The Blueprint (2001) – 467 jours, 622 albums

Pour sauter de nouveau du coq à l’âne, j’ai écouté un autre album de rap, soit The Blueprint de Jay-Z : un autre artiste pop que je souhaitais découvrir.

Jay-Z - The Blueprint

Je dois dire d’entrée de jeu que je n’ai pas été aussi satisfait qu’avec l’album de Kanye West. Cet album m’a paru intéressant, surtout sur certains morceaux, mais sans plus. Beaucoup de ses moments sont passés inaperçus dans mes oreilles. C’est dire à quoi point la ligne est mince pour m’atteindre ou non.

Mais quelques morceaux ont tout de même retenu mon attention, comme Jigga That Nigga que j’ai trouvé assez accrocheur, Hola’ Hovita et ses tendances latines, et All I Need qui était fichtrement bien fichu. Je vous le ferais bien écouter, mais deux morceaux en particulier ont remporté la palme. Le premier : l’excellent Song Cry.

Je n’aurais pas cru qu’un morceau de rap pût être touchant. Et pourtant…

Le second : Renagade, avec Eminem.

Donc oui, certains morceaux sont particulièrement bons, et méritent votre attention, mais le reste de l’album m’a paru plutôt décevant.

Brilliant Corners (1957) – 467 jours, 622 albums

Changement de ton et un autre album de jazz pour moi : j’ai écouté Brilliant Corners de Thelonious Monk.

Thelonious Monk - Brilliant Corners

Ah ! Tant de souvenirs ! Je m’ennuyais bien de ce piano anguleux, de ces morceaux mouvementés et jazzy, de cette texture en aspérités. Car tout cela qu’offre Thelonious Monk, l’un de mes artistes favoris du bop. Je n’aime pas tant le bop, mais j’adore Monk. Et pour cette seule raison : l’angle. On a l’impression que ses morceaux sont des formes géométriques complexes, mais aux angles nombreux, aigus, ce qui rend sa musique fraîche, nouvelle et toujours changeante. Monk sait être original, surprendre, et pourtant avec si peu. Lors de mon défi jazz, j’ai écouté un bon nombre de ses albums, dont celui-ci que j’apprécie tout particulièrement : il s’agit d’un classique. Et le classique de l’album, c’est Pannonica.

Allez à 20:50, ou alors écoutez l’album en entier. Brillant Corners, qui ouvre l’album, est d’ailleurs fort appréciable également. Mais c’est le vibraphone de Pannonica qui me séduit à tout coup. Ça, et la trompette discordante, qui donne un frisson et tout le charme au morceau. Avec cette simple note étrange, on sait que Monk va plus loin, repousse les limites, ose. Et avec ce pic, il retient mon attention, et fait en sorte que je l’écoute lui, au contraire de tant d’artistes de la même époque, à la virtuosité grandiose, mais qui jouent avec si peu de coeur.

Bref, ce n’est pas forcément le meilleur endroit pour débuter dans le jazz, mais dès que vous vous serez fait au son, au bop et aux classiques, ne manquez pas cet album : c’est un incontournable, et un inoubliable.

The College Dropout (2004) – 467 jours, 622 albums

Histoire de passer un autre album de rap, et de découvrir un autre artiste pop, j’ai écouté The College Dropout de Kanye West.

Kanye West - The College Dropout

Après avoir tant entendu son nom à la radio, et avoir écouté quelques uns de ses morceaux (toujours les mêmes), je me suis dit que l’artiste méritait bien un peu de mon attention. Surtout en faisant partie de ce défi. Et, ma foi, j’ai fortement apprécié ! En fait, je crois même qu’il s’agit de l’un des premiers albums de rap/hip hop que j’ai franchement apprécié. Tout d’abord, j’ai adoré l’esthétisme de ses compositions, difficilement définissables. Ma favorite : Jesus Walks.

 D’autres morceaux que j’ai bien aimés : We Don’t Care qui nous introduit bien à l’album, l’accrocheur All Falls Down et sa voix féminine, l’arabisant The New Workout Plan à l’énergie contagieuse, et l’intéressant Slow Jamz. Enfin, il y a l’excellent School Spirit, précédé et clôt par une satire vitriolée envers le système d’éducation que j’ai trouvée savoureuse par son ironie.

Ce qui, inévitablement, me rappelle l’importance des paroles dans le rap; importance à laquelle je ne peux malheureusement pas vouer une attention suffisante, faute de temps.

En attendant, je vous dirais que vous avez ici un bon album pour débuter dans le style de manière douce et sans trop de heurts. La musique est belle à entendre, et j’adore le mélange parfait de samples, d’électro et de paroles, juste bien détaillés, travaillés et amalgamés ensemble. Qui aurait cru que, un jour, je conseillerais du Kanye West ? Ce défi me fait découvrir des choses folles.

Birth of the Cool (1957) – 469 jours, 626 albums

A suivi un autre album de jazz, cette fois de cool jazz, soit Birth of the Cool du légendaire Miles Davis.

Miles Davis - Birth of the Cool

Miles Davis est littéralement une légende du jazz. Il a créé ou participé à la création de bon nombre de styles de jazz, et il a aidé à les définir et à ainsi pousser le jazz plus loin. Le cool est l’un de ces styles auxquels il a donné naissance et forme. Le cool, c’est comme le bop, mais en plus détendu, en plus senti et profond. En plus cool, bref. C’est un peu le pont entre la virtuosité sans âme du bop et le retour au soul et au blues du hard bop : c’est un style transitoire, mais qui a son propre charme et ses propres adeptes. J’en suis à demi, mais cet album me séduit à chaque fois, et ne me déçoit que par sa longueur trop courte. Mais 40 minutes à peine, et un nouveau genre est né : c’est ça le génie de Davis.

