The Healer (1989) – 278 jours, 531 albums

John Lee Hooker - The HealerJohn Lee Hooker est une légende du blues. Mais, pour une raison étrange, les éditeurs des 1001 albums ont décidé de ne mettre dans l’ouvrage que son album de 1989 The Healer: son retour éclatant, mais critiqué par les fans.

L’album offre du blues correct, mais qui est loin de celui, viscéral et engageant, que je m’attendais d’un tel nom. Le mélange avec des éléments de musique électronique semble être réalisé à la va-vite, et les morceaux manquent cruellement d’émotions et de profondeur.

Certains morceaux retiennent tout de même l’attention, dont The Healer et ses rythmes latins, I’m in the Mood et That’s Alright (malgré leur manque d’intensité) et My Dream, un peu mieux réussi.

Pourtant, ce ne sont pas les bons albums de John Lee Hooker qui manquent. Il est regrettable que les éditeurs aient mis autant l’accent sur la musique populaire, au détriment de choix judicieux dans des styles moins connus du grand public mais riches en contenu, comme le jazz et le blues. Même avec 1001 albums, on ne peut avoir qu’une vision fragmentaire de la musique.

Raw Like Sushi (1989) – 278 jours, 531 albums

Neneh Cherry - Raw Like SushiNeneh Cherry s’expose dans un mélange de rap, de pop et de dance dans un album léger et facile à écouter: Raw Like Sushi.

Et le rap, c’est celui des débuts, celui qui m’a rappelé le hip hop et le funk de Future Shock de Herbie Hancock. Celui où on entend clairement les vinyles sur les planches, et l’aiguille remonter les sillons. L’artiste utilise aussi une musique dénudée, où l’électro des années 80 prend une place importante. Le tout est poli pour rendre l’album bien pop et l’alléger.

Ainsi, on écoute les morceaux sans réfléchir, et on répète en boucle les plus accrocheurs. Buffalo Stance est de ceux-là, avec ses rythmes funky. Avec Manchild, c’est l’ambiance détendue et romantique qui reste dans l’oreille. Le segmenté Heart et R&B/électro Phoney Ladies valent également l’écoute.

Copper Blue (1992) – 278 jours, 531 albums

Sugar - Copper BlueLe guitariste et vocaliste de Hüsker Dü, Bob Mould, offre un effort dans un noise pop mêlé de grunge avec le groupe Sugar et l’album Copper Blue.

Les morceaux sont bien réalisés, mais ils manquent un peu de personnalité. Malgré la voix caractéristique du chanteur, ils ont de la difficulté à véritablement accrocher l’oreille, à l’exception de quelques uns. Fortune Teller, d’ailleurs, rappelle les meilleurs moments de Hüsker Dü. The Slim, aussi, est plutôt intéressant.

Pour le reste, il s’agit d’un noise pop sans profondeur, ou d’un grunge sans trop d’originalité. Il s’agit, certes, d’un album bien réalisé, sans défaut ou faux pas, mais qui manque également de qualités pour se démarquer. Un album qui, pour ma part, sera vite oublié.

Nowhere (1990) – 278 jours, 531 albums

Ride - NowhereLivré un concert la tête basse, en fixant ses souliers et en se dandinant sur scène (ce qu’on appelle le shoegaze) semble avoir un effet mystique sur les artistes. L’album enfumé, éthéré et méditatif Nowhere de Ride en est un exemple probant.

C’est le noise qui crée cet écran de fumée. En saturant l’espace de sons, de grésillements et de guitares, la musique forme une sorte de voile, de trame sur laquelle s’inscrivent les détails. Avec une voix éloignée et en écho et des dissonances dans les instruments, l’effet est saisissant.

Seagull parvient à concentrer cet effet de manière époustouflante, en accumulant les couches musicales l’une par-dessus l’autre, et Kaleidoscope reprend l’exploit dans une mesure moindre mais aussi satisfaisante. Dreams Burn Down se concentre davantage sur l’éther et le mystique.

Il n’y a que dans le noise que l’on peut retrouve un rock à la fois musclé et rêveur, à la fois terrestre et rude, et céleste et doux. Ride n’échappe pas à la règle.