Seventh Tree (2008) – 304 jours, 558 albums

Goldfrapp refait le coup: avec Seventh Tree, c’est une ambiance douce, éthérée et rafraîchissante qui nous habite. Après Felt Mountain, il affirme et définit un peu plus ce mélange unique et personnel de trip-hop et de chamber pop.

Goldfrapp - Seventh Tree

Le folk doux et badin de Clowns se transforme rapidement en une ambiance riche et mystérieuse. Immédiatement, on est saisi d’un léger frisson: une clairière sonore s’ouvre devant nous, où paissent les instruments presque immatériels qui construisent le paysage.

Happiness porte ce voyage un peu plus loin, avec une balade accrocheuse et insistante. Elle rappelle les mélodies innocentes de sixties, avec sa légèreté. Mais un mince voile lumineux recouvre tout de même la scène, amenant une dimension plus pleine et envoûtante au morceau.

Cet album est aussi saisissant que l’autre que j’ai écouté du groupe, mais pas de la même façon. Il troque l’intensité et la grandeur pour la candeur et une insoutenable légèreté.

Vespertine (2001) – 476 jours, 629 albums

J’ai poursuivi ce défi avec Vespertine de Björk.

Bjork - Vespertine

J’attendais ce défi pour enfin découvrir tel qu’il se doit cette artiste unique, si appréciée d’une de mes amies. Et pourtant, voilà que j’ai déjà écouté les deux albums de Björk que contient ce défi. Je suis un peu triste que les choses se soient passées si vite, et je devrai donc investir un peu plus de temps, à l’extérieur de ce défi, pour approfondir toute l’oeuvre d’une artiste si particulière, à l’imaginaire si fascinant et envoûtant.

Encore une fois, l’album nous offre un trip-hop lent, détaillé, complexe, et enrichi d’électro expérimental comme seul Björk sait le faire. Tout l’album a cette atmosphère éthérée, hypnotique, qui fait toujours mon bonheur. Premier morceau remarquable, selon moi : It’s Not Up to You.

Il se construit tranquillement et de manière étincelante, comme une pyramide de cristal qui miroite sur la lumière de la Lune. Pagan Poetry m’a également séduit avec son ambiance mystérieuse, enveloppante, et toujours ce cristal fragile et miroitant. À ce titre, le trop court Frosti va encore plus loin. Vient ensuite Aurora qui m’a séduit par sa grandeur, son ampleur et ses grands espaces.

Pour le reste, faites comme moi, et n’ayez pas peur de découvrir cette artiste fabuleuse, une incontournable selon moi.

Felt Mountain (2000) – 489 jours, 634 albums

Je me suis aussi aventuré à découvrir le groupe de trip-hop et de chamber pop Goldfrapp, avec leur excellent album Felt Mountain.

Goldfrapp - Felt Mountain

J’en fus séduit dès le début. Les cuivres dissonants qui ouvrent le premier morceau, Lovely Head, attirent tout de suite l’attention et laissent présager un album bien particulier. Tout de suite après, on tombe dans une ambiance éthérée, sensuelle et mystérieuse, mais on sait désormais de quoi le groupe est capable. La guitare électrique en distorsion et plaintive nous le rappelle sans cesse. Paper Bag reprend la même atmosphère, mais cette fois avec une touche un brin plus délicate. Encore une fois, c’est une musique qui me charme par sa fumée, son mystère, et la contemplation qu’elle amène.

Vient ensuite Human, qui ne fut pas sans me rappeler la musique de James Bond : violons, rythme jazzy, voix féminine et sensuelle, bref tout y est, rehaussé par quelques éléments d’électro et un peu de dissonance.

L’autre morceau de l’album que je tiens à faire remarquer est l’étrange Utopia, avec son chant d’opéra et sa construction accrocheuse. Le morceau se développe peu à peu, mettant couche par-dessus couche, nous prenant peu à peu dans ses griffes, dans cette atmosphère indescriptible : électrisante, vaporeuse, grandiose… je ne sais trop !

Le reste de l’album nous plonge dans cet univers unique, passionnant. Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un groupe qui parvient à inventer un style qui lui est propre et unique en tout point, ou presque. Quoique avec ce défi, cela arrive plus souvent qu’à l’ordinaire, un groupe comme Goldfrapp est toujours rafraîchissant, et me rappelle pourquoi je consacre tant d’effort à écouter tant d’albums.

The Virgin Suicides (2000) – 490 jours, 635 albums

Je n’ai pas pu attendre bien longtemps avant d’écouter un second album du groupe Air. Leur capacité à créer des ambiances riches de trip-hop et d’ambient pop m’a tout simplement séduit. J’ai donc écouté The Virgin Suicides.

Air - The Virgin Suicides

Comme vous vous en doutez, il s’agit de la trame sonore du film de Sofia Coppola. Et comme dans le film, l’ambiance est lourde, glauque, et quelque peu éthérée. Il aurait été difficile de choisir un meilleur groupe pour nous plonger dans l’esprit tourmenté de ces jeunes filles, et dans l’ambiance de cette tragédie. L’album s’ouvre sur Playground Love, qui débute avec un son qui rappelle celui d’une horloge, comme si, déjà, le temps était compté.

