Pornography (1982) – 615 jours, 718 albums

Petit retour en arrière, après que je me sois rendu compte que je n’avais pas écouté Pornography de The Cure. C’est désormais chose faite.

The Cure - Pornography

Alors que le groupe m’avait déjà époustouflé avec Seventeen Seconds, ici, il est encore plus saisissant et pénétrant. On sent une certaine maturité de plus, et comme vient ainsi une maîtrise certaine, cela permet une audace de plus, permettant au groupe d’accéder à de nouvelles idées, de nouvelles paysages musicaux, de nouvelles ambiances. Alors que l’autre album débutait par un long morceau, calme et contemplatif, celui-ci nous offre plutôt One Hundred Years.

Un son complexe et texturé, mais aussi, et surtout, tourmenté, sombre, ténébreux. Avec The Hanging Garden, c’est un son presque pop qui nous accueille. L’ambiance demeure bien ancrée dans le goth rock, mais le rythme est quand même plus insistant, plus présent surtout. On voit que le groupe veut aller plus loin. Avec The Figurehead, on sent un retour aux sources, plus expressif certes, mais allant puiser son énergie aux ténèbres les plus profondes de la psyché humaine.

Dommage que le goth rock se soit évanoui si tôt, alors qu’il contenait une intensité si particulière, et exprimée avec un drame incomparable. Une chose est certaine : suite à ce défi, je ferai quelques recherches de plus sur ce style méconnu.

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Mask (1981) – 654 jours, 778 albums

Cette fois dans le goth rock, et pour quelque chose de moins exigeant, j’ai écouté l’album Mask du groupe Bauhaus.

Bauhaus - Mask

J’adore l’ambiance sombre et mystérieuse créée par le goth rock. Et Bauhaus réussit à la recréer à la perfection, cette fois en ajoutant une touche de post-punk, donnant ainsi aux morceaux une touche plus mouvementée et accrocheuse. Hair of the Dog, par exemple, ouvre l’album avec une mélodie claire, éthérée et prenante. Tout de suite après, Passion of Lovers exprime une passion sans égal, avec un refrain saisissant d’émotion.

Plus loin, Hollow Hills est davantage construit autour d’un goth rock franc, avec son ambiance sombre, éthérée et lente, alors que Kick in the Eye 2 offre un rythme étrangement pop, qui me rappelle presque le disco.

Mais en y écoutant de plus près, on sent la voix inspirée de Bowie, et tout comme les expérimentations sonores un brin chaotiques sur le dessus du morceau.

Pour le reste, il s’agit d’un excellent album, qui me confirme une nouvelle fois mon intérêt naissant pour ce style. Et aussi, il m’a offert une pause bien appréciée entre quelques albums autrement difficiles et brutaux.

Meat Puppets II (1983) – 657 jours, 781 albums

Ayant pas mal terminé l’époque du punk proprement dite, je m’aperçois d’un phénomène un peu déroutant : la multiplication des styles. Déjà que je me découvre très peu familier de la musique de cette époque, les styles éclectiques qui la composent sont assez nombreux pour que je m’y perde par moment. Un simple exemple : j’ai écouté l’album Meat Puppets II du groupe Meat Puppets. Qu’est-ce ? Un heureux mélange de punk, de country et de rock psychédélique. Rien de moins !

Meat Puppets - Meat Puppets II

On ouvre d’abord avec un morceau typiquement punk, soit Split Myself in Two, avec une voix sèche et essoufflée, un mur de guitares électriques et une batterie simplement là pour tenir le rythme et faire du bruit. En fait, le morceau fait même penser à du métal, par sa force et sa brutalité.

Contraste immense avec Magic Toy Missing, qui suit tout de suite après, et sa mélodie de country au rythme détraqué. Deux mondes, deux morceaux. Avec Plateau, j’ai eu comme une vision de Nirvana et du grunge à venir. Mais ici, dans ce contexte, le morceau fait davantage penser au vieux rock de garage par ses sonorités, mais aussi au goth rock encore récent à mes oreilles.

Voix morne, rythme lent, ambiance glauque et dépressive : tout y est. Aurora Borealis, qui suit, participe un peu à la même ambiance, à la même idée. Mais bon, peut-être que cette tristesse n’est, en fait, qu’un emprunt aux influences country du groupe… Oh, Me fait également partie de cette petite famille de morceaux, mais avec une finale beaucoup plus viscérale, nous ramenant au punk quelques instants. Cela n’a pas été sans me rappeler Joy Division.

Je dois vous avouer que les morceaux inspirés davantage du country m’ont moins accroché, à l’exception peut-être de I’m a Mindless Idiot, qui me fait passer à un morceau d’épopée.

Cela dit, l’aspect hétéroclite des styles qui se mêlent ici apparaît pourtant sous une étonnante unité. Le « II » à la fin du titre de l’album y est sûrement pour quelque chose, mais cela demeure néanmoins un véritable tour de force d’unir toutes ces influences sous une même enseigne sans faux pas. Beaucoup d’autres auraient probablement échoué à la tâche.

Seventeen Seconds (1980) – 658 jours, 782 albums

J’ai fait une autre découverte, un autre groupe que je souhaitais explorer depuis un petit bout de temps. Il s’agit du groupe The Cure et j’ai écouté leur album Seventeen Seconds.

The Cure - Seventeen Seconds

Mélodies longues, calmes, sombres, au rythme lent : voilà ce qui m’attendait sur cet album. Une véritable relaxation de l’esprit et du corps, si l’on compare au punk et autre musique agressive que j’ai écoutée dernièrement. J’hésitais à considérer cette musique comme du ambient, mais la recherche technique n’est pas au rendez-vous. Du moins, pas de manière aussi poussée que le style le demande. On peut aussi considérer cette musique comme du new wave au ralenti, ou même du post-punk avec des éléments électroniques. En faisant quelques recherches, je suis tombé sur un nouveau style (un de plus !), soit le goth rock. Paysages musicaux sombres, thèmes et poésie mélancoliques et dramatiques, esthétisme noir et, disons-le, gothique dans le sens moderne du mot : voilà ce qu’est le goth rock.

Ainsi, cet album offre des mélodies longues en apparence, longues et contemplatives, sans trop d’action et sans jamais trop monter le ton ou les décibels. Cela dit, le groupe sait être pop et accrocheur, mais de manière calme et réservée, comme sur Play for Today, qui est presque le morceau le plus mouvementé de l’album.

Cela n’est pas sans me rappeler Joy Division… Plus loin, c’est le plus atmosphérique Three qui a retenu mon attention, juste avant le mémorable A Forest.

Vous me direz peut-être que ces morceaux sont plus mouvementés que ce que je décris de l’album. En effet, mais les morceaux plus éthérés, plus axés sur l’ambiance, sont aussi moins accrocheurs, comme A Reflection qui ouvre l’album. J’ai donc préféré vous faire écouter les moments forts, et le reste n’est que merveille transitionnelle.

Malgré ses morceaux lents, l’album m’a aussi paru trop court, et je rêve déjà d’écouter un second album du groupe.