Make Yourself (1999) – 279 jours, 536 albums

Incubus - Make YourselfSi vous ajoutez du hip hop et un peu de grunge à du métal, ça donne Make Yourself du groupe Incubus: une petite perle de nü metal.

Les voix franches et dénudées du hip hop sont parfaites pour les mélodies du métal. Le grunge semble venir simplifier un peu plus la musique, en y injectant du caractère (comme s’il en manquait!). Il en résulte des morceaux puissants, mais lisses et doux à l’oreille. Les aspérités du hip hop, du grunge ou de l’héritage punk sont aplanies par une musicalité renversante.

Malgré sa force, Nowhere Fast s’écoute sans effort, passant des moments délicats aux plus intenses. Consequence est construit sur le même gabarit, pour un effet aussi accrocheur, tout comme le morceau éponyme. When It Comes est plus inquisiteur, plus rap, mais aussi plus harmonique, plus accompli. Enfin, Drive mêle une guitare acoustique à des éléments de rap, rappelant étrangement le britpop doux et badin des The Verve et Oasis qui ont précédé, mais avec une signature qui est propre au groupe.

Californication (1999) – 490 jours, 635 albums

J’ai ensuite changé d’ambiance avec un album des Red Hot Chili Peppers : le funk-metal et rap-rock de Californication.

Red Hot Chili Peppers - Californication

Il s’agit de loin de mon album favori du groupe. Peut-être pas dans son ensemble, mais certainement pour tous les morceaux forts et accrocheurs qui s’y trouvent. Et il y en a beaucoup ! Et donc, ça compte pour beaucoup. Et sur tout l’album, on a ce mélange judicieux, que je trouvais au départ étrange mais que j’ai appris à pleinement apprécier, de métal, de hard rock et de rap, qui a tout pour retenir mon attention. En fait, je dis de rap, mais j’ai l’impression que ce sont les restants de reggae, de ska et de punk qui, à cause de la contemporanéité des styles, s’apparente désormais davantage au rap.

L’album s’ouvre avec force, présentant trois morceaux que j’ai trouvés particulièrement puissants et accrocheurs dès l’ouverture de l’album, soit le tourmenté et calme Parallel Universe, le plus rap et contrôlé Scar Tissue, et l’excellent Otherside.

Avec sa construction lente, son développement détaillé et travaillé, le morceau nous amène peu à peu dans son univers, avant que le rythme ne débute et que les instruments ne prennent de la force et de l’assurance. Puis vient l’inoubliable Californication, que j’ai tant entendu à la radio, et qui est construit sur le même concept, mais qui semble atteindre même un niveau de plus. Bref, je l’adore.

L’album compte ensuite bien d’autres morceaux savoureux, dont EasilySaviorPorcelainRight on Time… Certes, on ne se fait pas à cette musique sans un peu d’effort, sans un peu de travail et d’ouverture d’esprit, car je la trouve particulière, nouvelle, défiante par moments, et une fois qu’on a percé la carapace, elle se découvre et en vaut franchement la peine.

Devil Without a Cause (1998) – 492 jours, 635 albums

Pour un album autrement exigeant, j’ai écouté Devil Without a Cause du groupe Kid Rock.

Kid Rock - Devil Without a Cause

Un autre album de rap-métal, qui associe la force narrative du rap à l’intensité instrumentale du métal. Je crois que je commence à m’y faire, à aimer se style, mais seulement lorsque l’aspect métal est aussi utilisé pour développer des fortes compositions mélodiques, comme ici. Le rap ne vient alors qu’ajouter un aspect viscéral aux paroles, et son esthétisme hip hop, qu’ajouter et rehausser à cette soupe déjà complexe qu’est le métal. Un bon exemple de cet accomplissement : I Am the Bullgod.

Mais cela dit, Bawitdaba, qui ouvre l’album, ne donne pas sa place non plus, avec son refrain accrocheur et son énergie féroce. Roving Gangster (Rollin’), quant à lui, met davantage l’accent sur l’aspect rap, pour un résultat assez surprenant, et assez satisfaisant. Mais à ce titre, ce serait Welcome 2 the Party (Ode 2 the Old School) qui remporterait le plus mon admiration et, donc, qui remporte votre attention pour cet article.

Étonnez que je vous recommande tant cet album ? Disons simplement que mes oreilles commencent à s’y faire…

Follow the Leader (1998) – 498 jours, 640 albums

J’ai ensuite écouté Follow the Leader, du groupe Korn : un album de heavy metal et de nü metal que je souhaitais découvrir depuis déjà un moment.

Korn - Follow the Leader

Depuis un bout de temps, en effet, puisqu’il s’agissait d’un groupe populaire lorsque j’étais adolescent : de ces groupes que tout le monde écoute, qu’il faut connaître et que, comme je n’écoutais pas encore de musique, je ne connaissais pas. Lorsque j’ai vu le nom du groupe dans ce défi, et cet album en particulier, j’y ai vu l’occasion d’enfin me réconcilier avec cette ignorance adolescente.

Le pire, c’est que je sais qu’à l’époque, j’aurais adoré le groupe. Le doux mélange de rap-métal et de mélodies bien construites rappelle Linkin Park, et le nü metal et la force parfois explosive de la voix me rappelle System of a Down. Aujourd’hui, c’est moins la musique que j’écoute tous les jours, disons. Mais ce fut un réel plaisir de se replonger dans cette époque, dans cette ambiance, dans cette nostalgie, et surtout avec un aussi bon album.

L’album s’ouvre avec le complexe et travaillé It’s On, proprement nommé.

Il commence en douceur, pour leurrer l’auditeur, avant de se révéler dans toute sa force, furieux et puissant, pour ensuite revenir vers une accalmie passagère, où s’exprime tous les talents de mélodiste du groupe. Ensuite, c’est Dead Bodies Everywhere qui a retenu mon attention, pas mal pour les mêmes raisons. Il y a aussi l’agressif et acéré BBK, l’étrange Seed, puis le plus rap Cameltosis.

J’ai déjà hâte de découvrir un autre album du groupe dans ce défi…

Rage Against the Machine (1992) – 599 jours, 690 albums

Changement de ton : j’ai écouté un album de rap-metal, soit Rage Against the Machine, album premier et éponyme du groupe.

Rage Against the Machine - Rage Against the Machine

J’ai déjà mentionné que j’aimais l’esthétisme du hip hop, celle derrière le rap, derrière ses paroles scandées et parfois trop crues. Avec le rap-metal, on ne conserve que ces paroles, en substituant le hip hop pour un esthétisme puissant et intense de heavy metal. Après toutes les variantes de métal que j’ai écoutées ici, je dois dire que les deux s’agencent à merveille. Dommage, par contre, que ce ne soit pas mon genre de musique. Car ce que j’aime dans le métal, c’est sa musicalité, son harmonie. En le mêlant avec le rap, on se retrouve avec une musique fragmentée, coupée au hachoir, scandée et impérieuse. Le résultat est étonnant et solide, mais est également loin de me séduire.

Cela dit, si c’est le genre de musique qui vous séduit, je vous conseille de porter une attention toute particulière à cet album. Vous ne serez pas déçus. Écoutez, par exemple, l’intense et hargneux Killing in the Name.

Il y a également le, plus inspiré du hip hop, Take the Power Back, qui m’a plu un peu plus, et aussi le plus sec et décadent Bullet in the Head. Enfin, il y a Wake Up qui mérite définitivement votre attention si vous en êtes encore à lire cette critique.

Pour le reste, je laisse l’exploration de ce groupe à votre discrétion.