Kollaps (1981) – 655 jours, 779 albums

Je suis ensuite tombé sur quelque chose d’un peu plus exigeant, et que je ne croyais pas rencontrer avant encore un bon peu de temps : les débuts de la musique industrielle. Ainsi, j’ai écouté Kollaps du groupe Einstürzende Neubauten.

Einstürzende Neubauten - Kollaps

Dès l’ouverture avec Tanz Debil, on sait pertinemment que c’est un album très particulier qui nous attend.

Une atmosphère lourde et chargée de sons et de percussions métalliques nous accueille dans ce nouvel univers. Mais ici encore, on a un rythme, une répétition, une structure qui nous permet de ne pas s’y perdre. Dès Steh Auf Berlin, les choses se corsent. Bruits de perceuse électrique, voix féroce, martèlements de tuyaux métalliques : tout est là pour écorcher vos oreilles. Le tout, bien sûr, sans véritable mélodie, si ce n’est le fond constant de percussions.

Mais avec U-Haft Muza, les choses s’arrangent un peu, et la musique devient plus audible, du moins un peu. Un rythme lent, pesé, et une atmosphère relativement calme pour l’accompagner. Avec Draussen Ist Feindlich, c’est un peu le même principe, alors que Hören Mit Schmerzen ressemble à une longue marche douloureuse.

C’est que, voyez-vous, l’album se veut le « plus inaudible de tous les temps », alors que le groupe l’enregistre dans un local d’entretien de métro. Outils et matériaux de construction sont donc les principaux atouts de nos musiciens. Même si je ne l’ai pas trouvé si inaudible que ça, force est d’admettre que l’album représente tout un défi, que vous soyez néophyte ou aguerri. Même avec tout le free jazz que j’ai dans le corps, certains passages m’ont fait grincer des dents. Mais bon, pas autant que For Alto, d’Anthony Braxton, mon pire cauchemar. En fait, j’ai surtout trouvé que l’album ressemblait à la seconde partie de Tago Mago de Can, soit des expérimentations sonores, mais en plus métallique et plus criard. Et je dois avouer que les textures créées ici sont assez intéressantes, malgré leur côté abrasif. Le morceau éponyme, Kollaps, offre peut-être un meilleur aperçu de ce qu’est l’album.

Le morceau est plus long et texturé, et on a davantage l’impression que véritable travail de recherche a été fait. Dans le même genre, il y a aussi Abstieg and Zerfall. Mais pour le reste, j’ai plutôt hâte d’arriver au son plus travaillé et audible de Nine Inch Nails. Disons simplement que leur son est un tantinet moins exigeant.

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