Destroy Rock & Roll (2004) – 206 jours, 482 albums

Mylo - Destroy Rock and Roll - 2004Que vous aimiez le house, l’électro, les atmosphères éthérées ou tout simplement la bonne musique, il vous faut Destroy Rock & Roll du groupe Mylo. On est instantanément séduit par ce sens du rythme, par ces textures infiniment détaillées et par cette ambiance qui donne envie de danser, même dans l’autobus.

Chaque morceau est une perle. Drop the Pressure et ses sons mal enregistrés rappelle les débuts de Justice avec un peu d’humour. Paris Four Hundred nous happe immédiatement avec sa construction ingénieuse, accrocheuse. Sunworshipper est rempli de rêves avec son laissez-aller relaxant. Rikki surprend: son début hachuré fait penser à un disque qui saute, mais le thème est rapidement repris pour être exploré, amplifié, avant de devenir très entraînant. Muscle Cars et Musclecar Reform Reprise sont incroyablement mélodieux et doux à l’oreille.

Un véritable plaisir à découvrir et tout aussi satisfaisant, sinon plus, à réécouter. Un incontournable du house et de l’électro, à mon humble avis.

Orbital II (1993) – 224 jours, 509 albums

Orbital - Orbital IIDes samples en loop, des rythmes complexes mais mécaniques, des textures sans cesse en mouvance: l’album Orbital II du groupe Orbital est une perle d’électro, à mi-chemin entre l’ambient et la techno.

Parfois c’est le beat lourd qui prime, parfois c’est l’ambiance éthérée et méditative. Planet of the Shapes ressemble à un paysage lunaire aux mille étoiles. Lush 3-1 est une composition complexe et hautement satisfaisante avec ses mille textures, son ton techno et ses sons qui rappellent le timbre des .midi. Remind s’amuse dans les mêmes eaux mais en plus rythmé. Pour Walk Now…, c’est vers l’expérimental qu’on tire, avec des passages à la Cyriak.

Une découverte parfaite qui mérite d’être incontournable. L’électro a ici une forme unique.

Let’s Get Killed (1997) – 280 jours, 536 albums

David Holmes - Let's Get Killed

Dans la musique électronique, c’est souvent la répétition qui fait le charme. Se distinguer, lorsque l’on fait de la techno ou du dance comme David Holmes, peut être difficile. Avec Let’s Get Killed, l’artiste réussit son pari… à demi.

Quelques morceaux retiennent l’attention: Radio 7 qui remixe le thème de James Bond, Don’t Die Just Yet qui reprend du Gainsbourg, My Mate Paul et ses rythmes accrocheurs et travaillés à point… Mais la plupart de l’album reste plat, passe inaperçu.

On se perd un peu dans les rythmes, auxquels il manque un brin de caractère pour sortir du lot. On écoute sans trop porter à attention, sans retenir. Certains morceaux y parviennent, et valent l’écoute, mais pour les autres, passez outre.

The Fat of the Land (1997) – 491 jours, 635 albums

Pour le défi, un second album du groupe Prodigy que j’avais déjà bien apprécié. Cette fois, il s’agissait de l’album The Fat of the Land.

The Prodigy - The Fat of the Land

Encore une fois, le groupe nous offre un album dense, complexe et texturé à souhait, et ce, dès Smack My Bitch Up, qui ouvre l’album. Après plusieurs albums, je me suis fait à ce son, même que j’ai commencé à grandement l’apprécier. J’aime la basse lourde, j’aime les samples en boucles, répétés jusqu’à nous hypnotiser, j’aime les textures nouvelles et travaillées au maximum, j’aime la simplicité apparente des morceaux, malgré leur complexité profonde, qui permet de se plonger dans la musique sa lever le nez. Et tout ça se trouve à chaque morceau, surtout sur Breathe, que j’ai adoré.

Après ces deux morceaux du début, je dois avouer que je suis tombé dans une sorte de transe, écoutant l’album de manière à demi consciente, transe de laquelle je ne suis sorti qu’avec le morceau Narayan qui a retenu mon attention par construction particulière. Piano éthéré, puis couplet pop, suivi de passes électro géniales et grisantes…

Enfin, Fuel My Fire termine l’album avec un morceau rapide, cadencé à l’extrême, et intense par son énergie. Cela dit, le groupe ne perd jamais le contrôle, toujours avec son rythme constant comme un métronome, et permettant ainsi de détailler au maximum la clôture d’une aussi belle oeuvre.

Exit Planet Dust (1995) – 520 jours, 644 albums

Mélange éclectique de tous les genres tirés de l’électro, l’audacieux Exit Planet Dust du groupe The Chemical Brothers a su retenir mon attention.

The Chemical Brothers - Exit Planet Dust

À la base : du big beat. Mais derrière, un savant mélange de techno, de house, de trip-hop, d’influences du hip hop… Il faudra plus d’une écoute pour pouvoir déchiffrer tous les détails contenus dans cet album. Mais il est attrayant dès la première, et dès le premier morceau, Leave Home. Suivi par l’encore plus accrocheur In Dust We Trust, l’album vous tient ensuite jusqu’à la fin.

L’énergie électrisante de cet album est tout simplement saisissante. Je crois que ces thèmes, ces beats répétés et travaillés commencent de plus en plus à me séduire, à me fasciner. Un peu plus loin, il y a le répétitif et hypnotique Three Little Birdies Down Beats. Encore plus loin, il y a le calme et relaxant One Too Many Mornings. Enfin, il y a Life Is Sweet, qui a retenu mon attention avec ses inspirations de rock et son ambiance déjantée.

