Brilliant Corners (1957) – 467 jours, 622 albums

Changement de ton et un autre album de jazz pour moi : j’ai écouté Brilliant Corners de Thelonious Monk.

Thelonious Monk - Brilliant Corners

Ah ! Tant de souvenirs ! Je m’ennuyais bien de ce piano anguleux, de ces morceaux mouvementés et jazzy, de cette texture en aspérités. Car tout cela qu’offre Thelonious Monk, l’un de mes artistes favoris du bop. Je n’aime pas tant le bop, mais j’adore Monk. Et pour cette seule raison : l’angle. On a l’impression que ses morceaux sont des formes géométriques complexes, mais aux angles nombreux, aigus, ce qui rend sa musique fraîche, nouvelle et toujours changeante. Monk sait être original, surprendre, et pourtant avec si peu. Lors de mon défi jazz, j’ai écouté un bon nombre de ses albums, dont celui-ci que j’apprécie tout particulièrement : il s’agit d’un classique. Et le classique de l’album, c’est Pannonica.

Allez à 20:50, ou alors écoutez l’album en entier. Brillant Corners, qui ouvre l’album, est d’ailleurs fort appréciable également. Mais c’est le vibraphone de Pannonica qui me séduit à tout coup. Ça, et la trompette discordante, qui donne un frisson et tout le charme au morceau. Avec cette simple note étrange, on sait que Monk va plus loin, repousse les limites, ose. Et avec ce pic, il retient mon attention, et fait en sorte que je l’écoute lui, au contraire de tant d’artistes de la même époque, à la virtuosité grandiose, mais qui jouent avec si peu de coeur.

Bref, ce n’est pas forcément le meilleur endroit pour débuter dans le jazz, mais dès que vous vous serez fait au son, au bop et aux classiques, ne manquez pas cet album : c’est un incontournable, et un inoubliable.