Californication (1999) – 490 jours, 635 albums

J’ai ensuite changé d’ambiance avec un album des Red Hot Chili Peppers : le funk-metal et rap-rock de Californication.

Red Hot Chili Peppers - Californication

Il s’agit de loin de mon album favori du groupe. Peut-être pas dans son ensemble, mais certainement pour tous les morceaux forts et accrocheurs qui s’y trouvent. Et il y en a beaucoup ! Et donc, ça compte pour beaucoup. Et sur tout l’album, on a ce mélange judicieux, que je trouvais au départ étrange mais que j’ai appris à pleinement apprécier, de métal, de hard rock et de rap, qui a tout pour retenir mon attention. En fait, je dis de rap, mais j’ai l’impression que ce sont les restants de reggae, de ska et de punk qui, à cause de la contemporanéité des styles, s’apparente désormais davantage au rap.

L’album s’ouvre avec force, présentant trois morceaux que j’ai trouvés particulièrement puissants et accrocheurs dès l’ouverture de l’album, soit le tourmenté et calme Parallel Universe, le plus rap et contrôlé Scar Tissue, et l’excellent Otherside.

Avec sa construction lente, son développement détaillé et travaillé, le morceau nous amène peu à peu dans son univers, avant que le rythme ne débute et que les instruments ne prennent de la force et de l’assurance. Puis vient l’inoubliable Californication, que j’ai tant entendu à la radio, et qui est construit sur le même concept, mais qui semble atteindre même un niveau de plus. Bref, je l’adore.

L’album compte ensuite bien d’autres morceaux savoureux, dont EasilySaviorPorcelainRight on Time… Certes, on ne se fait pas à cette musique sans un peu d’effort, sans un peu de travail et d’ouverture d’esprit, car je la trouve particulière, nouvelle, défiante par moments, et une fois qu’on a percé la carapace, elle se découvre et en vaut franchement la peine.

Blood Sugar Sex Magik (1991) – 606 jours, 703 albums

J’ai poursuivi avec un album assez particulier, mais que vous n’êtes peut-être pas sans connaître. Il s’agit de Blood Sugar Sex Magik du groupe Red Hot Chili Peppers.

Red Hot Chili Peppers - Blood Sugar Sex Magik

J’ai encore de la difficulté à pleinement comprendre et saisir ce mélange étrange et hétéroclite des styles. Punk, reggae, funk, métal… Il y a certains de ces styles que je maîtrise encore mal. Donc, de les mêler avec une telle fougue brouille certainement ma compréhension de ce qui se passe. On a, certes, le rythme engageant du reggae et du funk, l’ambiance festive des deux, mais également les guitares électriques plus rudes du punk et du métal. La texture musicale du tout me semble donc des plus étranges. Et même la voix du chanteur semble être un judicieux mélange de toutes ces influences. Ainsi, malgré la longueur de l’album, peu de morceaux m’ont pleinement satisfaits. Il y en a tout de même quelques uns, dont Suck My Kiss.

Il est sans compromis, avec ses lignes de guitare dures et précises, sa batterie puissante et sa voix saccadée qui rappelle le rap et le hip hop. Avec Give It Away, c’est pas mal la même ambiance. Mais avec d’autres morceaux, l’atmosphère semble plus calme, plus linéaire et posée. Under the Bidge en est un bon exemple, et fait partie des morceaux qui, voilà longtemps, m’ont fait découvrir et apprécier le groupe.

Avec Breaking the Girl, c’est la même chose, mais en encore plus doux et relaxant, car cette fois accompagné de guitares acoustiques, rappelant ainsi les grands moments du folk.

Bref, j’ai apprécié l’album, mais sans trop. Ce style est encore trop mystérieux et complexe pour moi. Mais je me réjouis en sachant que, plus tard dans ce défi, arrivent quelques autres albums du groupe, que je sais meilleurs. Et, d’ici là, je prendrai le temps de me faire l’oreille.

