est définitivement un incontournable. Si vous aimez la bonne musique, c’est exactement la même chose. Comment rester indifférent à un morceau aussi prenant, aussi épique que Roundabout ?

Le début, tout de suite, est intriguant. Un léger son qui s’accentue, avant de s’évanouir d’un coup et de laisser place à quelques notes de guitare acoustique. Puis, le tempo commence et le jeu de la basse démarre, le plus complet et le plus accrocheur qu’il m’ait été donné d’entendre. Le chant arrive, le synthétiseur aussi, et le morceau est lancé, alors que les musiciens s’amusent sur ce thème fascinant, changeant et si complet, unique et unifié à la fois.

Voilà, l’album est lancé, le ton est donné ! Le reste de l’album, même s’il n’atteint jamais de nouveau les voluptés du morceau d’ouverture, est tout de même une oeuvre complète et singulière, appréciable du début à la fin. South Side of the Sky est également un morceau bien accrocheur, qui est très intéressant dans ses détails, dans sa complexité et sa composition. Long Distance Runaround devrait être un morceau pop que tout le monde connait, et cela m’étonne qu’il soit relativement tombé dans l’oubli. Lorsque le chant commence et que la batterie se met à tinter et à titiller, l’émotion ne peut que vous gagner, dans sa simplicité, sa naïveté, sa profondeur…

Enfin, avec le morceau de clôture, soit Heart of the Sunrise, là, peut-être que l’album regagne bel et bien son aspect épique et majestueux du début.

La qualité de cet enregistrement ne rend peut-être pas justice à la beauté de ce morceau. Mais bon, il faut aussi dire que, pour ma part, je ne l’écoute que sur ma table tournante, toujours avec délectation. Cette composition de près de 12 minutes commence fort, avec un solo intense et détaillé, mais dès la quatrième minute, le silence se fait l’espace d’un instant, et là commence véritablement le morceau. L’intensité de la voix, l’alternance avec les autres instruments et le jeu qui se développe lentement entre les deux, créent une émotion neuve et fraîche, pénétrante. Un album d’un tel calibre ne pouvait se terminer autrement que par ce tour de force.

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