Getz/Gilberto (1963) – 226 jours, 514 albums

Stan Getz and Joao Gilberto - Getz GilbertoLa bossa nova rappelle les plages de sable chaud, la mer ondoyante, les vents doux et l’air salin. Mais sans Stan Getz et João Gilberto, peut-être ce style ne serait jamais parvenu à vos oreilles. Ce sont des albums comme Getz/Gilberto que ces petits rythmes latins, ces percussions discrètes et cette guitare légère comme tout sont devenus populaires.

Sans l’inoubliable douceur de The Girl from Ipanema aussi, la bossa nova serait bien peu de choses. Ce classique a une délicatesse tout simplement divine, et la voix d’Astrud Gilberto (la femme de João) a la douceur du miel. Lorsqu’elle entonne Corcovado (Quiet Nights of Quiet Stars), c’est d’une beauté simple et complète, unique, qui fait croire en la beauté. Le plus langoureux O Grande Amor reste aussi dans l’oreille et le cœur.

Un incontournable qu’il faut connaître, et qui sera parfait pour vos balades en voiture d’été, vos après-midi à la plage, vos matinées à prendre le thé dans le jardin, ou même pour ensoleiller, comme aujourd’hui, vos jours de printemps pluvieux et autrement gris.

The World Is a Ghetto (1972) – 281 jours, 539 albums

Avec un nom de groupe comme War, on est loin de s’imaginer le mélange de R&B, de rock, de soul et d’inspirations latines qu’on retrouve sur l’album The World Is a Ghetto.

War - The World Is a Ghetto

On ne sait trop si c’est le rock qui donne du mordant au R&B ou si c’est le R&B qui rend le rock funky. Le soul n’est pas si profond non plus: il apporte simplement du relief. Des effluves latines viennent colliger le tout et se perdent dans les détails. De ces inspirations hétéroclites ressort pourtant une musique unie, homogène dans sa diversité.

Mais les doses varient d’un morceau à l’autre. The Cisco Kid donne dans le rythme, alors que Four Cornered Room donne dans le blues et que The World Is a Ghetto donne toute la place au soul. Après tout, le mouvement est propre tant au rock, au R&B qu’aux latins.

Dance Mania, Vol. 1 (1958) – 444 jours, 594 albums

Un peu de mambo pour se donner de l’énergie et débuter une belle journée ensoleillée (ou pour ensoleiller une journée grise) : c’est avec cette idée en tête que j’ai écouté le maître incontesté du mambo Tito Puente et son album Dance Mania, Vol. 1.

Tito Puente - Dance Mania, Vol. 1

Cette musique latine, cubaine, semble être forgée à même le feu, tellement elle est chaude et endiablée. Le rythme est difficile à ignorer, surtout pour vos hanches qui voudront bouger un peu. Et ce, dès l’ouverture de l’album, avec El Cayuco.

On se croirait expédier en quelque pays chaud, où les palmiers et les vagues dansent lentement au rythme de la musique, des percussions et des cuivres. Et après ce morceau, on se laisse transporter par cette ambiance hautement festive, sensuelle et à l’énergie déchaînée. L’esprit semble prendre des vacances, pendant que l’album joue dans votre voiture, et un large sourire s’installe sur vos lèvres.

Mais juste pour vous, je vais vous donner quelques autres bons moments. 3-D MamboHong Kong Mambo et Varsity Drag sont 3 morceaux qui ne sauraient vous déplaire.

Pour le reste, à vous d’entrée dans ce carnaval coloré et ensoleillé.

Street Signs (2004) – 445 jours, 594 albums

Un mélange de salsa, de hip hop, d’influences arabes et latines : voilà comment je décrirais la musique ensoleillée et colorée de Ozomatli et de leur album Street Signs.

Ozomatli - Street Signs

Un mélange bien festif, en effet. Et ça commence dès le complexe et entraînant Believe, où on se croirait dans une fête de tous les pays du monde, ou du moins de tous ceux qui sont chauds. Dans certains passages, on dirait un marché du Moyen-Orient, dans d’autres, on se retrouve au Carnaval coloré de Rio de Janeiro. Quelques moments me rappellent même le Bollywood et ses scènes époustouflantes. Le tout, bien sûr, avec un esthétisme tiré du hip hop et parfaitement adapté à la situation.

Un peu plus loin, (Who discovered) America? est plus calme, plus latin, plus langoureux aussi, alors que Saturday Night nous ramène dans une soirée chaude et rouge, avec l’accent mis sur le rap.

Déjame Paz a quant à lui une énergie déchaînée, au tempo rapide et enflammé. Dona Isabelle est une courte interlude au piano, juste avant Nadie Te Tira, qui retrouve une festivité renouvelée, intarissable, peu avant la fin de l’album.

Les multiples facettes et influences de l’album ont donc ensoleiller ma journée et mon écoute. J’espère qu’elles sauront faire de même avec vous.

La Revancha del Tango (2001) – 479 jours, 630 albums

J’ai ensuite décidé d’écouter un peu de neo-tango avec l’album La Revancha del Tango du groupe Gotan Project.

