Germ Free Adolescents (1978) – 111 jours, 474 jours

X-Ray Spex - Germ Free AdolescentsLe groupe X-Ray Spex pourrait facilement passer inaperçu dans le monde du punk. Mais sur Germ Free Adolescents, quelques originalités permettent de le distinguer, comme le saxophone qu’on entend ça et là, et quelques mélodies plus structurées que la simple anarchie commandée par le style.

Il s’agit d’un album qui mérite sa place auprès des fans du punk, mais que les autres peuvent passer outre.

Quelques morceaux recommandés: Identity, le plus lent Germ Free Adolescents et le musical Warrior in Woolworths.

Public Image (1978) – 207 jours, 486 albums

Public Image Limited - Public ImageUne image publique doit être travaillée, lisse, épurée. Pourtant, la musique du groupe Public Image Ltd. est anarchique, criarde, lourde. L’album Public Image: First Issue est punk à souhait.

Quelque peu post-punk pour certaines mélodies, le tout est surtout difficile, pesant. Theme ouvre l’album avec un grand cri, puis enchaîne avec des guitares et beaucoup de distorsion. Le tout sur un rythme lent, appuyé. Religion II mise sur la répétition, toujours avec guitares et voix punks lointaines. Annalisa est plus mélodique, mais c’est encore le tapage qui ressort le plus. Fodderstompf ressemble à une expérimentation dans le kraut rock, avec son rythme sec et mécanique, voix aiguës et agaçantes en prime.

Difficile de trouver cet album très intéressant. Je comprends mieux pourquoi les morceaux punks se limitent à 1 ou 2 minutes. 5 minutes sur les 2 ou 3 mêmes accords, c’est long.

(GI) (1979) – 221 jours, 504 albums

The Germs - (GI)The Germs offre avec (GI) un album à l’image de sa pochette: simple, épuré, voire conservateur. Sauf qu’il s’agit de punk. Simple et épuré puisqu’on ne garde que l’énergie, la rage et la jeunesse. Conservateur puisqu’il s’agit d’un album sans grande surprise.

L’énergie dégagée par le bourdonnement des guitares, la voix enrouée du chanteur et le déchaînement de la batterie produit de bons moments, avec quelques mélodies qui restent dans l’oreille. Le format des courtes pistes, comme tout album punk qui se respecte, nous fait goûter les morceaux plutôt que de nous plonger dedans.

Toutefois, rien de vraiment nouveau. Il serait facile de confondre cet album avec un autre du même style. Il s’agit d’un bel effort, d’un bon album, qui aurait gagné beaucoup avec un peu d’audace.

Dookie (1994) – 224 jours, 509 albums

Green Day - DookieSur Dookie, Green Day s’inspire du post-grunge pour produire un punk-pop mordant qui reste dans les oreilles.

Il y a un peu du côté écorchant du punk, mais la rondeur des guitares et les mélodies à saveur pop font oublier tout ça. Des morceaux comme Long View, l’accrocheur et très mélodique Welcome to Paradise, le mémorable Basket Case, le hit When I Come Around et le plus mesuré mais non moins énergique F.O.D. font partie des bons moments de l’album.

Ce n’est plus le punk sec des années 80. Il est ici plus nuancé, avec une approche plus abordable et un sens important de la mélodie et de la structure hérités du grunge. Un album intéressant muni quelques hits qui en valent l’écoute.

Dig Me Out (1997) – 225 jours, 512 albums

Sleater-Kinney - Dig Me OutRage, guitares et punkettes: le punk n’est pas mort avec les années 80. Ni leur révolte d’ailleurs. Les membres du groupe féminin Sleater-Kinney s’en assurent. Avec Dig Me Out, on a l’impression d’être projeté 10-15 ans en arrière, durant les heures de gloire du style: même fougue, même énergie juvénile, même musique bruyante et vitriolée. Mais avec sa touche indie, ce groupe du mouvement riot grrrl n’a rien d’anachronique.

