The Holy Bible (1994) – 525 jours, 650 albums

L’album qui suivit fut The Holy Bible, du groupe Manic Street Preachers : un heureux mélange de britpop et de hard rock.

Manic Street Preachers - The Holy Bible

En fait, pour ma part, j’irais presque jusqu’à caractériser cette musique de grunge, par sa force et sa verve. Mais l’accent britannique est trop présent, et l’esthétisme aussi, et ce pour mon plus grand plaisir. Quelque chose dans les mélodies, ou dans le chant, donne, toujours, à cette musique un charmant indéniable, tout de suite accrocheur. Et si, comme moi, vous avez un peu de difficulté avec certains passages, n’hésitez pas à réécouter, encore et encore, cet album : si vous aimez le britpop, vous finirez par y prendre goût, à coup sûr. Même si certains morceaux sont bons sans attente, tel que le saisissant She Is Suffering.

Un peu plus loin apparaît Revol et son énergie intempestive, contagieuse. Juste après, l’incisif 4st 7lb et son rythme pesant, habillé d’un refrain bien pop, bien senti et accrocheur.

Mausoleum prend le relais, avec une ambiance agressive et hargneuse (du moins, pour le style). Il y a bien entendu d’autres perles dans cet album, mais aux charmes plus discrets, plus difficile à déceler. À vous de les découvrir. Pour ma part, je suis encore en train de le faire, en découvrant toujours un peu plus à chaque écoute. Si ce défi ne contenait pas un second album du groupe, j’en aurais tout de même écouter un.

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In Utero (1993) – 525 jours, 650 albums

Après Snoop Dogg, je suis retourné au grunge et à ses plaisirs avec Nirvana et leur album In Utero.

Nirvana - In Utero

C’est étrange d’avoir écouté autant de fois Nevermind, mais de n’avoir jamais pris le temps d’écouter le reste de la discographie du groupe. Il faut croire que la curiosité se développe et s’étend parfois de bien étrange façon. Mais avec ce défi, cela me donne le temps, et une excuse, pour écouter certains albums que je n’ai jamais pris le temps d’écouter. Celui-ci en fait partie. Et même si je connaissais déjà quelques morceaux, plusieurs autres furent de belles découvertes. L’un d’eux étant Dumb.

Bien sûr, l’atmosphère enfumée de All Apologies a également retenu mon attention, tout comme l’accrocheur et intense Rape Me. Naturellement, dans tous les morceaux, mon favori demeure l’intemporel Heart Shaped Box.

En écoutant cet album, en particulier, j’ai l’impression de mieux comprendre les raisons de la mort de Kurt Cobain. Les morceaux joués et chantés ici sont intenses, déchirants. Et tout l’album est fort de cette énergie puissante, de ce lyrisme viscéral. Alors que Nevermind était un album artistique, dans le sens où l’accent était mis sur la complexité et le détail, ici j’ai l’impression qu’il s’agit d’un album émotif. Et Cobain parvient à nous transmettre, à nous faire vivre, partiellement, cette détresse et cette déchirure.

Je ne saurais trop quoi dire d’autre… sinon que j’ai déjà bien hâte d’écouter le dernier album du groupe, MTV Unplugged in New York, également contenu dans ce défi. Mais je crois que je vais le garder de côté encore un peu, pour mieux le savourer.

Doggystyle (1993) – 525 jours, 650 albums

Depuis le temps que j’entends le nom, j’ai décidé de donner un peu d’attention à Snoop Dogg et d’écouter un de ses albums, soit Doggystyle.