Encore une fois, l’album s’écoute d’un seul coup, en se perdant dans son ambiance et dans ses propres pensées. Définir des morceaux particuliers est donc, encore une fois, ardu. Jeru serait par contre un bon moment à vivre.

Mais sinon, il faudrait vraiment écouter l’album lui-même pour se plonger dans le style. Et pour débuter dans le jazz en général, ça peut également être un bon point de départ.

The Atomic Mr. Basie (1957) – 469 jours, 626 albums

Je me suis offert un autre album de jazz, cette fois de big band, soit l’album The Atomic Mr. Basie, du grand Count Basie.

Count Basie - The Atomic Mister Basie

Comme presque tous les albums de jazz de ce défi, j’avais déjà écouté celui-ci durant mon défi jazz. Et à l’époque, et même durant tout mon défi, je n’avais pas tellement accroché sur le big band, le bop et le vieux jazz en général. Mais là, de le redécouvrir après tant de mois d’absence fut un véritable plaisir. C’est comme retrouver un vieil ami duquel, pourtant, je ne croyais pas s’être tant ennuyé.

Ici, c’est le jazz lui-même qui m’a manqué avant tout. Puis, l’énergie féroce et contagieuse des cuivres, la virtuosité de haute voltige et le tempo endiablé qui m’ont séduit de nouveau (ou pour une première fois ?). Tout l’album est cette fête, où moments dansants et chauds, puis slows romantiques se succèdent, sans intervalle ou pause. Ainsi, il est difficile pour moi de définir des morceaux en particulier qui méritent davantage votre attention : ce n’est pas comme ça que j’écoute cette musique, et tous les moments se valent. Mais The Kid from Red Bank, qui ouvre l’album, est un bon point de départ.

Et pour un moment plus calme et posé, plus sensuel et senti aussi, Teddy the Toad saura sûrement vous satisfaire (mais je n’en ai malheureusement aucun extrait). Pour le reste, il suffit de dire que Count Basie est l’artiste de référence du genre big band, avec Duke Ellington, et que, par conséquent, cet album est le lieu tout trouvé pour débuter votre exploration du genre.

Yoshimi Battles the Pink Robots (2002) – 469 jours, 626 albums

J’ai enfin pris le temps de découvrir un autre groupe qu’il me titillait d’entendre depuis un bon bout de temps. J’ai écouté le groupe The Flaming Lips et leur album Yoshimi Battles the Pink Robots : un savoureux mélange de néo-psychédélique, de dream pop, et d’un peu d’expérimentation.

The Flaming Lips - Yoshimi Battles the Pink Robots

Il serait difficile de mieux définir cette musique éclatée, qui semble partir dans tous les sens, mais qui pourtant reste unie et relativement homogène. On a l’impression d’avoir une multitude d’influences et d’inspirations mises ensemble, mais de manière hétérogène, comme le rock psychédélique s’y prenait. Quelques moments plus expérimentaux parsèment l’album, mais lui confère ainsi une atmosphère plus surréaliste et rêveuse, un brin futuriste, où le monde est peuplé de robots roses et de paysages colorés. À ce titre, Yoshimi Battles the Pink Robots, Pt. 1 est définitivement mon morceau favori.

Mais l’album n’est fait que de ces morceaux accrocheurs, rêveurs, éthérés et inoubliables. Fight Test qui ouvre l’album, In the Morning of the Magicians et son ambiance céleste, It’s Summertime qui réveille et vivifie, et enfin Do You Realize??, l’autre perle de l’album.

Dommage que ce défi ne comporte qu’un autre album du groupe : je devrai découvrir le reste par moi-même. Mais déjà, avec cet album, le groupe m’a séduit et m’a fait rêver.

Fleet Foxes (2008) – 469 jours, 626 albums

Je passe de l’un des premiers albums de ce défi à l’un des derniers : l’indie rock inspirant de Fleet Foxes et de leur album éponyme, Fleet Foxes.

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C’est étrange : j’ai pris la peine de monter tranquillement dans les années, afin de bien comprendre l’évolution de la musique, les influences des genres, d’où ils venaient et de quoi ils étaient composés, et pourtant, lorsque j’arrive sur un album comme celui-ci, je semble être tout à coup de nouveau perdu et égaré, sans points de repère. De quoi est composé cette musique ? De tant de choses qu’elles semblent être difficiles à discerner. Un indie rock aux effluves tant américaines que britanniques, aux racines folk mais pas trop, avec des notions prises de toutes les époques, une atmosphère éthérée et complète, et une énergie et un sens de la mélodie très pop. Alors, que faire ? Il ne reste qu’à profiter de la musique, et à se poser des questions plus tard, après. Lorsque j’aurais écouté l’album plusieurs fois, je pourrai peut-être mieux le discerner, le comprendre. Mais pour le moment, appréciez simplement avec moi cet album étincelant, avec White Winter Hymnal.

Suit Ragged Wood, que j’ai également bien apprécié. Quiet Houses aussi a quelque chose de mystique, qui transporte. He Doesn’t Know Why ressemble peut-être plus à une balade, et m’a fait passer un particulièrement bon moment.

Plus loin, Your Protector est aussi fort savoureux.

Pour le reste, à vous de découvrir les milles nuances de cette oeuvre.