L’album a peu de moments faibles. Chacun est éclatant. Que ce soit le suppliant Dig Me Out, le plaintif Turn It On, l’accrocheur The Drama You’ve Been Craving, l’affirmé It’s Enough, le nuancé Little Babies ou l’excellent Not What You Want, la prestation est parfaite.

Un punk mature, féminin et sans concession.

The Scream (1978) – 284 jours, 544 albums

Siouxsie and the Banshees offre sa version originale du punk et du post-punk avec l’album The Scream. Avec des mélodies accrocheuses, mais fidèles à la simplicité et à l’énergie du punk, le groupe se taille une place de choix parmi les groupes du style.

Siouxsie and the Banshees - The Scream

Certains morceaux vaudraient aussi la renommer à eux seuls: Jigsaw Feeling et sa structure alambiquée mais accrocheuse, Overground et sa délicatesse pas si délicate, ou Carcass, morceau typiquement post-punk comme on les aime. Suburban Relapse est plus intense, complexe et exigeant. Il est aussi plus gratifiant. Switch ferme l’album avec une structure encore plus travaillé, qui sort presque de la simplicité du punk. On pourrait presque parler de art punk, si une telle chose n’était pas si contradictoire. Et avec cette simplicité complexe (ou cette complexité simple?), l’album est à la fois une écoute facile et gratifiante.

Doolittle (1989) – 407 jours, 577 albums

Le noise rock agressif et révolté des Pixies est certainement plus intense que celui de Pavement, surtout sur un album comme Doolittle. Cris, halètements, guitares électriques stridentes et sales : tout y est dans ce renouveau du punk habillé de grésillements.

Pixies - Doolittle

Certains morceaux sont toutefois fichtrement accrocheurs, comme Here Comes Your Man, qui est presque candide lorsqu’on le compare au reste de l’album.

Mais les débuts de l’album ne laissent rien présager de cette accalmie à venir. Debaser est intense, criard, voire agressif et brutal. Et je passe sur Tame

Debaser est toutefois fort appréciable et passe de manière bien remarquée.

Le reste de l’album partage davantage l’ambiance et le ton du premier morceau de l’album : force, révolte et jeunesse insouciante. Je n’arrive pas à me décider sur la valeur respective des autres morceaux de l’album : je vous laisse donc en juger par vous-mêmes. Une seule chose est sûre, c’est que ce genre de musique n’est pas accessible à tous. Par sa brutalité, elle peut en rebuter plusieurs. Par sa complexité, elle peut demander plusieurs écoutes avant d’être pleinement comprise et appréciée.

Fever to Tell (2003) – 478 jours, 630 albums

Le voyage s’est poursuivi avec un album que je souhaitais écouter depuis déjà longtemps : le garage punk du groupe Yeah Yeah Yeahs sur leur album Fever to Tell.

Yeah Yeah Yeahs - Fever to Tell

Ce n’est pas la première fois qu’on me recommandait le groupe ou l’album. J’avais entendu des extraits de morceau, mais sans plus. Déjà, cela avait éveillé ma curiosité. Et dès que j’ai mis l’album dans la voiture, j’ai été séduit. Un mélange juste assez dosé de punk, de garage rock et d’une pincée d’indie a plongé dans mes oreilles. Une instrumentation lourde, sans concession, et une voix agressive, qui vient du plus profond des tripes, nous accueillent dès le premier morceau, l’excellent Rich.

Je m’ennuyais un peu de ce Do It Yourself, de ce son sale, égratigné, de ces paroles crues, passionnée, et de cette musique à la fois simple et pénétrante, qui semble être jouée avec une flamme presque destructrice dans les yeux. Black Tongue est également agressif et abrasif, lourd et pesant, mais pour notre plus grand bonheur. Quoique, selon moi, c’est l’accrocheur et féroce Pin qui remporte la palme du meilleur morceau de l’album.

