Tom Tom Club (1981) – 111 jours, 474 albums

Tom Tom Club - Tom Tom Club (1981)Un album assez étrange qu’est le dance-pop et new wave Tom Tom Club, du groupe du même nom. Ses mélodies et ses rythmes semblent être fragmentés, hachés, de manière presque robotique. Peut-être est-ce ce mélange particulier entre la chaleur pop du new wave et la froideur mécanique du kraut rock qui cause cette ambiance étrange?

Quelques morceaux sont uniques en leur genre, en cette ambiance. Wordy Rappinghood somme tout ce que les années 80 ont d’étrange. Genius of Love y ajoute même une chaleur reggae, qui est ici presque extraterrestre. Et que dire de l’amalgame bizarre qu’est le spacial et rétro, voire bubblegum Lorelei?

Un album qui fera froncer vos sourcils, mais qui est tout autant fascinant.

Cupid and Psyche 85 (1985) – 111 jours, 474 albums

Scritti Politti - Cupid and Psyche 85 (1985)Cupid and Psyche 85 surprend par son ton badin et candide, sur fond de synth pop et de sophisti-pop. Le chant est murmurant, l’instrumentation reste dans la pop synthétique et électronique, quelques sons plus vibrants et scintillants rappellent les thèmes célestes de Cupidon et de Psyché.

Scritti Politti donne pourtant l’impression que cette ambiance toute légère et superficielle est intentionnelle, travaillée. Que sa musique est plus profonde qu’il n’y paraît.

À vous de le découvrir.

Pelican West (1982) – 132 jours, 478 albums

Haircut 100 - Pelican West (1982)Le post-punk et le new wave regorge de groupes pop qui ont chacun leur charme. Haircut 100 (ou Haricut One Hundred) en fait partie. Des morceaux catchy et épurés, quelques cuivres et une guitare acoustique qui répète, sans fin, le même riff sur lequel tout le morceau est bâti: voilà Pelican West en quelques mots.

Si on aime les années 80, on peut écouter de sa musique des semaines durant. Ce qui démarque Haircut 100, ce n’est pas tant ses quelques hits qui restent dans les oreilles, comme Favourite Shirts (Boys Meet Girls), mais plutôt son éclectisme. Un peu de piano par-ci, quelques saxophones et trompettes par-là, et quelques bongos pour le rythme.

Ainsi, des morceaux comme Milk FilmMarine Boy ou le plus rocailleux Baked Bean restent un peu dans les oreilles. Mais à moins d’être un fana des eighties, vous les oublierez rapidement.

The Cars (1978) – 219 jours, 498 albums

The Cars - The Cars - 1978Le new wave a beaucoup d’expressions différentes. Il ne s’agit pas que de synthétiseurs et de rythmes dansants. The Cars, par exemple, adopte plutôt un genre de post-punk pop, mêlé à des mélodies rondes et accrocheuses. Bref, du punk sans l’aridité. Et c’est particulièrement réussi sur l’album éponyme The Cars.

Plusieurs hits vous resteront sûrement dans les oreilles, comme l’excellent Just What I Needed ou le mémorable et plus lent Good Times Roll. D’autres morceaux plus complexes, comme le plus punk et haché I’m in Touch With Your World ou le plus électro et près de la synth pop Moving in Stereo, viennent compléter cet album.

Un bel amalgame des influences punk, post-punk et électro de l’époque, fait avec talent, et avec quelques hits pop en plus.

Kilimanjaro (1980) – 226 jours, 514 albums

The Teardrop Explodes - KilimanjaroLes albums de punk et de post-punk ne manquent pas. Se distinguer peut donc être ardu. L’album Kilimanjaro du groupe The Teardrop Explodes n’échappe pas à cette difficulté.