Snoop Dogg - Doggystyle

Après l’album de Dr. Dre, j’ai aussi voulu passer rapidement un autre album de gangsta rap, histoire de ne pas à avoir à l’écouter plus tard. Mais je dois dire que malgré la culture derrière cette musique, malgré les paroles obscènes (dans le mauvais sens) et dégradantes, la musique contenue dans cet album était tout même plutôt appréciable. Malgré tout ça. Du moins, quelques morceaux bien précis. Car l’album a également une longueur assez appréciable qui aurait pu, selon moi, être réduite. Cela dit, j’ai bien aimé l’ouverture, avec le morceau G Funk (Intro), et son langage cru qui nous plonge dans l’ambiance. Sans rire, les rythmes y sont bien ficelés et l’esthétisme du hip hop y est à son meilleur. Même si j’ai apprécié un peu plus Gin and Juice, avec son tempo lent et son ambiance de lounge.

Bien plus loin dans l’album se trouve l’entraînant For All My Niggaz & Bitches et son ambiance décadente, suivi de Ain’t No Fun (If the Homies Can’t Have None) et son rythme inspiré du R&B. Toujours, les paroles crues sont au rendez-vous. Je vous fais écouter le premier des deux.

Sinon, le reste de l’album m’a plutôt laissé indifférent, et je dois bien avouer que je l’ai écouté d’une oreille distraite. Disons simplement que j’ai quelques difficultés à consacrer beaucoup d’attention à de tels albums. Mais les albums sont tout de même, toujours, écoutés. Et maintenant, je connais un peu plus de cette culture si particulière.

Bandwagonesque (1991) – 525 jours, 650 albums

Mon défi s’est poursuivi avec l’écoute de l’album Bandwagonesque du groupe Teenage Fanclub.

Teenage Fanclub - Bandwagonesque

J’ai eu une certaine difficulté à apprécier cet album. Il semblait être le fruit de plusieurs influences, mais en affirmant rien de précis. Ni de style, ni de personnalité. Le rock indie de l’album m’est apparu difficile à déchiffrer, surtout après les personnalités fortes présentées dans les albums précédemment écoutés. Je sentais bien le style indie, mais il semblait également manquer quelque chose aux côtés des guitares grattées avec désinvolture, du chant simple au style punk et de la batterie un peu caméléon. Cela dit, quelques morceaux ont retenu mon attention, tel que l’accrocheur et léger, dans la mélodie, Alcoholiday.

Il y a aussi le collégien What You Do to Me, le plus travaillé I Don’t Know, le plus énergique Star Sign… Mais le morceau le plus représentatif de l’album serait celui d’ouverture, comme souvent, soit The Concept.

Tous les autres morceaux de l’album semblent y être contenus. Et c’est ce que j’ai trouvé un peu décevant : le manque de variété entre les morceaux. Ou mon incapacité à trouver cette variété… Car sinon, la musique est bonne et très appréciable. Simplement pas si intéressante, selon moi.

Superunknown (1994) – 535 jours, 660 albums

Autre album grunge, et une belle découverte du genre : Superunknown, du surprenant groupe Soundgarden.

Soundgarden - Superunknown

L’album débute lentement, avec quelques morceaux typiques du genre, qui ont une énergie certaine, assez bruyants, et où l’on sent bien l’héritage du hard rock et du heavy metal. Mais arrivé au sixième morceau, tout à coup, on tombe sur Head Down, la perle, la révélation de l’album. Complexe, éthéré, profond, émotif, et avec un jeu de guitare, entre les paroles, qui est simplement parfait, accrocheur, et qui revient sans cesse, comme un leitmotiv, tout au long du morceau.

Ce morceau, j’ai déjà dû l’écouter une centaine de fois, en boucle, dans ma voiture, aux côtés du lyrique mais déchirant Black Hole Sun.

Il est plus lent, plus insistant dans son refrain. Après le charmant diablement accrocheur de Head Down, ce morceau nous offre un étrange répit, où l’émotion prend une autre forme, plus lente mais plus percutante. Plus loin, c’est le puissant The Day I Tried to Live qui a retenu mon attention, avec, encore une fois, le contraste saisissant entre ses moments calmes et ses moments forts, puissants, presque criés.

