Live at the Regal (1965) – 882 jours, 960 albums

Parlant de blues, j’ai écouté un premier album du grand B.B. King, soit Live at the Regal.

Tout cet album ne semble être qu’un long morceau continu. Les morceaux s’enchaînent sans que l’on ne s’en rende compte, l’émotion demeure toujours aussi haut, et le talent du King semble ne jamais se fatiguer. Les cuivres sont tonitruants, le piano et la guitare sont subtils et percutants à la fois, par leur force, leur simplicité apparente et leur technique de haute voltige. Je rappelle que c’est justement le King qui tient la guitare…

Malgré son aspect continu, certains passages réussissent quand même à sortir du lot. Le plus époustouflant est sans doute Worry, Worry avec son solo de guitare comme entrée et la voix toujours aussi puissante et parfaite de B.B. comme accompagnement. Et malgré sa force, le morceau semble être joué tout en subtilité. On a aussi droit à quelques conseils matrimoniaux et des cris de foule en délire, preuves de sa maîtrise parfaite de la scène et du divertissement qui va avec.

Il y a aussi Sweet Little Angel qui semble donner le ton à tout le reste de l’album. Celui-ci est d’une profondeur et d’une puissance remarquables :

J’ai aussi beaucoup apprécié It’s My Own Fault et How Blue Can You Get?, mais il est difficile de faire plus de choix que cela. La même constance, la même émotion, les mêmes éclats de voix et les mêmes exploits musicaux se retrouvent partout sur l’album. Celui-ci, au contraire de celui d’Otis Redding, doit se découvrir en entier.

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At Newport (1960) – 906 jours, 978 albums

Ce matin, pour me donner du courage, il me fallait un bon album de blues. Ne m’y connaissant pas encore beaucoup, j’ai donc dû chercher un peu dans mon livre des 1001. J’ai ainsi été attiré par At Newport de Muddy Waters.

Si j’ai bien compris, il s’agit de l’album, et donc de l’artiste, qui a introduit le blues et la musique des noirs auprès du public blanc. On y retrouve un blues intense, profond, et accrocheur. Outre certaines répétitions dans les paroles ou dans le jeu des instruments durant un même morceau, l’album reste tout de même captivant du début à la fin. Plusieurs morceaux sont même empreints d’une énergie festive qui donne envie de danser, tels que Tiger in Your Tank et I’ve Got My Mojo Working ( http://www.youtube.com/watch?v=XArrdG2t4C4 ), dénaturant ainsi, pour mon plus grand bonheur, l’image que je me faisais d’une atmosphère de blues.

Bien entendu, d’autres pistes, au contraire, renforcent cette image, telles que les délectables I’ve Got My Brand on You et Goodbye Newport Blues, qui sont emplies d’une émotion aussi captivante que frissonnante. Leur rythme lent, appuyé, avec l’harmonica et le piano en arrière-plan, en font des oeuvres fort appréciables, et je me réjouis de les avoir découvertes et, donc, de pouvoir les réécouter à loisir.

Plus j’écoute d’albums de blues dans le cadre de ce défi, et plus je me dis que j’aurais peut-être mieux fait de faire un mini-défi blues avant d’entamer celui-ci. Mais bon, il ne sera pas trop tard pour le faire après…