Gotan Project - La Revancha del Tango

Vous savez quand je vous dis que tel album ou tel groupe serait parfait pour l’une de vos soirées entre amis ? Eh bien, c’est comme ça que j’ai découvert ce groupe : dans une soirée où se mêlait vin, bonne bouffe, longue discussion, et une certaine musique languissante dans le fond de la pièce. Après m’être renseigné, j’ai découvert ce groupe, qui ressuscite le tango, et le mêle à des éléments de house, comme la lourde basse, pour mettre au goût du jour ce style si appréciable.

L’album est donc fait de ces petits moments langoureux, qui serait parfait pour une danse entre amoureux, mais qui semble être d’abord faite pour un souper romantique et tamisé, ou pour une soirée entre amis où les vapeurs d’alcool participent à l’ambiance. Je nommerai bien sûr quelques morceaux, comme toujours, mais l’essentiel est ceci : mettez l’album sur play, et ne vous en préoccupez plus avant qu’il ne soit terminé.

Queremos Paz ouvre l’album avec un air langoureux, presque classique, mais bâti sur les fondations du house. Il est parfait pour débuter la soirée, ou votre découverte du style.

Il y a aussi Chunga’s Revenge et son ambiance mystérieuse, qui saura vous séduire à coup sûr. Suit Triptico et son rythme plus rapide, qui donne davantage envie de se lever et de faire bouger son corps. Enfin, Vuelvo Al Sur est l’exemple parfait de la tentation, du désir, de l’attraction. ÇA, c’est du tango !

Pour le reste, à vous d’écouter et de découvrir les merveilles que peut faire cet album dans une soirée.

Abraxas (1970) – 799 jours, 885 albums

J’ai aussi écouté Abraxas de Santana.

Ceci n’est pas, à proprement parler, la couverture de l’album. En fait, il s’agit de la fresque qui forme la couverture et une partie de l’endos de la pochette (la couverture s’arrête à la gauche de l’aile bleue de l’ange rouge, la ligne se continuant en tranchant son pied.), le reste de l’endos ayant, à gauche de la fresque, la liste des morceaux de l’album. Comme je vous l’avais annoncé, vous verrez à gauche un visage familier, étrangement semblable à celui qu’on retrouve à l’endos de la pochette de Bitches Brew. En écoutant l’album, je comprends mieux pourquoi.

L’album mêle différents styles de musique en apparence disparates, mais qui réussissent ici à s’assembler de manière remarquable. Il y a d’importantes influences latines, des notions de blues qui mènent au blues-rock, des improvisations dignes des meilleurs albums de jazz, le tout soutenu par un rock dur et certain, qui se rapproche dangereusement du hard rock. Comme premier exemple, Incident at Neshabur.

Ce morceau offre presque une orgie de sons et d’influences. Le piano rappelle définitivement le jazz, alors que les percussions sont ici l’apanage des origines latines, et que la guitare électrique, la basse et la batterie sont typiques d’un rock qui bouge beaucoup. Le tout est assemblé dans une improvisation où chaque élément a sa place, où aucune note n’est en trop.

Second morceau que je souhaite vous faire écouter : Black Magic Woman/Gypsy Queen.

Il s’agit d’un indéniable classique, que tous ont au moins entendu une fois dans leur vie, plusieurs fois même pour les plus chanceux ! Il est languissant, sensuel, passionné. Que dire de plus ? Le reste de l’album est construit de la même manière, avec cette même force à la fois primitive et raffinée. Malgré la quantité extraordinaire d’énergie qui s’y trouve, le contrôle est ici maître. Mais ce n’est que pour mieux présenter cette musique incroyable.

Caetano Veloso (1968) – 825 jours, 913 albums

L’album suivant fut Caetano Veloso, un second album tiré de la tropicalia, style de musique brésilien aux influences psychédéliques.

Je m’attendais à quelque chose de semblable aux Os Mutantes, et je fus donc à demi-servi. Sous une ambiance peut-être moins rock et moins électrique, on a pourtant une expression assez éclectique d’influences latines, classiques, et psychédéliques. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à écouter le candide Tropicália, qui ouvre l’album.

Déjà, le début du morceau est plutôt déstabilisant, puis suit un changement constant de rythmes et d’ambiances, qui se répètent, comme une ronde. Mais mis à part ce morceau, j’ai trouvé que l’album manquait peut-être d’énergie, pour se distinguer, au contraire des Os Mutantes. Le tout est très agréable à écouter, mais entre aussi sans trop de heurts ou d’attention de votre part dans vos oreilles. J’aurais aimé que certains morceaux retiennent davantage mon attention.

Cela dit, certains morceaux sont très beaux, et je regrette un peu de ne pas pouvoir déchiffrer la poésie des paroles portugaises. L’un de ces exemples est l’enchanteur Alegria, Alegria. Mais pour le reste, je ne raffole pas énormément de ce genre de musique, et il me manquait peut-être là un petit coup de pouce…