Actually (1987) – 644 jours, 761 albums

Album de ce matin, pour me réveiller un peu : Actually des Pet Shop Boys. Un album de dance-pop idéal pour se donner juste assez d’énergie sans trop se brusquer.

Pet Shop Boys - Actually

Eh oui : pour une rare fois, je me réjouis de devoir écouter du dance-pop. Mais, je ne sais pas, cet album avait une profondeur de plus, quelque chose dans la texture des morceaux qui en valait la peine. Et surtout, des vacances aussi douces pour mes oreilles se refusent difficilement. Et cela débute dès One More Chance.

Tout l’album a d’ailleurs cette synth pop épurée, encore plus pop que de coutume. Mais il faut aussi avouer que la voix du chanteur a quelque de purement émotionnel, de touchant, malgré la simplicité électronique de cette musique. J’imagine que c’est elle qui, par-dessus tout, a su retenir mon attention. C’est aussi le cas sur l’ironique et évasif Rent, où les arrangements prennent vraiment peu de place, et où c’est la voix qui est mise à l’avant-plan. Hit Music prend un peu plus de rythme, mais c’est toujours par le truchement des synthétiseurs, offrant donc un certain vide artistique. Mais, tout de même, le morceau sait être accrocheur et pop et, ce matin, je n’en demandais pas plus. It’s a Sin avait davantage d’intérêt, selon moi.

Je ne sais pas : il avait quelque chose de plus, comme un grand classique de la musique populaire qu’on n’oublie pas, qu’on connaissait déjà.

Et maintenant que ma pause a été prise, je retourne vers des albums plus exigeants, mais aussi plus valorisants.

Opus Dei (1987) – 644 jours, 761 albums

Je me suis lancé, semble-t-il, véritablement dans la musique industrielle. C’était avec l’album Opus Dei du groupe Laibach.

Laibach - Opus Dei

Il s’agit d’un groupe allemand, et ça paraît. Outre dans les paroles, dans le style aussi. Le premier morceau, Leben Heisst Leben offre un rythme lourd et inébranlable de marche, rappelant Kraftwerk, mais cette fois avec un ton glorieux et plus sombre.

Il y a ici quelque chose de militaire, de presque wagnérien, dans la puissance et dans l’insistance de la musique. Et le ton ne change pas vraiment à travers l’album, conservant ce poids appréciable et demeurant avec un rythme sec et précis, quoique moins appuyé par la suite. Leben – Tod, par ailleurs, remplace cette ambiance militaire par une ambiance plus industrielle, dans le sens littérale du mot, avec des sons métalliques et d’une électricité rude. Mais, étrangement, le son ne devient jamais aussi complet et enveloppant que dans le noise rock. Cela, d’ailleurs, contribue à l’aspect épuré et typiquement allemand de cette musique.

F.I.A.T. vaut également votre attention, cette fois par ses airs plus religieux et aériens, avec l’orgue, mais toujours en conservant cette ambiance lugubre et sombre, pesante malgré la volatilité des violons. Opus Dei, le morceau éponyme, m’a aussi bien surpris, offrant une reprise étrange et militaire du succès Live is Life du groupe Opus. Ça m’a pris d’ailleurs plusieurs minutes avant de retrouver de quel morceau original il s’agissait. Pour mes lecteurs québécois, il s’agit du grand succès La vie chante de nul autre que René Simard.

Enfin, il y a Trans-National, que j’ai trouvé le plus intéressant, par sa complexité et sa recherche musicale, chose absente du reste de l’album.

Et là, il serait difficile de ne pas voir l’influence de Kraftwerk, avec ses longs sons électroniques, son empilement de samples, et sa complexité dans les textures.

Il s’agit donc d’un album plutôt facile à écouter, malgré le préjugé que je m’en faisais, car il offre rarement du défi ou des moments réellement exigeants, surtout si je compare aux derniers albums que j’ai écoutés ! Il pourrait donc s’agir d’une belle porte d’entrée, facilement praticable, si vous souhaitez vous initier au style.

