I See a Darkness (1999) – 284 jours, 544 albums

Gris, lourd, déprimant: pour l’album I See a Darkness de Bonnie « Prince » Billy, ces adjectifs sont des compliments. Et pourtant, ce country alternatif parsemé de rock indie a quelque chose de profondément lumineux. Un peu comme la minuscule flamme d’une chandelle plongée dans l’obscurité.

Bonnie %22Prince%22 Billy - I See a Darkness

On sent le country, mais à peine. Il se cache dans l’ambiance dépressive, dans certaines inflexions de la voix, mais on est loin du honky tonk et des campagnes de Buck Owens. L’émotion n’en est pas moins viscérale et déchirante. La montée finale de Nomadic Revery (All Around) donne la chaire de poule. Et pourtant, le début est introspectif, méditatif. C’est le cri d’une âme désespérée et affaiblie.

On sent aussi le rock, mais plutôt le goth rock et ses paysages sombres, rappelant un morceau punk qui aurait perdu son énergie et sa vitalité. Sur Death to Everyone, c’est à s’y confondre. La dépression est rendue admirablement belle.

Il subsiste tout de même un quelque chose de pop, d’abordable, de presque badin dans certains morceaux, et qui contraste avec l’ombre qui plane sur cet album. A Minor Place est entre la balade et le chagrin sur le bord de déborder. Madeleine-Mary est l’assemblage parfait entre une mélodie rock et les blessures lamentables du country.

Avec un tel exercice musical, le country vient définitivement toucher au cœur: on comprend plus que jamais sa pertinence, sa profondeur et sa force narrative et émotive.

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