Orbital II (1993) – 224 jours, 509 albums

Orbital - Orbital IIDes samples en loop, des rythmes complexes mais mécaniques, des textures sans cesse en mouvance: l’album Orbital II du groupe Orbital est une perle d’électro, à mi-chemin entre l’ambient et la techno.

Parfois c’est le beat lourd qui prime, parfois c’est l’ambiance éthérée et méditative. Planet of the Shapes ressemble à un paysage lunaire aux mille étoiles. Lush 3-1 est une composition complexe et hautement satisfaisante avec ses mille textures, son ton techno et ses sons qui rappellent le timbre des .midi. Remind s’amuse dans les mêmes eaux mais en plus rythmé. Pour Walk Now…, c’est vers l’expérimental qu’on tire, avec des passages à la Cyriak.

Une découverte parfaite qui mérite d’être incontournable. L’électro a ici une forme unique.

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Millions Now Living Will Never Die (1996) – 279 jours, 536 albums

Tortoise - Millions Now Living Will Never DieTortoise vous livre des paysages éthérées et complexes de post-rock, qui se dévoilent devant vos yeux dans tous leurs détails. Millions Now Living Will Never Die est une longue expérience contemplative qui mérite d’être admirée.

Djed se développe sur 20 longues minutes, construit par des répétitions électroniques, des vagues de sons oscillantes, des notes de vibraphone et des millions d’autres détails qui se perdent dans les filets d’une aurore boréale sonore. Car il s’agit presque d’un voile fin qui s’agite au vent: délicat et mystérieux. Avec Glass Museum, on se retrouve dans un véritable palais de verre, où le verre teinte et la lumière miroite, avec quelques notes de rock. Sur Along the Bank of the River, l’ambiance est presque jazz, rappelant les pièces méditatives fusion du Pat Metheny Group. La batterie, derrière, fait scintiller le morceau.

Le post-rock étonne encore, dans sa capacité à jumeler les inspirations sans heurts, à tailler les détails sans faute, avec minutie et patience. Tortoise n’échappe à la règle et réalise un fin diamant avec cet album doux et relaxante, et ces morceaux finement ciselés.

Playing with Fire (1989) – 291 jours, 554 albums

Spacemen 3 réinvente le space rock, avec son album Playing with Fire. Le groupe reprend ce mélange éthéré et psychédélique inauguré par Pink Floyd, Hawkwind et consorts, en ajoutant des influences d’ambient, d’électro et un peu d’expérimentation. Les voyages spatiaux des années 70 se transforment en séances méditatives, lentes et hypnotiques.

Spacemen 3 - Playing with Fire

Le groupe remet au goût du jour ces ambiances oubliées, qui méritent d’être visitées de nouveau. On se perd dans ces morceaux, dans ces explorations musicales. How Does It Feel? joue sur la répétition, avec un rythme lent et méditatif, agrémenté d’électro et d’éléments hétéroclites. Sur Let Me Down Gently, la musique est encore plus dénudée, se concentrant sur le voile éthéré, sur une simple trame sur laquelle quelques éléments naviguent. Alors que Suicide est plus intense, offrant plutôt un mur de son qui rappelle la violence du punk, ou la guitare acérée du hard rock. Che, enfin, s’avance davantage dans le néo-psychédélique, où les éléments se mêlent, se confondent, et parfois ressortent du lot.

Certains moments sont unis et centrés. D’autres sont décousus, semblent se terminer abruptement, créant un sentiment d’incomplétude, de manque, qui n’est pas désagréable. Mais l’essentiel participe d’un seul album et forme un tout reconnaissable: une signature du groupe. Dommage qu’elle n’apparaîtra plus durant ce défi…

Tubular Bells (1973) – 304 jours, 558 albums

Voyager, contempler, savourer: l’album Tubular Bells de Mike Oldfield nous plonge dans un long paysage mêlant les couleurs du art rock à celles du ambient. Oldfield décortique les instruments, les rythmes et les mélodies, dans un assemblage et désassemblage sans fin, où éthéré et hétéroclite se confondent. Seules ponctuations: de légères pauses qui rappellent les changements de mouvement d’une symphonie, et un changement de face.

Mike Oldfield - Tubular Bells

Le art rock a cette capacité fabuleuse à amener le rock psychédélique à un niveau presque symphonique. Le ambient, celle de nous plonger. Dans nuage de fumée, dans les cieux, dans une forêt dense et feuillue, qu’importe: il nous submerge. Les deux, assemblés de la bonne manière, forment une musique pratiquement divine.

Tubular Bells (Part One) se construit et se déconstruit sur près d’une demi-heure, débutant sur une certaine tourmente, passant à des moments plus doux, plus mordants, plus impérieux. Mais c’est véritablement le dernier mouvement qui expose tout le talent et le doigté d’Oldfield. On pose simplement une base rythmique, sur laquelle on entreprend ensuite d’assembler plusieurs instruments, les introduisant un à un, en les présentant au préalable d’une voix de plus en plus extatique. Il en résulte un crescendo explosif où chaque moment, chaque note devient décuplée, devient frissonnante.