On sent aussi l’ombre qui se dégage du saxophone lyrique, et la voix basse, presque étouffée, qui semble nous susurrer cette histoire à l’oreille.

Ensuite, beaucoup des morceaux sont avant tout des morceaux d’ambiance, se rapprochant ainsi davantage du ambient pop. Cemetary Party est l’un d’eux, avec son air sombre, ses chants à peine prononcés d’opéra, et son ton à la fois solennel et tragique, mais sans devenir lyrique. Un peu plus loin, il y a également Dirty Trip et son atmosphère mystérieuse à souhait. Mais je dois dire que c’est davantage Highschool Lover qui a retenu mon attention.

Sinon, l’album était fort appréciable, comme le film, mais n’égalait certes pas la virtuosité de Moon Safari. Mais je crois, de toute manière, que ce n’était pas ici l’objectif. C’était plutôt de nous plonger dans cette histoire, dans cette ambiance, et de nous la faire vivre de manière à la fois intense et délicate. Et pour ça, Air a rempli son contrat.

You’ve Come a Long Way, Baby (1998) – 491 jours, 635 albums

Pour rester dans le même style, j’ai décidé d’écouter un second album de Fatboy Slim, soit You’ve Come a Long Way, Baby.

Fatboy Slim - You've Come a Long Way, Baby

Tout d’abord, c’est le morceau d’ouverture qui, inévitablement, retiendra votre attention. Il est incontournable, saisissant, accrocheur, passionnant. Voici Right Here, Right Now, qui, je crois bien, est mon morceau favori du groupe.

Vient ensuite The Rockafeller Skank, que j’ai également trouvé captivant, avec son rythme effréné. Praise You est également un morceau a écouté, même si je le connaissais déjà grâce à DDR.

Enfin vient Acid 8000 qui tombe davantage dans l’électro à proprement parler, et qui rappelle sans contredit le techno.

J’ai apprécié l’album, mais je dois également dire que je suis déçu du groupe. J’en avais beaucoup entendu parler et donc, par conséquent, je m’en étais fait une idée. Mais je trouve beaucoup de leur morceau un peu vite et sans intérêt : ils ne parviennent pas à m’accrocher. Je trouve que les morceaux manquent de textures, de détails, bref de personnalité. Cela n’empêche pas certains d’être bons, voire excellents. Mais après autant d’albums écoutés, il semble que ce sera plus difficile de me souvenir de cet album en particulier, surtout si je le compare à un album de Prodigy…

Darkdancer (1999) – 492 jours, 635 albums

Retour vers le big beat et le trip-hop avec l’album Darkdancer, du groupe Les Rythmes Digitales.

Les Rythmes Digitales - Darkdancer

Le terme de big beat laisse parfois croire à un album un peu vide et trop commercial, mais ici, une belle complexité accompagne la basse répétitive et dance des morceaux. Premier exemple : (Hey You) What’s That Sound?.

Voix remixée, synthétiseurs pour électriser le tout et rehausser les autres sonorités électro : tout y est pour que ce morceau reste dans vos oreilles ou anime vos soirées dansantes. D’ailleurs, certaines d’entre elles ne sont pas sans rappeler le new wave, surtout sur le morceau Take a Little Time.

Il y a quelque chose d’à la fois rétro et nouveau dans ce morceau, en mixant les voix de divas qui ramènent au disco et les samples mis en boucle de l’électro dance.

Sinon, mentionnons aussi les morceaux Sometimes qui me rend définitivement nostalgique du synth pop, Damaged People et ses influences de kraut-rock ou de hip hop, ou les deux, et Dreamin’ qui ouvre l’album avec force, mais sans ombrager le reste de l’oeuvre.

Moon Safari (1998) – 500 jours, 642 albums

Un autre album que je connaissais déjà, mais dont c’est toujours un plaisir de réécouter : Moon Safari du groupe Air, et sa musique électronique, éthérée, enveloppante à souhait.

Air - Moon Safari

J’ai déjà passé plusieurs soirées d’été, une tasse de thé à la main et l’air frais du dehors qui coule à travers la fenêtre, à écouter cet album. Il est parfait pour accompagner une noirceur qui scintille, pour rendre une soirée réflexive ou relaxante. C’est d’ailleurs souvent ce que fait l’ambient et son dérivé le ambient pop, nous plongeant dans une atmosphère aérienne, rendue hypnotique par les sonorités électroniques. Et cela se passe tout en douceur, alors que l’album nous accueille avec le doux morceau La Femme d’Argent.

Tout de suite après, Sexy Boy a plus d’énergie, de rythme, et tombe un peu plus dans la pop, mais demeure tout de même, comme tout l’album, dans cette ambiance de lentes vagues, qui nous portent d’un morceau à l’autre, d’un moment musical à l’autre. Un autre de mes favoris : Kelly Watches the Stars, avec son rythme accrocheur et sa répétition du titre relaxante.

Le reste de l’album, je vous dirais, vous porte sans trop que vous y pensiez.