Low (1977) – 661 jours, 785 albums

J’ai ensuite continué mon exploration du éclectique David Bowie, en débutant enfin l’écoute de sa fameuse trilogie berlinoise. Le premier de ces albums étaient Low.

David Bowie - Low

Cela faisait longtemps, il me semble, que je n’avais pas écouté un bon album de Bowie. Il faut aussi dire que le glam rock semble désormais bien loin, autant dans le temps que chez Bowie d’ailleurs. Après Station to Station qui m’avait laissé perplexe, cet album est encore plus déconcertant. D’une dense presque palpable, il offre un éventail immense de styles et d’influences, du kraut rock au art rock, en passant par le ambient, l’électro expérimental et le proto-punk. Ainsi, une seule écoute, ou même deux, sont bien loin de suffire pour apprécier pleinement toute la profondeur et la subtilité de cet album. Je vais tout de même faire de mon mieux.

S’ouvrant avec ce morceau étrange, soit Speed of Life, il sait déjà qu’il faudra se ternir sur ses gardes durant une bonne partie de l’album. Les accords dissonants et la mélodie angulaire ne mentent pas, et donnent un certain frisson à l’auditeur qui en est devenu un adepte. Suit Breaking Glass, avec son rythme lent, posé, sa voix en écho, ses sons électroniques grinçants comme des cuivres inopportuns et sa mélodie pop et accrocheuse. What in the World offre plutôt la même ambiance, avec ses percussions électroniques qui sont presque au premier plan, et qui rappellent étrangement un ordinateur en train de calculer on ne sait quoi. Sound and Vision est ensuite relativement plus calme et pop, mais reste néanmoins un heureux mélange d’éléments hétéroclites.

Cela dit, la seconde partie de l’album se concentre davantage sur des morceaux aux influences d’ambient et de kraut rock. Le rythme est plus lent, la mélodie plus éthérée et en vagues. À partir de Warszawa, on sent clairement le spectre de Brian Eno peser sur les morceaux. Mais sur ce sujet, ce serait davantage Art Decade qui remporterait la palme.

On sent aussi l’aspect expérimental de Neu! et la précision rythmique et mécanique du kraut rock à la Kraftwerk, surtout sur Weeping Wall, sa cadence pressée et ses sonorités précises.

Ainsi, je comprends désormais mieux pourquoi Bowie est considéré comme un artiste caméléon, adoptant et s’appropriant tous les styles avec une aisance déconcertante. Mais d’au autre côté, il s’agit d’un caméléon puis difficile à imiter, et il me semble avoir cette signature bien particulière, bien unique à toutes ses oeuvres. Dans un sens, cet album, aussi expérimental soit-il, n’est pas si loin de Ziggy Stardust et de son glam rock épuré et franc, ni de certains morceaux angulaires de Aladdin Sane. Ainsi, est-il si caméléon que ça ? J’ai plutôt l’impression que son talent brut et inaltérable prend les particularités et les influences des différents styles qui lui sont offerts pour s’exprimer au mieux. Mais ce talent ne passe certes pas inaperçu, ni se fond ni se perd dans ce mimétisme, ou plutôt cet emprunt. En fait, ce sont les styles que Bowie empruntent qui se transforment en caméléon.

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