The Real Thing (1989) – 619 jours, 722 albums

Mais après une petite déception, j’ai fait, en échange, une belle découverte. Il s’agit du mélange audacieux de heavy metal, de funk et de hard rock contenu sur l’album The Real Thing, du groupe Faith No More.

Faith No More - The Real Thing

Comme donner un vent de fraîcheur à un style déjà largement exploré ? Ajoutez-y du funk ! Ainsi, un heavy metal/hard rock qui probablement, ici, serait passé autrement inaperçu devient tout à coup électrifiant, pénétrant aux os, et intriguant tout à la fois. Aussi, ne nous le cachons pas : la musique devient franchement accrocheuse. From out of Nowhere!!!!, dès le début de l’album, prouve mon point.

Certes, le funk n’est ici pas très apparent, mais l’esprit d’innovation, lui, l’est déjà, et il se perpétuera tout au long de l’album. En attendant, ce morceau nous offre de grands passages épiques et aériens, sur un fond musical solide et aux effluves pop. Mais dès le morceau suivant, Epic, qui porte d’ailleurs bien son nom, le funk est bien présent, et donne une dimension nouvelle aux possibilités qu’apportent ces styles agencés ensemble. Avec Zombie Eaters, c’est un morceau qui rappelle un mélange étrange entre Iron Maiden et du hip hop. Et, étonnement, le résultat est assez bien réussi ! Puis avec The Real Thing, le résultat est encore mieux.

Là, le morceau est travaillé et détaillé à souhait, sur plus de 8 minutes. Et les envolées vocales sont un judicieux mélange entre le ton vindicatif du hip hop et le chant épique du heavy metal, rappelant même celui plus cru et brut du death metal par moments. De manière remarquable, Faith No More arrive à faire de la douceur avec de la rudesse.

Tout de suite après, on assiste à un pop Underwater Love, puis à un très complexe et recherché Woodpecker from Mars. Encore une fois, la polyvalence de ces groupes de métal m’impressionne, et je leur dois une grande admiration. En ajoutant des violons, la symphonie musicale devient pleine, et complète le cercle. Et pour terminer l’album, on nous offre Edge of the World, où, cette fois, on mêle le funk/hip hop avec une ambiance jazzy. Tout pour bien finir la soirée.

Truth and Soul (1988) – 633 jours, 742 albums

Avec le temps qui passe apparaissent de nouveaux styles musicaux. Cette fois, j’ai découvert le funk metal et le ska-punk avec le groupe Fishbone et leur album Truth and Soul.

Fishbone - Truth and Soul

On dirait que ce son si particulier, si unique, apparaît tout d’un coup, sans trop de préavis, et offrant pourtant un son mature, complexe et travaillé. On prend la force du métal, mais pour le canaliser vers la funk, alors que de l’autre côté, on prend des éléments du reggae, on les accélère, on ajoute des cuivres, mais on conserve l’ambiance chaude et festive. En fait, elle devient plus festive, car on lui ajoute une énergie nouvelle et funky. Tout cela vous frappe dès le second morceau, soit Ma and Pa.

Mais juste avant, pour vous introduire à l’album, il y a Freddie’s Dead, qui débute avec une force de métal bien assumée, et qui ne laisse pas de place à la confusion. Plus loin, c’est Pouring Rain qui surprend, affichant un rythme lent et langoureux qui rappelle plutôt le R&B, alors que Bonin’ in the Boneyard nous présente un étrange mélange qui rappelle plusieurs influences, dont le art rock, le punk, le métal, et j’en passe.

Plus loin dans le morceau, il y a même de nets influences venues du hip hop et du rap. Pour aller encore plus loin, Subliminal Fascism est un grand mélange hétéroclite et psychédélique de musiques et d’influences. Bref, la musique de Fishbone n’est à l’abri de rien, offrant de tout, mais avec une cohésion remarquable. Dommage qu’un seul album du groupe soit offert ici…