Deserter’s Songs (1998) – 382 jours, 558 albums

Un psychédélisme renouvelé mêlé à de la pop rêveuse, mais avec une ambiance étrange, conviée par les vibrations d’une égoïne, d’une voix anémique et de mélodies pianotées comme des valses voilées et funèbres : voilà ce qu’offre l’album Deserter’s Songs du groupe Mercury Rev.

Mercury Rev - Deserter's Songs

 

Donc, un néo-psychédélisme sombre et une dream pop légère, presque naïve. Les deux juxtaposés et mêlés donnent un résultat à la fois envoûtant (mais pas trop) et insécurisant. On ne plonge pas dans l’album : on semble flotter à sa surface, en admirant les reflets sombres et lunaires de l’eau. L’égoïne, qui est par exemple dans Holes et dans Endlessly, a quelque chose de fantomatique, et la mauvais qualité, qui rappelle un gramophone sur I Collect Coins, donne dans la nostalgie. Et à travers tout ça, une pop légère ressort, qui nous ramène dans les sixties, avec une énergie juvénile et candide.

Opus 40 offre un peu de tout ça, et est une véritable douceur pour les oreilles.

Goddess on a Hiway est du même genre, avec sa mélodie accrocheuse, sa complexité intrigante et son piano vibrant. Holes ouvre l’album comme un bal étrange, un peu brumeux mais à peine, alors que Tonite It Shows ressemble à une valse funèbre, triste.

À travers ses morceaux un brin désarticulés, l’album nous fait voir un bien étrange kaléidoscope : un qui fait voir des formes extravagantes, mais en noir et blanc.

In-A-Gadda-Da-Vida (1968) – 383 jours, 559 albums

Le groupe Iron Butterfly pourrait se résumer à ce seul morceau : In-A-Gadda-Da-Vida. Le morceau de l’album du même nom est une traversée épique et psychédélique de 17 minutes dans un monde hypnotique et éthéré. C’est le seul de l’album qui vaille véritablement votre attention, mais dites-vous qu’il est assez rare qu’un morceau d’une telle longueur devienne un succès radiophonique, même dans les années 60.

Iron Butterfly - In-A-Gadda-Da-Vida

Certes, l’album a aussi une face A, mais sa composition n’offre aucune véritable surprise, se limitant à des morceaux de rock psychédélique bien réalisés, mais qui ne sortent nullement de l’ordinaire. L’intérêt de cet album, et du groupe, se trouve plutôt sur la face B, avec ce morceau interminable et passionnant.

En réécoutant cela, je me demande pourquoi l’orgue Hammond n’est pas demeuré un instrument populaire : la musique me semble plus triste et moins vibrante depuis… Bref, ici il fait un travail remarquable, et la mélodie du morceau vous restera dans les oreilles des jours durant : je vous le garantie.

Band on the Run (1973) – 383 jours, 559 albums

La fin des Beatles ne voulait pas dire la fin de la musique, et certainement pas pour un homme tel que Paul McCartney. Si on ne pouvait nommer qu’une preuve tangible de son talent en tant qu’artiste solo, on nommerait Band on the Run du groupe Wings. Avec une telle merveille musicale, alliant les restes du rock psychédélique, la composition accrocheuse de l’ex-Beatle et un soft rock qui n’a rien de reposant, on croit, le temps de cet album, que la dissolution des Beatles était, au final, une bonne chose.

Wings - Band on the Run

Chef-d’œuvre et incontournable seraient ici des euphémismes, à mon avis. Peu d’albums sont de la trempe de celui-ci. Le morceau éponyme qui ouvre l’album, par exemple, comporte plusieurs mouvements, et chacun est réalisé avec brio et aurait pu former un morceau entier à lui seul. Mais mis ensemble, ils forment une sorte de symphonie rock des plus accrocheuses et des plus élégantes. Je vous laisse vous en délecter.

Jet est un succès instantané et est diablement accrocheur. Certainement, Sir McCartney n’a aucune difficulté à composer des succès, seul ou en groupe. Jet a quelque chose de rafraîchissant, de passionnant. En l’écoutant, on sent l’air passer dans nos cheveux, comme si on l’écoutait à toute vitesse.

Bien que tous les morceaux valent la peine, j’ai un faible pour Nineteen Hundred and Eighty Five qui termine l’album avec force, assurance et émotion.

L’explosion musicale qui termine le morceau est simplement délicieuse.

Autre moment savoureux : la deuxième partie de Picasso’s Last Words (Drink to Me), qui est un medley de tous les morceaux de l’album, comme une grande récapitulation avant de mettre la clé dans la porte. On en redécouvre alors toutes les subtilités et toutes les beautés.

The United States of America (1968) – 383 jours, 559 albums

Rock psychédélique et expérimentation éthérée : voilà ce qu’offre le groupe The United States of America sur leur album éponyme. Le groupe n’a sorti qu’un album, mais toute l’énergie, toute la force et toute la créativité sont là. Ici, on a l’impression d’écouter toute la musique des sixties, en moins de 40 minutes.

The United States of America - The United States of America

Avec un titre comme The American Metaphysical Circus, le premier morceau de l’album est sans équivoque : c’est dans un monde déjanté, explosé, mais lumineux et bruyant que nous plonge le groupe. Bref, un véritable cirque musical, avec tous ses animaux et ses créatures étranges.

Cloud Song est quant à lui plus doux et serein, avec son ambiance éthérée et son chant presque cérémonieux. L’excellent The Garden of Earthly Delights est un mélange pop et accrocheur de feux d’artifice orientaux et spatiaux.

Where is Yesterday tire vers le mysticisme, alors que Coming Down est plus énergique et pop. Stranded in Time a quelque chose de fin et d’élégant que j’adore avec ses violons.

Ainsi, il s’agit ici d’un fin mélange d’épices tel qu’on ne les retrouvait que dans les années 60 : grands espaces enfumés, éclectisme des instruments, ambiance colorée, parfois cacophonique et parfois d’une perfection spontanée, presque impromptue. Même si le groupe n’a sorti que ce seul album, il trouve clairement sa place dans le panthéon des albums de l’époque.

Mise au point – 383 jours, 559 albums

Le début du mois de novembre fut ardu. Ce qui, inévitablement, a relayé ce défi au second plan. Quelques autres projets, dont la rédaction d’un roman avec NaNoWriMo et la réalisation d’une websérie, Secondes/Cultures, ont retenu beaucoup de mon attention. Aussi, il faut mentionner que je me suis fait voler mon ordinateur portable le soir du 31 octobre et, donc, que j’ai perdu la liste de mes albums comptés et non-comptés. Ainsi, en prenant le temps de recompter le tout dans le livre, j’ai réalisé que, soit je compte très mal, soit certains albums écoutés ont été oubliés sans être critiqués.

Après recomptage, j’ai entre mes mains 32 albums écoutés à critiquer, et près d’une dizaine de plus qui manquent à l’appel. Là, une révision plus longue s’imposera : je la ferai plus tard.

Entre temps, je continuerai ce défi et tenterai de rattraper mon retard, en jonglant avec mes autres responsabilités et projets. Ce ne sera pas chose facile, mais un défi est un défi, et la date limite approche. Plus de 175 albums est un retard appréciable : il faudra mettre les bouchées doubles. Aussi, je mentionne de nouveau que le style des critiques est désormais en perpétuel changement (ou non), car je les utiliserai pour tester mes nouvelles connaissances journalistiques. Vous êtes avertis. Mais vous ne devriez pas (trop) en souffrir.

Bonne musique !