Shaka Zulu (1987) – 229 jours, 520 albums

Ladysmith Black Mambazo - Shaka ZuluLes voix a capella et africains de Ladysmith Black Mambazo sont d’une douceur exquise, avec une touche étrangère. Alors que ce timbre de voix, noir, est souvent associé à des rythmes tribaux, festifs ou enflammés, l’ambiance ici est simple, épurée, et presque mielleuse. L’impression est presque celle d’un chant classique.

On se laisse habiter par les mélodies qui ressemblent à des incantations, à la fois méditatives sous les voix plus graves, et célestes sous celles plus clairs. Les deux types ne mettent en scène que la terre et le ciel.

À travers les morceaux, cette forme musicale perd toutefois de sa fraîcheur: les morceaux se confondent et se perdent. Cette répétition devient quelque peu blasant vers la fin de l’album, où on finit par écouter d’une oreille que distraite.

Parfait pour les amateurs d’a capella, fascinant pour quelques morceaux, mais sans plus.

Immigrés (1984) – 303 jours, 557 albums

La musique sénégalaise de Youssou N’Dour offre une drôle d’expérience: être légèrement dépaysé, tout en se sentant chez soi. C’est que l’album Immigrés parvient à rendre les percussions africaines et ses rythmes et ses voix… familières. Malgré la complexité des compositions, elles sont habitées d’une simplicité, d’une pureté alléchantes et réconfortantes.

Youssou N'Dour - Immigrés

Tout de suite, on comprend la musique. Comme si elle venait d’un vieux souvenir, dénué de nostalgie. Surtout Pitche Mi, ce morceau tiré de la nuit, avec ses rythmes lents, sensuels sans être langoureux, et sa mélodie émotionnelle, sans être larmoyante ou déchirante. Il exprime une émotion simple, vraie, sans artifice, et on laisse porter, comme une flamme qui danse, ou un canot qui monte et descend calmement sur les vagues.

Immigrés – Bitim Rew rend l’atmosphère plus festive, mais de manière délicate. Ce n’est pas une bacchanale, ici. C’est plutôt un petit feu, quelques instruments, et un plaisir de vivre simple, naturel. La composition n’est pas non plus sans rappeler Fela Kuti et son afro-beat mordant. Mais ici, ce n’est pas la colère qui gronde, c’est la terre qui vibre, qui frétille, sous les coups des tambours. La plus grande similarité, c’est le côté vrai, authentique, impossible à répliquer.