Seventh Tree (2008) – 304 jours, 558 albums

Goldfrapp refait le coup: avec Seventh Tree, c’est une ambiance douce, éthérée et rafraîchissante qui nous habite. Après Felt Mountain, il affirme et définit un peu plus ce mélange unique et personnel de trip-hop et de chamber pop.

Goldfrapp - Seventh Tree

Le folk doux et badin de Clowns se transforme rapidement en une ambiance riche et mystérieuse. Immédiatement, on est saisi d’un léger frisson: une clairière sonore s’ouvre devant nous, où paissent les instruments presque immatériels qui construisent le paysage.

Happiness porte ce voyage un peu plus loin, avec une balade accrocheuse et insistante. Elle rappelle les mélodies innocentes de sixties, avec sa légèreté. Mais un mince voile lumineux recouvre tout de même la scène, amenant une dimension plus pleine et envoûtante au morceau.

Cet album est aussi saisissant que l’autre que j’ai écouté du groupe, mais pas de la même façon. Il troque l’intensité et la grandeur pour la candeur et une insoutenable légèreté.

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Felt Mountain (2000) – 489 jours, 634 albums

Je me suis aussi aventuré à découvrir le groupe de trip-hop et de chamber pop Goldfrapp, avec leur excellent album Felt Mountain.

Goldfrapp - Felt Mountain

J’en fus séduit dès le début. Les cuivres dissonants qui ouvrent le premier morceau, Lovely Head, attirent tout de suite l’attention et laissent présager un album bien particulier. Tout de suite après, on tombe dans une ambiance éthérée, sensuelle et mystérieuse, mais on sait désormais de quoi le groupe est capable. La guitare électrique en distorsion et plaintive nous le rappelle sans cesse. Paper Bag reprend la même atmosphère, mais cette fois avec une touche un brin plus délicate. Encore une fois, c’est une musique qui me charme par sa fumée, son mystère, et la contemplation qu’elle amène.

Vient ensuite Human, qui ne fut pas sans me rappeler la musique de James Bond : violons, rythme jazzy, voix féminine et sensuelle, bref tout y est, rehaussé par quelques éléments d’électro et un peu de dissonance.

L’autre morceau de l’album que je tiens à faire remarquer est l’étrange Utopia, avec son chant d’opéra et sa construction accrocheuse. Le morceau se développe peu à peu, mettant couche par-dessus couche, nous prenant peu à peu dans ses griffes, dans cette atmosphère indescriptible : électrisante, vaporeuse, grandiose… je ne sais trop !

Le reste de l’album nous plonge dans cet univers unique, passionnant. Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un groupe qui parvient à inventer un style qui lui est propre et unique en tout point, ou presque. Quoique avec ce défi, cela arrive plus souvent qu’à l’ordinaire, un groupe comme Goldfrapp est toujours rafraîchissant, et me rappelle pourquoi je consacre tant d’effort à écouter tant d’albums.

The Virgin Suicides (2000) – 490 jours, 635 albums

Je n’ai pas pu attendre bien longtemps avant d’écouter un second album du groupe Air. Leur capacité à créer des ambiances riches de trip-hop et d’ambient pop m’a tout simplement séduit. J’ai donc écouté The Virgin Suicides.

Air - The Virgin Suicides

Comme vous vous en doutez, il s’agit de la trame sonore du film de Sofia Coppola. Et comme dans le film, l’ambiance est lourde, glauque, et quelque peu éthérée. Il aurait été difficile de choisir un meilleur groupe pour nous plonger dans l’esprit tourmenté de ces jeunes filles, et dans l’ambiance de cette tragédie. L’album s’ouvre sur Playground Love, qui débute avec un son qui rappelle celui d’une horloge, comme si, déjà, le temps était compté.

On sent aussi l’ombre qui se dégage du saxophone lyrique, et la voix basse, presque étouffée, qui semble nous susurrer cette histoire à l’oreille.