Le reste de l’album a bien quelques perles de plus, mais l’essentiel semble être contenu dans ces quelques morceaux. En réécoutant l’album plusieurs fois, j’ai bien fini par apprécier l’aspect accrocheur de Spoonman, le poétique et émotif Like Suicide, l’excellent Let Me Drown qui ouvre l’album, ainsi que quelques autres morceaux. Mais ceux que j’ai écoutés le plus souvent, ce sont les trois mentionnés plus haut.

Siamese Dream (1993) – 535 jours, 660 albums

Parce que ça faisait longtemps que je voulais écouter un album du groupe Smashing Pumpkins, et que le grunge est un style fascinant, j’ai écouté Siamese Dream.

The Smashing Pumpkins - Siamese Dreams

Ce n’est bien sûr pas la même chose que d’écouter du Nirvana ou du Pearl Jam, mais le rock insistant, inspiré du hard rock, la simplicité musicale, inspirée du punk, et l’atmosphère grésillante, inspirée du noise rock, sont bel et bien là. Le tout, bien sûr, avec un ton pop assez présent. Quiet en est un bon exemple, mais Today fait sortir encore davantage ce côté populaire du groupe, avec un morceau parfois doux et lent, parfois plus énergique et bruyant, mais en associant les deux de belle manière.

Un peu plus loin, Disarm ressemble à un testament de génération, percutant et touchant, même un peu épique, avec ses violons et ses cloches d’église…

Juste après vient le merveilleux Soma, où la guitare me séduit, à chaque fois, dès les douces premières notes. C’est particulièrement dans des morceaux comme ceux-là qu’on voit l’influence du noise rock, de son esthétisme, de son émotion, de sa torture jusqu’à un certain point. Luna, qui termine l’album, est même encore plus douce, plus calme que les autres. Encore une fois, un nom et un style en apparence aussi brut que le grunge permet souvent la création de musique bien profonde, contrairement à ce que certains pourraient croire… Après tout, la difficulté fait souvent de belles oeuvres.

Blue Lines (1991) – 535 jours, 660 albums

Mon aisance pour écrire des critiques semble être un peu rouillée. Qu’à cela ne tienne : j’ai plus d’une trentaine de critiques de retard sur mes albums écoutés (sans compter les albums en retard sur l’horaire…). J’y aurai tout le temps d’y refaire ma plume et, qui sait, de l’améliorer. Tout pour être fin près, en septembre prochain, pour mon retour aux études, en journalisme…

Je continue donc avec un album de trip-hop, soit Blue Lines, de Massive Attack, qui m’avait été recommandé par une très bonne amie.

Massive Attack - Blue Lines

Les rythmes langoureux, jazzyfiants, et teintés d’électro de l’album se font entendre dès l’ouverture, avec Safe from Harm. Et demeurent ensuite jusqu’à la fin de l’album…

Dans cette voix féminine et profonde, on sent également des racines tirées du R&B, comme un certain esthétisme tiré du hip hop. Mais le tout se fond ensemble d’une remarquable manière, formant ainsi une harmonie étonnante, étonnamment lisse et reluisante. One Love, qui suit, donne plutôt du côté mécanique et plus froid du hip hop, mais, grâce au tempo lent et langoureux, conserve néanmoins une certaine chaleur et émotion. Blues Lines, le morceau éponyme, amène même en scène un orgue électrique discret, qui renforce cette ambiance rouge et chaude. Un peu plus loin, Unfinished Sympathy offre plutôt un paysage vaste et complexe, d’inspiration britannique, qui nous séduit par ses divers éléments.

Ainsi, l’album et le groupe m’ont séduit à la fois par leur simplicité et leur complexité : simplicité de l’ambiance, de l’atmosphère, mais complexité de leur réalisation. Mille et un petits éléments fusionnent ensemble pour créer ce paysage relaxant, éthéré, lointain… J’ai déjà hâte d’en découvrir davantage sur le groupe, et le trip-hop me fascine encore un peu plus.