On sent l’aspect rude et simple du punk, et aussi l’évolution du style vers la maturité du post-punk, mais les morceaux ont de la difficulté à se démarquer et à rester dans l’oreille. Ha Ha I’m Drowning est tout de même accrocheur, mais il lui manque quelque chose pour que cela soit suffisant. Brave Boys Keep Their Promises est plus intéressant, Books est plus rock et puissant, When I Dream offre un paysage plus intriguant, mais le tout ne parvient pas à toucher l’auditeur.

On reste sur notre faim, on espère plus. L’album a peu de défauts, mais les qualités, elles-mêmes, semblent lacunaires.

The Pleasure Principle (1979) – 281 jours, 539 albums

Les heures de gloire du synthétiseur et de la synth pop étaient comptés. Après la disparition du new wave, il a perdu sa texture électrisante et déphasée. Ainsi, se plonger dans la musique de Gary Numan et de The Pleasure Principle est grisant.

Gary Numan - The Pleasure Principle

Les textures électriques, rythmées à point, légèrement éthérées de Numan créent une ambiance pop ou méditative, au choix. L’évolution du morceau se fait lentement, sans presse, mais sans s’étendre non plus. On sent un naturel derrière un travail, si on s’y attarde, plutôt complexe: il rend les choses complexes simples, il les décortique pour nous.

Metal est fait état. M.E. mêle new wave et rock. Observer est presque badin. Et Conversation se permet quelques largesses, pour le plaisir de l’auditeur. Bref, un album simple mais rempli de récompenses électrisantes.

Welcome to the Pleasuredome (1984) – 292 jours, 557 albums

Expérience épique, pleine et dansante: voilà en quelques mots Welcome to the Pleasuredome de Frankie Goes to Hollywood. On ouvre avec un semblant d’opéra sous The World Is My Oyster et on entre dans l’album avec le puissant, insistant et dramatique morceau éponyme. Le tout, avec ambiance éclectique et énergie contagieuse.

Frankie Goes to Hollywood - Welcome to the Pleasuredome

Car malgré un rythme important, hypnotique, c’est la complexité des morceaux qui retient l’attention. À travers les presque 15 minutes du morceau éponyme, on change de rythme, de mouvement, d’ambiance. On ajoute des éléments pour en enlever, on construit et déconstruit. Surtout, on tient en haleine. New wave? Dance? Pop? Disco? Qui saurait dire?

Avec Relax, on définit davantage. On prend le rythme, on l’amplifie, on le répète. On accroche l’auditeur, le danseur. Plus pop, mais toujours, cette intensité presque insoutenable et cette complexité, cette évolution et mutation des instruments.

Et l’album est lancé. On est plongé dans cet univers déjanté, électrique, assez simple et assez complexe.

She’s So Unusual (1983) – 407 jours, 577 albums

Avec des hits comme Girls Just Want to Have Fun, Cyndi Lauper est l’une des stars de la pop des années 80. Malheureusement, ce n’est pas assez. Comme beaucoup d’autres albums de ce défi, She’s So Unusual offre un bel aperçu d’une artiste populaire dont on a tant entendu parlé mais sur laquelle on n’a jamais pris le temps de s’arrêter. Ensuite, on peut passer à autre chose.

Cyndi Lauper - She's So Unusual

Lauper offre un pop/rock bien empreint du début des années 80, avec quelques effets sonores électriques et éclectiques. Mais on dirait que le reste de sa musique est absente, qu’elle se limite à ces effets, à des thèmes qui se veulent pop et accrocheurs, et que le corps, somme toute, est un peu vide. Cette musique semble manquer de substance : voilà. Parfois, il s’agit de quelque chose de souhaitable. Ici, la musique semble y perdre de son intérêt.

Cela dit, les hits, que je connaissais déjà, valent bien la peine et l’attention, même s’ils n’entrent pas dans mes préférences musicales. Si tant de radios persistent à les faire rouler en boucle, ils offrent un intérêt indéniable. Le premier, bien sûr, est le festif Girls Just Want to Have Fun.

L’autre est le romantique Time After Time.

Si vous appréciez tout particulièrement ce style musical, prenez le temps d’écouter cet album : vous n’aurez probablement pas le même avis que moi. Sinon, passez outre.

