Imagine (1971) – 403 jours, 573 albums

Imagine de John Lennon est de ces classiques qui se passent d’explications. Écouter la poésie, parfois touchante parfois rêveuse, de Lennon et le soft rock qui l’accompagne est toujours un délice.

John Lennon - Imagine

Il est difficile de critiquer un album de cette envergure, surtout lorsqu’il me tient autant à cœur. J’irai donc avec une critique plus personnelle.

Les Beatles doit être le groupe de musique qui m’a véritablement fait découvrir tout ce dont la musique était capable. Et après mon exploration des Beatles, de fond en comble, j’ai poursuivi avec la carrière solo de ses membres, dont, surtout, John Lennon. On pourrait facilement dire que Lennon est l’un de mes idoles, même si je déteste ce mot. Modèle ou inspiration serait peut-être plus juste. Et ça, je l’ai découvert à travers sa musique et sa poésie.

En fait, chez Lennon, j’ai l’impression que tout est poésie, que tout est romantique (dans les deux sens du terme). Ses actions politiques, comme le bed-in, sont d’abord exprimées de manière poétique. Cette poésie, parfois touchante parfois violente, exprime tous les idéaux de Lennon, réifie tout son art, surtout sur Imagine. Son optimisme et ses idéaux seraient bien peu de choses sans leur expression musicale et littéraire.

En ce sens, Imagine est la quintessence de Lennon : de son art, de ses rêves, de son inspiration.

Mais tous les morceaux de l’album n’ont pas cette légèreté et ce plein d’amour. Beaucoup sont personnels, empreints de violence (I Don’t Wanna Be a Soldier), de hargne (How Do You Sleep?) ou de regrets (Jealous Guy), même si plusieurs restent ancrés dans l’amour, comme How?Oh Yoko! et Oh My Love, dont ce dernier que je trouve particulièrement touchant.

Ainsi, Lennon nous offre un album personnel, intime, touchant et poétique, que vous devez écouter. Il s’agit, comme quelques autres albums de ce défi, d’un véritable incontournable.

The Joshua Tree (1987) – 403 jours, 573 albums

Le rock commercial a pourtant sa valeur : pas moins de 4 albums de U2 se retrouvent dans ce défi, me donnant l’excuse parfaite pour approfondir mon écoute de ce groupe mythique. L’un de ces albums : The Joshua Tree.

U2 - The Joshua Tree

Pour moi, U2 est un peu comme les Rolling Stones des années 80-90 : ils ont énormément de succès, ils redéfinissent le son et le rock de leur époque, sortent une grande quantité d’albums, et tous ceux-ci finissent par se ressembler après quelques parutions. Mis à part les grands hits, la musique du groupe m’est longtemps apparue comme sans trop d’intérêt, comme le reste du contenu de leurs albums d’ailleurs. C’est une critique que j’ai encore : leurs albums ne forment pas des unités assez uniques et assez unifiées. Plusieurs morceaux morceaux pourraient être interchangés d’un album à l’autre sans trop de problème. Mais en écoutant davantage de leur musique, je me fais un peu plus à leur son, et je l’apprécie beaucoup. Après tout, U2 définissent à eux seuls un bonne partie du rock.

Ainsi, cet album ne fait pas exception : il est fort appréciable, la musique est bonne, mais il n’a rien d’exceptionnel, mis à part quelques hits. L’un d’eux : Where the Streets Have No Name.

Un autre hit : With or Without You.

Leurs morceaux ont l’avantage d’être vraiment accrocheurs ! Du moins, certains. Car, comme les albums eux-mêmes, beaucoup de morceaux passent inaperçus.

Harvest (1972) – 405 jours, 575 albums

Le plus grand album canadien de tous les temps : voilà le mot d’ordre qui m’a introduit à Harvest de Neil Young. Le meilleur, je ne sais pas. Mais avec son folk-rock touchant, personnel, travaillé et parfaitement livré, il mérite définitivement sa place dans ce défi.

Neil Young - Harvest

Cet album ressemble à un grand vin : c’est avec le temps qu’il s’affine, et c’est sous l’attention qu’il se découvre. Après quelques écoutes, il s’ouvre, expose tous ses détails, toute sa richesse. Cette musique a quelque chose de fragile et, ainsi, de puissant, de pénétrant et touchant. Avec quelques guitares, une batterie, un harmonica et la voix de Young, on obtient une ambiance intime, personnelle, chaleureuse même dans les moments tristes ou plus frisquets. Tous les morceaux sont mesurés, contrôlés, et on cède jamais sous l’émotion ou l’emportement, ce qui en fait un album réaliser avec précision. De cette retenue ressort une intensité nouvelle.

Pour vous familiariser avec cette maisonnette chauffée au bois dans laquelle nous invite Young, je vous propose le morceau éponyme, Harvest.

Un autre morceau qui m’a atteint droit au coeur est Heart of Gold.

Il y a dans ce dernier morceau une nostalgie qui fut loin de me laisser indifférent.

