Birth of the Cool (1957) – 469 jours, 626 albums

A suivi un autre album de jazz, cette fois de cool jazz, soit Birth of the Cool du légendaire Miles Davis.

Miles Davis - Birth of the Cool

Miles Davis est littéralement une légende du jazz. Il a créé ou participé à la création de bon nombre de styles de jazz, et il a aidé à les définir et à ainsi pousser le jazz plus loin. Le cool est l’un de ces styles auxquels il a donné naissance et forme. Le cool, c’est comme le bop, mais en plus détendu, en plus senti et profond. En plus cool, bref. C’est un peu le pont entre la virtuosité sans âme du bop et le retour au soul et au blues du hard bop : c’est un style transitoire, mais qui a son propre charme et ses propres adeptes. J’en suis à demi, mais cet album me séduit à chaque fois, et ne me déçoit que par sa longueur trop courte. Mais 40 minutes à peine, et un nouveau genre est né : c’est ça le génie de Davis.

Encore une fois, l’album s’écoute d’un seul coup, en se perdant dans son ambiance et dans ses propres pensées. Définir des morceaux particuliers est donc, encore une fois, ardu. Jeru serait par contre un bon moment à vivre.

Mais sinon, il faudrait vraiment écouter l’album lui-même pour se plonger dans le style. Et pour débuter dans le jazz en général, ça peut également être un bon point de départ.

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Time Out (1959) – 890 jours, 966 albums

Histoire de passer un autre album des années 50, et de voir ce qu’il se faisait dans d’autres styles de musique à la même époque que Ramblin’ Jack Elliott, je me suis arrêté à un classique du jazz et de la musique populaire : Time Out, du grand Dave Brubeck.

Disons que le raffinement n’est pas le même. Là, il est complètement absent. Ici, il est à son apogée. Chaque note, chaque temps semble avoir été choisi avec minutie et talent. Avec Brubeck, le jazz redevient tout à coup accessible et appréciable, même aux néophytes. Et pourtant, ce n’est pas parce qu’il demeure conservateur. Au contraire ! Les variations de tempos sont le corps même de l’album et des morceaux. Le tempo rapide puis langoureux de Blue Rondo à la Turk vous en donnera une idée parfaite : http://www.youtube.com/watch?v=kc34Uj8wlmE . D’abord, le rythme est imposant, saccadé, empressé. Puis, vers la deuxième minute, déjà, on sent le rythme fléchir, par petits moments, de plus en plus longs, où la basse et le saxophone en profitent pour s’exprimer avec langueur.

Chacun des morceaux est construit de manière semblable, apportant un dynamisme encore inconnu à cette musique rafraîchissante. Mais le meilleur joyau de cet album, c’est indéniablement Take Fivehttp://www.youtube.com/watch?v=nzpnWuk3RjU . S’il est un morceau de jazz que tous connaissent, c’est bien celui-ci ! Il est l’expression même du raffinement, de la classe, de la beauté. Les accords du piano sont à peine effleurés, le saxophone s’exprime doucement, comme s’il voguait sur une mer onduleuse, la batterie accompagne discrètement, puis vole la vedette l’espace de quelques instants, mais sans pour autant intensifier l’ambiance. C’est vrai, ce morceau ne comporte pas de changement de tempo. Mais Take Five n’en a pas besoin.

Bref, j’ai été bien content de réécouter cet album que j’avais découvert lors de mon défi jazz. Je me rends aussi compte à quel point, non seulement le jazz est avancé en style par rapport à d’autres genres musicaux, mais aussi à quel point il l’est dans le temps ! Tout cela se produit alors que le rock & roll ne fait que naître, et alors que la folk est encore une musique traditionnelle cantonnée aux campagnes et à la tradition. À la fin des années 50, dans les soirées mondaines, c’est du jazz qu’on joue. Et on a raison. Pour le moment…