Pour le reste, à vous de le découvrir. Mais il s’agit certainement d’un album qui pourrait alimenter plus d’une de vos soirées.

Haunted Dancehall (1994) – 520 jours, 644 albums

Un petit retour vers la musique électronique était bien tentant, et j’ai succombé avec Haunted Dancehall du groupe The Sabres of Paradise et son savant mélange d’ambient et de techno.

The Sabres of Paradise - Haunted Dancehall

S’ouvrant avec des sonorités étranges, nouvelles, l’album se découvre peu à peu comme une fleur, laissant miroiter des reflets multicolores fascinants, hypnotiques, qui nous plongent dans une ambiance qui, à la fois, nous submerge et nous élève. On commence avec le lent Bubble and Slide, qui se construit avec minutie, avant de donner le relais au plus énergique et affirmé Bubble and Slide II, où l’ambient se transforme tranquillement en véritable techno. Mais toujours l’atmosphère demeure aérienne, éthérée, captivante. Suit le fascinant et complexe Duke of Earlsfield et son ambiance mystérieuse.

Ce qui ressemble à un vibraphone, ou quelque instrument du genre, au son multiplié en écho m’a donné des frissons fort appréciables. Plus loin, c’est Tow Truck qui a retenu mon attention, avec sa guitare électrique sensuelle, relayée par la basse, et son ambiance enveloppante, chaleureuse, parfaite pour une soirée lounge où il se passe un peu plus que de la discussion. Encore plus loin, c’est l’hypnotique Theme 4 auquel il faut s’attarder.

Le groupe semble avoir cette facilité à créer des ambiances, des thèmes évocateurs et hypnotiques, qui vous charment, vous bercent, avant de vous faire hocher de la tête au rythme de leurs morceaux, alors que vous vous laissez porter par l’air, par la musique. Le techno, mêlé à du ambient, fait véritablement des miracles, et des fascinants.

Music for the Jilted Generation (1994) – 593 jours, 679 albums

Pour demeurer dans la musique intense, j’ai écouté Music for the Jilted Generation, du groupe The Prodigy.

The Prodigy - Music for the Jilted Generation

Comme il semble exister pour tous les styles une version hardcore, le techno n’échappe pas à la règle. Offrant ainsi une ambiance de dance électrisante, mais avec une férocité nouvelle et fraîche, The Prodigy expose un style aussi texturé que faire se peut. Un rythme inlassable, une complexité électro, des thèmes hypnotiques et intéressants, tout est là pour faire une musique remarquable. Bref, j’ai été bien surpris de faire une telle découverte, et de l’apprécier autant.

Cela débute avec Break & Enter.

Il faut avouer que certains thèmes sont franchement accrocheurs ! Un peu plus loin dans l’album vient le bien prenant Full Throttle et son rythme hyperactif. One Love est aussi un bon moment sur lequel danser ne serait pas une chose bien compliquée. Enfin, la The Narcotic Suite termine avec brio l’album, surtout avec ses deux premières parties, 3 Kilos et Skylined.

Qui aurait cru que la culture dance pouvait être aussi intéressante ? Au début de ce défi, certainement pas moi.

Selected Ambient Works 85-92 (1992) – 599 jours, 690 albums

Après le house, pourquoi ne pas écouter du techno ? Je l’ai fait avec l’album Selected Ambient Works 85-92 de Aphex Twin.

Aphex Twin - Selected Ambient Works 85-92

Pour être franc, j’ai parfois l’impression de m’y perdre, dans toutes ces nuances de musique électroniques et de dance. Si j’ai bien compris, avec le techno, on prolonge le house, pour le rendre plus intellectuel, travaillé et détaillé. Tout héritage que le disco avait laissé dans le house disparaît ici. Avec cet album, on va même plus loin, avec du ambient techno et quelques notions expérimentales. Il en résulte un rythme lent, éthéré, presque liquéfié, sur lequel se dessinent de longs paysages électriques mais aussi sombres par moments. Pour se plonger dedans, écoutez donc Xtal.

On assiste ensuite à une multitude d’ambiances vairées, allant du plus sombre à des moments plus urbains et décontractés, mais toujours avec ce rythme limpide et mouvant, malgré sa profondeur amenée par sa production électronique. Pulsewidth apporte quelque chose d’urbain, alors que Ageispolis semble nous plonge dans un donjon blanc et lumineux, dans un abysse parfaitement clair.

Green Calx, par contre, commence de manière un peu plus brute, et se poursuit avec des sonorités plus aiguës et, peut-être pour l’auditeur moins averti, plus agressives. Le tout, rassurez-vous, demeure tout de même très harmonieux et appréciable. Schottey 7th Path fait plutôt entendre un écho étrange et spatial, cette fois avec une mélodie plus hypnotique et enveloppante. Enfin, Ptolemy semble être davantage orienté vers la pop et la dance, avec un rythme un brin plus rapide et soutenu.

Ce n’est donc pas la variété qui manque sur cet album, et Aphex Twin sait bien explorer les possibilités de ce style nouveau et intrigant. Certes, il s’agit de sélections prises sur 7 ans, mais il reste qu’une maturité étonnante se dégage de cette oeuvre.