Old Man est dans les mêmes eaux, avec une teinte réflexive, et est une autre des perles de l’album. Are You Ready for the Country a un peu plus d’énergie mais reste doux et relativement lent. Alabama est bien accrocheur, comme presque tout l’album d’ailleurs. Enfin, The Needle and the Damage Done est silencieux, simple.

Et dire que ce disque, dans tous mes vinyles, était d’abord passé complètement inaperçu.

The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators (1966) – 405 jours, 575 albums

The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators : le titre dit tout. C’est un son éclaté, coloré et hétéroclite à souhait que nous offre le groupe de rock psychédélique The 13th Floor Elevators.

The 13th Floor Elevators - The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators

Il peut être difficile de s’y retrouver dans cet univers enfumé, aérien et complètement déjanté. Les sons fusent, se mêlent, se séparent. Et à ce titre, les 13th Floor Elevators maîtrisent très bien le rock psychédélique, mais avec une folie et une extravagance peu commune. Ils offrent de longs paysages colorés aux formes étranges et inconnues, et renouvellent le coup morceau après morceau.

Ce morceau s’inscrit même dans un rock & roll endiablé, mais en y amenant tellement plus de texture, de couleur et de détails. Roller Coaster s’inscrit dans la même ambiance, mais avec un jeu de guitare plutôt mystérieux, qui amène une sorte de suspense. Fire Engine ne donne pas sa place non plus, dans le déjanté.

Plusieurs autres morceaux valent la peine, et tous ont cette intensité, cette énergie, cette désinvolture. Décidément, il faudra encore bon nombre d’albums avant que je ne m’épuise d’écouter du rock psychédélique.

I’ve Got a Tiger by the Tail (1965) – 405 jours, 575 albums

Un peu de country avec Buck Owens and his Buckaroos au milieu de ce défi, sur leur album I’ve Got a Tiger by the Tail.

Buck Owens and his Buckaroos - I've Got a Tiger by the Tail

Le country a plus en commun avec le blues qu’il n’y paraît : le rythme souvent lent, l’ambiance mélancolique, parfois même larmoyante ou déchirante, l’aspect campagnard et terreux… Mais parfois, on dirait que le country va plus loin, sous certains aspects émotifs. Les inflexions si caractéristiques de la voix font passer certains moment de mélancolique à littéralement pathétiques. Cependant, le country sait être plus rapide, par moments, et plus énergique et festif.

Buck Owens est un peu tout ça. Avec le morceau éponyme de l’album, par exemple, l’atmosphère est plus mouvementée.

Alors que d’autres moments sont terriblement touchants, comme Cryin’ Time.

Ensuite, Trouble and Me est le stéréotype même du country : stéréotype que je commence à apprécier. Wham Bam m’a paru cocasse et bien amusant. If You Fall Out of Love with Me donne dans le romantique. Enfin, The Band Keeps Playin’ On est plutôt accrocheur.

A Girl Called Dusty (1964) – 405 jours, 575 albums

La soul un peu vieillotte de Dusty Springfield m’a charmé avec son album A Girl Called Dusty.

Dusty Springfield - A Girl Called Dusty

Ces morceaux d’une autre époque, où le terme pop voulait dire tout autre chose, ont quelque chose d’immédiatement charmant. On dirait que la pop s’inscrit dans des airs simples, une voix émotive, suave et bien ronde, et des paroles romantiques. Dusty Springfield offre tout ça, avec quelques nuances de soul bien placées, pour donner plus de profondeur, plus de texture aux morceaux.

Un morceau en particulier a retenu mon attention, et je crois l’avoir déjà écouté auparavant : You Don’t Own Me. Il est d’abord calme, avec une musique dramatique, avant de s’emporter et de devenir déchirant, éclatant.

La plupart des morceaux s’inscrivent un peu dans cette atmosphère, avec moins de poignant que You Don’t Own Me, mais avec autant de charme. Je vous laisse aussi écouter Twenty Four Hours from Telsa.

Night Life (1962) – 407 jours, 577 albums

Du country avec une voix de crooner ? C’est ce que nous offre Ray Price sur son album bleu et mélancolique Night Life.

Ray Price - Night Life

En faisant recherches, je suis tombé sur les termes Country-Pop et Honky Tonk. Le terme pop, ici, me semble désigné davantage une accessibilité que ce qu’il vaudra dire quelques décennies plus tard. Car il s’agit d’un country aimable, facile, où son langage musical parfois difficile est simplifié par la voix de Price. Celui-ci nous porte comme un crooner, comme le ferait un Sinatra, par exemple, mais sur fond de guitares country, de rythmes chevalins et de thèmes larmoyants.

Le morceau qui nous introduit à l’album, Night Life, en est un excellent, qui se démarque par sa tendresse et sa mélancolie. Il donne véritablement l’impression d’être en fin de soirée, un verre vide à la main, dans l’éclairage tamisé d’un bar.

Ce morceau est moins country que le reste de l’album. Des morceaux comme Pride en sont plus empreints, mais c’est pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

J’ai aussi bien apprécié le pensif Sittin’ and Thinkin’ et le triste, et plus campagnard, The Twenty-Fourth Hour.