Kala (2007) – 224 jours, 509 albums

M.I.A. - KalaAvec son rythme profond et ses répétitions, le house est un canvas inspirant pour beaucoup d’artistes. Sur Kala, la chanteuse M.I.A. l’utilise pour y superposer de la musique sri lankaise: percussions, instruments, paroles. L’ambiance se transforme d’une soirée dansante et techno à un tribalisme festif.

Le résultat est surprenant, éclatant: rempli de couleurs, de textures, de nuances par milliers. Surtout que l’électro et les inspirations traditionnelles se mêlent à la perfection. Bamboo Banger a le sec du house mais l’aspect méditatif de quelque chose de plus indien. Boyz met davantage l’accent sur le sri lankais, mais les répétitions et les loops en font quelque chose de nouveau et de familier à la fois. Jimmy ressemble aux morceaux enthousiasmés du Bollywood mais avec une texture presque palpable aux sons aigus. Hussel se construit sur les percussions, mêlant des rythmes africains au hip hop.

Une fabuleuse découverte, lumineuse, riche et envoûtante. Un mélange des styles rarement réussi avec autant de maîtrise, de talent et de justesse.

Call of the Valley (1967) – 407 jours, 577 albums

Pour revenir de l’Abitibi-Témiscamingue et franchir les bois sombres du parc de La Vérendrye, l’ambiance indienne parfois rythmée et parfois méditative de Call of the Valley nous a accompagnés, mes passagers et moi, après le coucher du soleil. Cette œuvre de Shivkumar Sharma, Brijbushan Kabra et Hariprasad Chaurasia est un classique de son genre.

Shivkumar Sharma, Brijbushan Kabra et Hariprasad Chaurasia - Call of the Valley

Comme The Sounds of India, il s’agit d’un authentique album indien. Les ragas de celui-ci sont mêmes de véritables classiques, inspirés de la tradition indienne. Il s’agit d’ailleurs d’un des rares albums de musique du monde contenu dans ce défi, qui est centré davantage autour de la musique anglophone et de celle qui en découle. Call of the Valley ressemble a un petit oasis dans ce déferlement d’albums occidentaux. Il y a une fraîcheur dans ces instruments, dans cette musique exotique, détaillée à souhait, un brin éthérée, amplement méditative.

Décrire la musique indienne traditionnelle est un exercice futile si vous n’en avez jamais écouté. Et comme je n’en ai écouté que peu, l’exercice serait tout aussi vain si je m’aventurerais à détailler les particularités propres à l’album. Il est suffisant de dire que l’album, et son style, m’ont charmé. On plonge dans ces paysages étrangers avec grâce, en fermant les yeux (sauf en conduisant) et on se laisse porter par ses vagues.

Peu de temps après la fin de cet album, nous étions de retour chez nous.

The Sounds of India (1968) – 849 jours, 939 albums

Histoire de changer un peu de culture, je me suis attardé à l’album The Sounds of India de Ravi Shankar.

Il s’agit d’un album que je connaissais déjà, mais qui, de toute manière, méritait plus qu’une simple écoute. Le projet de Shankar est ambitieux, quoique dans l’air du temps : introduire les auditeurs occidentaux à la musique indienne et à ses techniques. À ce titre, il s’agit de l’inverse de ce à quoi est habitué l’auditeur. Différents groupes psychédéliques s’étaient déjà inspirés de différentes cultures du monde pour embellir leur musique, mais avec Shankar, c’est une véritable leçon qui est donnée, par un Indien qui plus est. Au lieu d’apprivoiser la culture étrangère, c’est l’étranger qui apprivoise l’auditeur occidental.

L’album s’ouvre avec une leçon par Shankar lui-même, qui explique en gros de quoi est composée la musique indienne, et comment elle est formée. Ensuite, il enchaîne avec différents ragas, où, après avoir exposé rapidement la gamme et le rythme employés, il fait une improvisation d’une dizaine de minutes, histoire de pleinement présenter le raga à l’auditeur.

L’album n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus excitant, mais il s’agit définitivement d’un incontournable pour s’introduire à la musique indienne et à ses formes. Ensuite, si le genre vous plaît ou vous rend curieux, rien ne vous empêche d’en explorer davantage. Et là encore, Ravi Shankar vous sera bien utile. En attendant, pour vous convaincre, vous retrouverez l’album complet ici :

Bonne découverte !