Searching for the Young Soul Rebels (1980) – 645 jours, 763 albums

Me rendant compte que j’avais raté un groupe de musique qui semblait bien intéressant, j’ai opéré un petit retard dans le temps, en 1980, pour écouter Searching for the Young Soul Rebels, du groupe Dexy’s Midnight Runners.

Dexy's Midnight Runners - Searching for the Young Soul Rebels

Mélange surprenant mais extrêmement satisfaisant de post-punk et de new wave avec de la soul et du R&B, cette musique nouvelle et audacieuse me prouve encore une fois que j’ai bien fait de me lancer ce défi. Et cela est confirmé dès le premier morceau, soit Burn It Down.

La voix rappelle le new wave, peut-être même le glam rock par moments, alors que le rythme ressemble au punk et au post-punk et que les cuivres, comme des intrus, donnent une ambiance plus sentie et plus profonde au morceau, ramenant ainsi le R&B, la soul et quelques éléments de blues à l’avant-scène. Ce dernier élément est d’ailleurs encore plus présent au second morceau, Tell Me When My Light Turns Green, donnant ainsi une musique encore plus émotionnelle, près du viscéral. C’est aussi vrai pour I’m Just Looking, avec son ambiance mélancolique et obscure, alors que Geno a plutôt quelque chose de purement rock, quoiqu’avec des influences qui rappellent le reggae, ou peut-être même les débuts du ska ? Enfin, Thankfully Not Living in Yorkshire It Doesn’t Apply nous ramène même à l’époque du rock & roll.

Bref, il s’agit d’un grand mélange hétéroclite des styles, des influences, des inspirations, mais en offrant une unité et un équilibre épatant. Sérieusement, il aurait été facile de rater ce contrat. Les Dexy’s Midnight Runners le remplissent haut la main.

Licensed to Ill (1986) – 645 jours, 763 albums

J’ai poussé mon exploration du rap un peu plus loin, en écoutant cette fois Licensed to Ill, de l’incontournable groupe Beastie Boys.

Beastie Boys - Licensed to Ill

Vous vous souvenez de ce que je disais à propos du rap ? Que, finalement, ce n’était pas aussi pire que je me l’imaginais, que ce serait, finalement, même plutôt appréciable ? Je dois malheureusement tempérer mes propos à la lumière de cet album. Je l’ai trouvé lourd, déséquilibré, et j’ai définitivement détesté les voix des chanteurs. On aurait dit des enfants qui chantent, ou même crient, du nez. Ainsi, mis à part quelques bons morceaux incontournables (et ce, même au delà de l’album lui-même), l’album n’en est pas un que je vous recommanderais, surtout si, comme moi, vous vous familiarisez encore avec le style.

Parmi ces morceaux incontournables, il y a le naïf Girls et surtout le rageur Fight for Your Right.

L’album vaudrait peut-être la peine pour cet unique morceau. excellent en soi et qui, bien sûr, donne le goût de faire une fête d’enfer. Sinon, il y a bien Brass Monkey qui a retenu mon attention, avec son développement musical un peu plus recherché. The New Style aussi s’écoutait bien, comme She’s Crafty.

Mais pour le reste, disons simplement que j’ai trouvé l’album bien décevant, et que j’ai préféré de loin des oeuvres du genre de celles de Run-D.M.C. ou de Afrika Bambaataa. J’ai l’impression que le style a perdu de sa qualité bien rapidement.

You’re Living All Over Me (1987) – 646 jours, 765 albums

Le second album était You’re Living All Over Me, du groupe Dinosaur Jr.

Dinosaur Jr. - You're Living All Over Me

Le départ dense de statique du premier morceau, Little Fury Things, ne laissait rien présager de bon, mais rapidement, le morceau se transforme en un morceau de rock alternatif au refrain pop et accrocheur, mais avec la texture que lui donne une voix un peu distante.