Hot Fuss (2004) – 489 jours, 634 albums

Vous avez peut-être remarqué que je n’étais si vieux. Donc en arrivant dans les années 2000, certains albums risquent de me rendre nostalgique. Comme Hot Fuss du groupe The Killers qui, inévitablement, me rappelle mes belles années de cégep.

The Killers - Hot Fuss

À l’époque, je commençais à peine à ouvrir mes horizons musicaux. La découverte de ce groupe fut donc pour moi une petite révélation. La voix puissante et viscérale, les touches d’électro qui rendent l’atmosphère à peine éthérée, les refrains bien accrocheurs, tout y était pour me séduire, et me séduire encore aujourd’hui. Il est difficile, je trouve, de demeurer indifférent au charme de Somebody Told Me.

En réécoutant cet album aujourd’hui, je crois comprendre encore mieux cette musique, et l’attraction qu’elle exerce sur moi. Surtout en sachant qu’elle est profondément inspirée du post-punk et du new wave, deux styles qui m’ont fasciné. On le sent dans la voix qui rappelle le punk, dans le synthétiseur, dans la simplicité des mélodies… Pour vous en convaincre, prenez l’un des bons morceaux de l’album.

Jenny Was a Friend of Mine ouvre avec brio l’album, offrant un morceau plus viscéral, plus émotionnel. Mr. Brightside est l’un de mes favoris, à cause de son énergie à revendre. Change Your Mind a quelque chose de profondément accrocheur, et je le trouve aussi touchant et presque badin. Enfin, Midnight Show est aussi très prenant.

Je suis bien conscient d’avoir quelques biais en réalisant ce défi. The Killers est l’un d’eux. Mais je crois que, malgré ce biais, il s’agit d’un album novateur, dans la mesure où il revisite des styles de manière fraîche et contemporaine, et permet à certains auditeurs, comme moi, de mieux apprécier les racines de cette musique par la suite. Bref, je vous le conseille chaudement, si vous ne l’avez pas encore écouté.

Violator (1990) – 607 jours, 705 albums

Pour changer complètement de style et retourner aux années 90, j’ai ensuite écouté Violator de Depeche Mode.

Depeche Mode - Violator

Après Music for the Masses, j’avais regretté de ne pas avoir pris le temps, beaucoup plus tôt, d’écouter un album de Depeche Mode dans son entier. J’avais bien butiné en écoutant quelques morceaux, par-ci, par-là, mais jamais un album dans sa totalité. Ainsi, pour cet album, je connaissais bien sûr déjà Personal Jesus et Enjoy the Silence, deux classiques, mais écouter le reste offre une perspective différente, plus grande et plus intéressante, du groupe et de sa musique. On continue avec le new wave et la synth pop mais, avec le temps qui passe, le son change également, amenant un fini différent, et quelques éléments nouveaux, qui viennent s’insérer dans les détails. Prenez Sweetest Perfection, par exemple.

Vient ensuite Personal Jesus qui, malgré ses nombreuses qualités et son attrait certain, n’est pas selon moi le morceau le plus impressionnant du morceau. Enjoy the Silence et son ambiance éthérée remporte définitivement la palme. Mais bon, vous savez bien que j’ai un certain biais pour ce genre de morceaux…

La version de l’album est légèrement différente et plus intéressante. Légèrement plus longue, quelques détails de plus, moins construite pour la dance et les clubs. Mais, toujours, le morceau demeure selon moi un indémodable classique. J’aime aussi sentir, à travers ce morceau, le rock alternatif qui assied ses bases, et la culture danse qui prend peu à peu sa place. Avec la complexité électrique et la recherche artistique de Depeche Mode, cela fait une musique au charme certain.

Avant de terminer, il y a un autre morceau qui vaut bien votre temps. Il s’agit du dernier de l’album, soit Clean.

Encore une fois, Depeche Mode sait créer des ambiances complexes et pleines, enveloppantes.