Station to Station (1976) – 766 jours, 841 albums

Après la révélation que fut Aladdin Sane de David Bowie, j’ai dû écouter sans trop attendre un autre album de cet artiste prodige. Il se mérite quand même 7 albums dans ce défi ! Ainsi, j’ai écouté Station to Station.

J’ai eu de la difficulté à caractériser cet album. Il m’a semblé moins profond que celui mentionné plus haut, mais il gardait néanmoins la même signature musicale. Il s’agit donc, ici, d’un mélange froid et étrange de art rock, par la variété des styles et la profondeur de l’exploration artistique, de glam rock et de proto-punk, pour la simplicité et la froideur mais sans l’aspect sensuel, et de rock expérimental, parce que, bon, cet album est trop particulier pour avoir sa propre catégorie.

En plus de la disparité stylistique de l’album, les morceaux eux-mêmes m’ont semblé difficiles à appréhender. Je sais qu’ils sont bons, que je vais les réécouter et qu’ils ont touché quelque chose en moi, quelque chose de davantage intellectuel qu’émotionnel. Mais je ne saurais vous les présenter proprement, il me semble. Alors, je vais simplement vous faire écouter les meilleurs morceaux. Vous vivrez, ainsi, l’expérience par vous-mêmes.

D’abord, l’accrocheur et complexe TVC 15.

Ensuite, l’étrange mais fort appréciable Stay.

Enfin, le sensuel mais sans âme Golden Years.

Voilà, tout est dit.

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Ramones (1976) – 766 jours, 841 albums

Continuant dans mon exploration du punk encore naissant, j’ai écouté Ramones, l’album du groupe du même nom.

Que dire ? Rock lent, morceaux courts et bruyants, énergie brute et jeune : c’est de la musique punk. Vous connaissez peut-être certains morceaux de cet album incontournable du style et de la musique populaire, tels que Blitzkrieg Bop.

L’énergie festive de ces jeunes musiciens est contagieuse, tout comme sur le merveilleux Let’s Dance. Il y a aussi le relativement plus calme I Wanna Be Your Boyfriend qui m’a accroché, même si la batterie et les guitares électriques demeurent bien présentes, bien plantées au premier plan. Mais d’autres morceaux comme Chain Saw et I Don’t Wanna Go Down to the Basement retrouvent une énergie bruyante et difficilement contenue.

On a l’impression de revenir aux sources de la musique populaire et du rock. Maintenant que j’ai écouté les débuts du rock de garage et les expérimentations des Velvet durant les années 60, je ne peux voir ce groupe et cette musique qu’avec une certaine nostalgie. Ils revoient les racines de leur musique avec un regard d’un cynisme troublant, mais avec une force viscérale qui redonne un certain espoir. Les années 80 approchent.

Destroyer (1976) – 766 jours, 841 albums

Changeant par la suite de registre, j’ai enfin pris le temps de découvrir l’un des grands groupes populaires, l’un de ces incontournables, caractérisé, ici, non seulement pas leur son et leur musique, mais également par leurs costumes, leur mise en scène et toute la mythologie qu’ils ont réussi à créer autour d’eux-mêmes et de leurs oeuvres. Je parle ici du groupe mythique Kiss, et j’ai écouté leur album Destroyer.

Comment demeurer indifférent à un morceau tel que Detroit Rock City ?

Avec leurs costumes suggestifs et leur théâtralité puissante, le groupe ne passe certes pas inaperçu. Leur musique est clairement un mélange de hard rock et de heavy metal, mais avec une touche de glam rock qui fait toute la différence. Bien sûr, il y a les costumes, mais il y a aussi l’aspect accrocheur des morceaux, ainsi qu’une espèce de simplicité ou de lustre qui rend cette musique si accessible malgré sa force apparente.

Dans ces morceaux accrocheurs, j’ai retenu, entre autres, Do You Love Me et ses passages qui rappellent presque une balade. Disons simplement que, avec un tel style, un morceau romantique n’est pas passé inaperçu. Il y a aussi King of the Night Time World, un peu plus rude, que j’ai bien apprécié.

Avec ces trois morceaux seulement, Kiss m’a montré qu’il était à la hauteur de sa réputation presque divine. Ce n’est pas un style que j’affectionne tout particulièrement, mais je ne peux rester indifférent à une musique qui est le parfait hybride de la puissance, de l’énergie, de la sensualité et de la théâtralité. Dommage que ce défi ne comporte qu’un album du groupe…

Music from the Penguin Cafe (1976) – 766 jours, 841 albums

Une petite escapade dans une musique plus classique mais tout de même originale me fit le plus grand bien. J’ai écouté Music from the Penguin Cafe, un album du groupe The Penguin Cafe Orchestra.

Une musique douce, apaisante, avec des violons et une basse électrique qui imite la marche d’un manchot, m’a accueilli dès l’ouverture de ce grand théâtre, avec le morceau Penguin Cafe Single. On a effectivement l’impression d’être dans un café, en plein-air, avec des manchots qui se dandinent autour d’un petit pique-nique.

From the Colonies offre un rythme plus soutenu avec ses cordes pincées, mais toujours en conservant cette atmosphère légère, propre au style adopté par le groupe : un savant mélange de néo-classique, de jazz léger et quelques notions de new age. On a donc une musique distinguée, mais pour le moins originale, unique en son genre par les racines qui sont à la base de son inspiration et de sa création.