Les deux se mélangent ensuite avec une synergie étonnante et parfaite, faisant ressortir l’émotion sentie du chanteur, mais en donnant une densité intéressante au morceau. Le reste de l’album joue ensuite entre ces deux eaux, y intégrant aussi des éléments de punk, comme sur Sludgefeast et sa voix étranglée et qui sonne faux, donnant ainsi un charme authentique au morceau. Ensuite, The Lung offre une mélodie plus pop, malgré l’intensité et la complexité de son instrumentation. Elle n’est peut-être pas aussi intense que chez d’autres groupes, mais elle offrirait quand même un certain défi à l’auditeur non-averti, surtout lors de ses montées musicales, soudaines et bruyantes. Raisans reprend ensuite un certain ton punk, mais avec une mélodie bien accrocheuse.

Il est difficile, aussi, en écoutant tout ça, de ne pas voir les graines qui deviendront bientôt le grunge. Dans ce mélange de musique brute, de densité musicale, d’émotion authentique, j’ai également l’impression de mieux comprendre l’intemporalité de la musique. Du garage rock des années 60 au grunge des années 90, en passant par le punk, tout simple venir de la même idée, de la même émotion, du même art.

Document (1987) – 646 jours, 765 albums

Histoire de rattraper un peu mon retard, j’ai écouté hier deux albums. Le premier était Document, de R.E.M.

R.E.M. - Document

Un peu de rock alternatif pour équilibrer les choses, même si l’écoute d’albums de speed/thrash metal et de noise rock est de moins en moins exigeante. Cela dit, R.E.M. offre toujours une alternative intéressante pour se relaxer un peu les méninges, mais tout en conservant une musique intrigante et intéressante. Néanmoins, j’ai peut-être trouvé cet album plus relaxant que stimulant, si on le compare au précédent du groupe. D’ailleurs, les seules morceaux que j’ai trouvés réellement digne d’intérêt étaient ceux qui étaient plus accrocheurs, déjà plus connus du groupe, dont It’s the End of the World as We Know It (And I Feel Fine).

Il s’agit d’un morceau pop, mais semble s’orienter davantage vers le rock alternatif général que vers les particularités du groupe. Cela dit, on conserve tout de même la signature typique du groupe. Sinon, le morceau ne serait pas aussi prenant ! Mais disons simplement que leur empreinte est plus présente sur The One I Love.

L’émotion, l’authenticité, l’intensité si appréciables du groupe y sont présentes. Je trouve ainsi dommage d’avoir trouvé le reste de l’album plus plat et mât, comparé à ce que je connais du groupe. Mais bon, tous les morceaux ne peuvent pas être extraordinaires, j’imagine. Il y a tout de même Finest Worksong qui, aussi, a rendu cet album intéressant.

Peace Sells… But Who’s Buying? (1986) – 647 jours, 767 albums

Un autre groupe dont le nom m’intimidait : Megadeth. J’ai donc affronté la bête en écoutant Peace Sells… But Who’s Buying?.

Megadeth - Peace Sells... But Who's Buying

Plus féroce qu’Anthrax, mais plus ordonné que Metallica et que Slayer, Megadeth offre un bon compromis dans cette pullulation de groupes de speed et de thrash metal. Non seulement le groupe conserve-t-il la clarté et l’ordre du métal, mais il en conserve aussi l’aspect mélodique, rappelant les grandes envolées musicales aux saveurs pop d’Iron Maiden. Ajoutez à cela une virtuosité éclatante, un peu de vitesse pour rendre le tout plus intense sans être plus brutal, et vous avez cette musique surprenante. Pour vous faire une meilleure idée, écoutez donc The Conjuring.

Plus loin vient l’excellent Devils Island et sa guitare électrique qui rappelle le coeur d’un volcan ou quelque autre monde infernal. Mais Bad Omen serait véritablement le second morceau à écouter sur cet album.

J’ai aimé son ambiance sombre et mystérieuse en début de morceau, et ses envolées musicales à la guitare qui m’ont jeté par terre. Pour le reste de l’album, le tout se tient, et offre une ambiance puissante, mais sans être véritablement agressive ou agressante. C’est l’un des rares albums du style qui, même à la fin, ne m’a donné aucuns maux de tête. Ça faisait longtemps !