Ensuite, beaucoup des morceaux sont avant tout des morceaux d’ambiance, se rapprochant ainsi davantage du ambient pop. Cemetary Party est l’un d’eux, avec son air sombre, ses chants à peine prononcés d’opéra, et son ton à la fois solennel et tragique, mais sans devenir lyrique. Un peu plus loin, il y a également Dirty Trip et son atmosphère mystérieuse à souhait. Mais je dois dire que c’est davantage Highschool Lover qui a retenu mon attention.

Sinon, l’album était fort appréciable, comme le film, mais n’égalait certes pas la virtuosité de Moon Safari. Mais je crois, de toute manière, que ce n’était pas ici l’objectif. C’était plutôt de nous plonger dans cette histoire, dans cette ambiance, et de nous la faire vivre de manière à la fois intense et délicate. Et pour ça, Air a rempli son contrat.

Emperor Tomato Ketchup (1996) – 491 jours, 635 albums

J’ai écouté un album d’ambient pop et de post-rock des plus intéressants. Il s’agissait de Emperor Tomato Ketchup du groupe Stereolab.

Stereolab - Emperor Tomato Ketchup

L’album est bâti sur de bonnes bases d’électro qui m’ont rappelé le big beat ou le house, mais qui sont utilisées ici pour créer une ambiance douce, lente et calme, qui se transforme rapidement en ambient pop, tout en amenant la richesse musicale que je découvre peu à peu du post-rock. Le premier morceau, Metronomic Underground, a d’ailleurs une atmosphère hypnotique, par sa répétition et son évolution faite au ralenti. Alors que, tout de suite après, Cybele’s Reverie s’ouvre sur des violons et un rythme plus soutenu, plus accrocheur et plus pop, mais tout en conservant, par moments, les subtilités électrisantes de l’électro.

Quelques morceaux plus loin, Olv 26 revient vers une base d’électro qui, par sa lenteur et sa pureté, peut même évoquer le kraut rock et son aspect mécanique, froid. Quoiqu’en y ajoutant l’orgue et quelques éléments de rock, tout comme la voix féminine et sensuelle, cette émotivité fait un contraste intéressant entre les deux inspirations. Avec The Noise of Carpet, c’est presque l’inverse, mais avec le même charme : une voix un peu froide, à la fois punk et sans vitalité, sur un fond de rock énergique et brut.

Vers la fin de l’album, il y a aussi le mélancolique Monstre Sacre qui a retenu mon attention, ainsi que Anonymous Collective qui, lui, rappelle encore davantage le kraut rock.

Ce que j’ai trouvé de plus fascinant avec ce groupe, c’est cette capacité étrange à être à la fois froid et mécanique, et profond et touchant, mais tout en douceur, tout en subtilité. Bref, d’allier les deux, et d’en faire un alliage encore plus fort, plus prenant et fascinant que les deux inspirations prises à part. Je croyais, rendu aussi loin dans les années, avoir terminé les surprises en découvrant de nouvelles genres, mais le post-rock m’a déjà montré que j’avais tord.

Moon Safari (1998) – 500 jours, 642 albums

Un autre album que je connaissais déjà, mais dont c’est toujours un plaisir de réécouter : Moon Safari du groupe Air, et sa musique électronique, éthérée, enveloppante à souhait.

Air - Moon Safari

J’ai déjà passé plusieurs soirées d’été, une tasse de thé à la main et l’air frais du dehors qui coule à travers la fenêtre, à écouter cet album. Il est parfait pour accompagner une noirceur qui scintille, pour rendre une soirée réflexive ou relaxante. C’est d’ailleurs souvent ce que fait l’ambient et son dérivé le ambient pop, nous plongeant dans une atmosphère aérienne, rendue hypnotique par les sonorités électroniques. Et cela se passe tout en douceur, alors que l’album nous accueille avec le doux morceau La Femme d’Argent.

Tout de suite après, Sexy Boy a plus d’énergie, de rythme, et tombe un peu plus dans la pop, mais demeure tout de même, comme tout l’album, dans cette ambiance de lentes vagues, qui nous portent d’un morceau à l’autre, d’un moment musical à l’autre. Un autre de mes favoris : Kelly Watches the Stars, avec son rythme accrocheur et sa répétition du titre relaxante.