Milk, par exemple, est plus éthérée et distante, avec sa voix désincarnée et son aspect plus expérimental. Giles Farnaby’s Dream, par contre, fait surgir un clavecin qui est vite suivi d’un ukulélé, créant en seulement quelques instants un monde riche mêlé d’éléments en apparence trop différents pour être associés. Et pourtant !

The Sound of Someone You Love Who’s Going Away and It Doesn’t Matter, malgré son titre romantique, est en fait une longue balade douce par laquelle on se laisse bercer.

Sérieusement, je ne m’attendais pas à tomber sur ce genre d’album durant ce défi. Pourtant, force est de constater que la musique populaire et digne de mention n’est pas composée que de morceaux durs ou vides. Outre le art rock, le ambient et le jazz, il semble qu’il y ait encore un peu de place pour la musique classique et ses progénitures.

A Night at the Opera (1975) – 769 jours, 844 albums

Un classique de la musique populaire, un incontournable, s’est imposé sur mon chemin. Il s’agit de A Night at the Opera de Queen.

Après ma découverte désormais officielle du groupe, je n’ai pas pu m’empêcher longtemps d’écouter un second album, surtout qu’il s’agit de celui duquel on m’avait tant parlé, de celui qu’on m’avait vanté comme étant le chef-d’oeuvre du groupe. Enfin, c’est surtout qu’il contient Bohemian Rhapsody.

Ai-je vraiment besoin de décrire l’importance ou la qualité de ce morceau ? Si tel est le cas, écoutez-le. Si c’est toujours le cas, réécoutez-le. Voilà, tout est dit.

Mais j’avais peur que l’album ne contient que ce moment épique comme morceau digne de mention. Pourtant, j’ai découvert une kyrielle de styles, de bons moments, de découvertes. Il y a eu le puissant et déchirant I’m in Love with My Car, l’ensoleillé You’re My Best Friend qui rappelait les Beach Boys avec une touche glam rock…

Il y avait aussi le naïf et énergique Seaside Rendezvous qui avait même une touche burlesque, ainsi que le complexe et excellent The Prophet’s Song. Il est difficile de recenser tout ce qui se passe sur cet album déjanté, explosif et tellement varié. Sa complexité semble être sans fin, et le découvrir n’est définitivement pas assez : le redécouvrir quelques autres fois s’impose sans même que l’on ait à hésiter. Bref, je comprends maintenant pourquoi il s’agit d’un classique.

Oxygène (1976) – 769 jours, 844 albums

Je me suis ensuite gâté avec une autre belle découverte de ambient. J’ai écouté Oxygène de Jean-Michel Jarre.

Vous vous en doutez peut-être : c’est d’abord la pochette, à la fois sobre par ses couleurs et provocantes par son imagerie, qui a attiré mon attention. Il y a également le nom français de l’artiste, si rare dans cet ouvrage. Je me suis donc plongé dans cet album éthéré, aérien, électronique juste assez pour nous plonger dans l’ambiance.

Tout l’album s’écoute comme un long fleuve, avec des variations innombrables de paysage sur la rive, certaines tellement subtiles qu’elles passent inaperçues, et d’autres plus marquées, parfois entre deux morceaux ou parties de l’album. Les plus beaux passages étaient ceux contenus dans Oxygène Part 2

…et Oxygène Part 4

…ce dernier étant mon préféré.

Que dire de plus ? J’ai de plus en plus l’impression que l’électro, à plus forte raison le ambient, ressemble au jazz. Il est impossible de détailler toute la texture et les effets créés dans un morceau, il est impossible d’en raconter l’histoire. On ne peut que se plonger dans l’ambiance, dans ce monde nouveau, et écouter. Et dans le cas de cet album, je vous le conseille chaudement.

Toys in the Attic (1975) – 769 jours, 844 albums

Pour un peu plus d’énergie et d’électricité, j’ai écouté Toys in the Attic du groupe Aerosmith.

Cet album illustre à merveille l’idée que je me faisais du rock des années 70. Avec un peu plus d’expérience, je peux même décortiquer les différentes composantes et influences de ce son si unique et si particulier. Il ne pouvait exister avant cette époque, car il fallait que le rock gagne en force, en puissance, en raffinement aussi, autant qu’en audace. On sent d’ailleurs le blues, mais ici plus lourd, de Led Zeppelin : c’est la partie heavy metal. On sent également l’héritage des Stones, de Deep Purple, des Who, d’Alice Cooper, mais en plus dosé, plus équilibré avec ses autres composantes.

C’est aussi un son qui mutera assez rapidement, comme tous les autres. La musique punk volera l’énergie et la puissance de ce style, alors que la pop prendra une autre tangente. Où se retrouvera le hard rock et le heavy metal ? Bien hâte de voir…

Parmi les incontournables de l’album, il y a le morceau éponyme qui ouvre l’album de manière accrocheuse, avec des instruments et des voix maîtrisés à la perfection, surtout lorsqu’ils sont employés en choeur.

Le morceau résume aussi assez fidèlement le style du groupe et ce qui vous attendra pendant le reste de l’album.

Autre morceau notable : Walk This Way, avec sa guitare électrique à l’avant-plan et, encore une fois, son refrain intense et accrocheur. Enfin, Sweet Emotion nous amène ailleurs, avec son atmosphère plus calme et éthérée, rappelant pendant un court moment la période psychédélique déjà si lointaine !

Pour le reste, c’est une découverte qui en vaut certainement la peine.