Difficile, ici, d’ignorer les effluves de jazz ou de classique. Mais la longue composition est véritablement rock, et son énergie intempestive, la force des instruments et la désinvolture judicieusement calibrée ne font qu’en témoigner.

Ambient 1: Music for Airports (1978) – 412 jours, 588 albums

Ambiance éthérée, piano en écho, notes parcimonieuses : l’album Ambient 1: Music for Airports de Brian Eno fut parfait pour traverser les hauts conifères du parc de La Vérendry et prendre un moment de calme, la ville déjà loin derrière nous.

Brian Eno - Ambient 1 - Music for Airports

On dit qu’Eno a inventé le ambient. Ce n’est pas totalement le cas, mais disons que le style serait peu de choses sans son apport. Ambient 1… est d’ailleurs un tour de force à cet égard. Il offre de longs paysages aériens, de près d’une dizaine de minutes chacun, qui se peignent de manière douce et légère. La musique ressemble à de longs filaments de nuages, qu’on regarde passer lentement, poussés par le vent. Les thèmes des morceaux sont plutôt répétitifs, mais ils en deviennent hypnotiques. L’album est d’abord contemplatif, et serait parfait pour vos séances de méditation.

Plongez dedans avec le piano éthéré et relaxant de 1/1, le premier morceau de l’album.

La lenteur et la simplicité de se morceau me semblent époustouflants. On peut créer une ambiance si riche et si enveloppante avec pourtant si peu de choses.

Haunted Dancehall (1994) – 520 jours, 644 albums

Un petit retour vers la musique électronique était bien tentant, et j’ai succombé avec Haunted Dancehall du groupe The Sabres of Paradise et son savant mélange d’ambient et de techno.

The Sabres of Paradise - Haunted Dancehall

S’ouvrant avec des sonorités étranges, nouvelles, l’album se découvre peu à peu comme une fleur, laissant miroiter des reflets multicolores fascinants, hypnotiques, qui nous plongent dans une ambiance qui, à la fois, nous submerge et nous élève. On commence avec le lent Bubble and Slide, qui se construit avec minutie, avant de donner le relais au plus énergique et affirmé Bubble and Slide II, où l’ambient se transforme tranquillement en véritable techno. Mais toujours l’atmosphère demeure aérienne, éthérée, captivante. Suit le fascinant et complexe Duke of Earlsfield et son ambiance mystérieuse.

Ce qui ressemble à un vibraphone, ou quelque instrument du genre, au son multiplié en écho m’a donné des frissons fort appréciables. Plus loin, c’est Tow Truck qui a retenu mon attention, avec sa guitare électrique sensuelle, relayée par la basse, et son ambiance enveloppante, chaleureuse, parfaite pour une soirée lounge où il se passe un peu plus que de la discussion. Encore plus loin, c’est l’hypnotique Theme 4 auquel il faut s’attarder.

Le groupe semble avoir cette facilité à créer des ambiances, des thèmes évocateurs et hypnotiques, qui vous charment, vous bercent, avant de vous faire hocher de la tête au rythme de leurs morceaux, alors que vous vous laissez porter par l’air, par la musique. Le techno, mêlé à du ambient, fait véritablement des miracles, et des fascinants.

Sreamadelica (1991) – 598 jours, 688 albums

J’ai ensuite écouté Screamadelica du groupe Primal Scream. Il faut dire que la pochette était attrayante et intrigante.

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Le titre, aussi, avait de quoi intriguer. Tout comme le contenu de l’album, d’ailleurs. Mélange fascinant de house et de psychédélique britannique, cet album m’a jeté par terre. Je dois avouer, d’ailleurs, qu’une seule écoute était bien peu pour saisir toute l’ampleur de cette musique nouvelle, surtout lorsqu’on ne s’attend pas à ça.

Résumé cet album serait une chose ardue. On passe du house au psychédélique, en les mélangeant ou non, en ajoutant des notions de hip hop, de rap, de noise, et j’en passe. Et comme un morceau vaut bien mille mots, je vous propose plutôt d’écouter par vous-mêmes, en commençant par Slip Inside This House.

Vient ensuite l’étrange et envoûtant Don’t Fight It, Feel It, avec ses influences de hip hop, ses voix féminines et son ambiance de techno. Plus loin, on retrouve l’éthéré et introspectif Inner Flight, suit du long et travaillé Come Together, l’os de l’album, qui se construit tranquillement.

Vers la fin, il y a aussi l’excellent et complexe Higher Than the Sun (A Dub Symphony in Two Parts), qui saura vous transporter.