Le reste de l’album, je vous dirais, vous porte sans trop que vous y pensiez.

Debut (1993) – 605 jours, 701 albums

Enfin : je suis arrivé à ce moment merveilleux où je peux enfin écouter un album de Björk. Sans attendre, j’ai donc écouté Debut.

Bjork - Debut

Pourquoi cette impatience ? C’est que j’ai écouté, vers les débuts de ce défi, un album des Sugarcubes. C’est aussi que, avant ce défi, j’avais écouté distraitement un ou deux de ses albums, une de mes amies étant une grande fan de l’artiste. J’avais trouvé sa voix et son approche artistique fascinantes. Mais, faute de temps comme toujours, je n’avais pas pris le temps d’explorer l’artiste davantage. Avec ce défi, j’avais une excuse parfaite. Je n’avais qu’à attendre le moment fatidique où l’un de ses albums arriverait enfin sur mon chemin. Ce moment est arrivé. Et je n’ai pas attendu pour rien !

Comme souvent avec les artistes audacieux, il est difficile de bien caractériser et décrire cet album. La voix de Björk elle-même prend déjà une bonne partie de la scène, avec son timbre unique, ses éclats intenses, sa profondeur à la fois viscérale et aérienne, claire comme un cristal. Certes, on peut ensuite dire qu’il s’agit de dance, de trip-hop, ou d’électro expérimental, mais cette musique ne semble que servir de support, de soutien à cette voix irréelle, divine. Écoutez Human Behavior, et vous verrez bien par vous-mêmes. Prenez également le temps de regarder le clip. Il est tout simplement génial.

Crying est également bien appréciable, tout comme le plus mouvementé et rythmé There’s More to Life Than This. Il y a également le très romantique et doux Like Someone in Love, avec sa harpe. En fait, près du trois quart des morceaux de cet album mériteraient, selon moi, votre attention. Big Time Sensuality et son ambiance accrocheuse, One Day et ses détails, son calme, puis Come to Me et son long paysage musical, hypnotique, éthéré, rêveur.

Play Dead, enfin, qui clôture l’album.

Bref, tout l’album valait bien l’attente, et mérite déjà d’être réécouté, et réécouté. Dommage que ce défi comporte si peu d’albums de cette chanteuse, de cette artiste extraordinaire.

Heaven or Las Vegas (1990) – 609 jours, 709 albums

Ça y est : je suis enfin arrivé aux années 90. À partir de maintenant (en fait, depuis 1989), j’écouterai des albums qui sont parus de mon vivant ! Et je débute le tout avec un album bien rêveur, soit Heaven or Las Vegas des Cocteau Twins.

Cocteau Twins - Heaven or Las Vegas

J’avais bien aimé l’autre album du groupe que j’ai écouté, avec son dream pop, sans ambiance éthérée, son ton relaxant. Ici, on reprend le même concept, mais en un peu moins bien réussi. Alors que certains groupes gagnent de la maturité avec le temps, on dirait que d’autres se simplifient et s’épurent. C’est le cas, j’ai l’impression, des Cocteau Twins. Les morceaux sont plus pop et accrocheurs, mais moins travaillés, moins texturés. On embarque moins et, aussitôt, la qualité de l’expérience en souffre. Cela dit, l’album offre tout de même quelques bons moments. Cherry-Coloured Funk, entre autres.

Le morceau est aérien, doux, rêveur. Mais il semble manquer la force et l’aspect aspirant, hypnotique de Ivo qui ouvre Treasure. Un peu plus loin, Iceblink Luck est l’un des morceaux plus pop qui est réussi. Enfin, le morceau éponyme offre aussi une belle petite aventure, qui dure près de 5 minutes.

En général, je ne suis pas déçu ou mécontent d’avoir écouté un second album des Cocteau Twins. Cela m’a permis une petite accalmie bien appréciée. Mais force est de constater que, selon moi, l’album n’aurait pas dû faire les 1001.