Plus loin, j’ai aussi aimé le torturé et torturant No No No, et le puissant Y Control, construit comme un véritable morceau pop, mais qui demeure avec toute la force et la pugnacité d’un morceau punk ou garage.

J’adore lorsque des groupes reprennent ou revisitent des styles oubliés, ou sur lesquels on semble être passés trop vite. À les ressusciter, on semble leur donner un second souffle, une fraîcheur incomparable et unique. Et cela prouve également toute l’importance et l’influence du punk, et qu’il s’agit bel et bien d’un style toujours en mouvement, toujours d’actualité et toujours inspirant. Pour le musicien, et pour l’auditeur.

Pink Flag (1977) – 682 jours, 806 albums

Après un léger écart, de style, je suis de retour avec un autre album de punk, d’un groupe relativement inconnu si on le compare aux autres. Il s’agit du groupe Wire et de leur album Pink Flag.

Wire - Pink Flag

Je me suis rendu compte que je commençais à apprécier, et à comprendre, le punk quand j’ai écouté cet album avec délice. Et je dois dire que Wire sait très bien mettre en valeur et maîtriser ce style. C’est d’ailleurs ici que l’aspect simplicité de la musique punk prend tout son sens. 22 morceaux courts, pour un album de moins de 40 minutes. Mais ce groupe ne fait aucun flafla, et se contente de l’essentiel. Quelques accords simples, répétés sans trop de variations s’ils suffisent pour le morceaux, et aucune répétition ou prolongation du morceau si celle-ci n’est pas nécessaire. Je crois que le morceau le plus long de l’album, et le plus complet, serait le premiers, soit Reuters.

Il est plus travaillé, montre un semblant de structure, d’évolution, de complétion. Il ne s’arrête pas de manière spontanée et sèche, comme bien d’autres morceaux de l’album. Comme Start to Move par exemple…

On aurait peut-être préféré que le morceau se continue sur une période plus longue mais, d’un autre côté, tout est déjà dit. Donc, aussi bien passé à autre chose tout de suite.

Sinon, dans les morceaux mémorables, on remarquera Field Day of the SundaysEx Lion TamerFragileMannequin, et enfin 12 X U.

The Clash (1977) – 686 jours, 810 albums

Pour un énième album de punk, j’ai écouté l’album The Clash du groupe éponyme.

The Clash - The Clash

Je dois avouer que, avant ce défi, j’appréhendais un peu le moment où je devrais me plonger dans le punk, ce style de musique agressif, lourd et sans trop de substance. Pourtant, force est de constater que c’est un style que je me prends à apprécier de plus en plus. Il faut dire que la perspective historique avec laquelle je fais ce défi aide beaucoup. Je comprends maintenant mieux le style, ses éléments, sa provenance et son évolution. En fait, ce fut même un plaisir de retrouver ce son de garage simple et brouillon, mais franc et habité d’une force nue et brute, de retrouver aussi les racines du rock & roll et de la musique populaire subséquente. Avec la musique des Clash, c’est un peu tout ça, comme avec bien des groupes de punk. Avec un son moins agressif que chez les Sex Pistols, mais avec la même simplicité, la même énergie brute et le même entrain. I’m So Bored With the USA ferait d’ailleurs un excellent morceau pop, malgré sa hargne et sa ténacité.

Leur son a aussi quelque chose de plus doux, de poli. Janie Jones, par exemple, est facile à écouter, malgré sa force. Les Clash sont bruyants, mais juste assez, et jamais trop. Même London’s Burning, malgré son titre provocateur, semble presque retenu si on le compare aux Sex Pistols. Police and Thieves, enfin, un refrain pop qui surprend dans ce contexte. Bref, il s’agit ici d’un punk plus facile, plus accessible que chez d’autres groupes. Certes, il y a toujours la force et une certaine brutalité, mais le groupe semble se rapprocher davantage du bon vieux rock que de la révolte ouverte.