Tom Tom Club (1981) – 111 jours, 474 albums

Tom Tom Club - Tom Tom Club (1981)Un album assez étrange qu’est le dance-pop et new wave Tom Tom Club, du groupe du même nom. Ses mélodies et ses rythmes semblent être fragmentés, hachés, de manière presque robotique. Peut-être est-ce ce mélange particulier entre la chaleur pop du new wave et la froideur mécanique du kraut rock qui cause cette ambiance étrange?

Quelques morceaux sont uniques en leur genre, en cette ambiance. Wordy Rappinghood somme tout ce que les années 80 ont d’étrange. Genius of Love y ajoute même une chaleur reggae, qui est ici presque extraterrestre. Et que dire de l’amalgame bizarre qu’est le spacial et rétro, voire bubblegum Lorelei?

Un album qui fera froncer vos sourcils, mais qui est tout autant fascinant.

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Cupid and Psyche 85 (1985) – 111 jours, 474 albums

Scritti Politti - Cupid and Psyche 85 (1985)Cupid and Psyche 85 surprend par son ton badin et candide, sur fond de synth pop et de sophisti-pop. Le chant est murmurant, l’instrumentation reste dans la pop synthétique et électronique, quelques sons plus vibrants et scintillants rappellent les thèmes célestes de Cupidon et de Psyché.

Scritti Politti donne pourtant l’impression que cette ambiance toute légère et superficielle est intentionnelle, travaillée. Que sa musique est plus profonde qu’il n’y paraît.

À vous de le découvrir.

The Pleasure Principle (1979) – 281 jours, 539 albums

Les heures de gloire du synthétiseur et de la synth pop étaient comptés. Après la disparition du new wave, il a perdu sa texture électrisante et déphasée. Ainsi, se plonger dans la musique de Gary Numan et de The Pleasure Principle est grisant.

Gary Numan - The Pleasure Principle

Les textures électriques, rythmées à point, légèrement éthérées de Numan créent une ambiance pop ou méditative, au choix. L’évolution du morceau se fait lentement, sans presse, mais sans s’étendre non plus. On sent un naturel derrière un travail, si on s’y attarde, plutôt complexe: il rend les choses complexes simples, il les décortique pour nous.

Metal est fait état. M.E. mêle new wave et rock. Observer est presque badin. Et Conversation se permet quelques largesses, pour le plaisir de l’auditeur. Bref, un album simple mais rempli de récompenses électrisantes.

Violator (1990) – 607 jours, 705 albums

Pour changer complètement de style et retourner aux années 90, j’ai ensuite écouté Violator de Depeche Mode.

Depeche Mode - Violator

Après Music for the Masses, j’avais regretté de ne pas avoir pris le temps, beaucoup plus tôt, d’écouter un album de Depeche Mode dans son entier. J’avais bien butiné en écoutant quelques morceaux, par-ci, par-là, mais jamais un album dans sa totalité. Ainsi, pour cet album, je connaissais bien sûr déjà Personal Jesus et Enjoy the Silence, deux classiques, mais écouter le reste offre une perspective différente, plus grande et plus intéressante, du groupe et de sa musique. On continue avec le new wave et la synth pop mais, avec le temps qui passe, le son change également, amenant un fini différent, et quelques éléments nouveaux, qui viennent s’insérer dans les détails. Prenez Sweetest Perfection, par exemple.

Vient ensuite Personal Jesus qui, malgré ses nombreuses qualités et son attrait certain, n’est pas selon moi le morceau le plus impressionnant du morceau. Enjoy the Silence et son ambiance éthérée remporte définitivement la palme. Mais bon, vous savez bien que j’ai un certain biais pour ce genre de morceaux…

La version de l’album est légèrement différente et plus intéressante. Légèrement plus longue, quelques détails de plus, moins construite pour la dance et les clubs. Mais, toujours, le morceau demeure selon moi un indémodable classique. J’aime aussi sentir, à travers ce morceau, le rock alternatif qui assied ses bases, et la culture danse qui prend peu à peu sa place. Avec la complexité électrique et la recherche artistique de Depeche Mode, cela fait une musique au charme certain.

Avant de terminer, il y a un autre morceau qui vaut bien votre temps. Il s’agit du dernier de l’album, soit Clean.

Encore une fois, Depeche Mode sait créer des ambiances complexes et pleines, enveloppantes.

Technique (1989) – 619 jours, 722 albums

J’ai ensuite écouté un second album de New Order. Il s’agissait de Technique.

New Order - Technique

Il est peut-être rendu un peu tard pour parler de new wave et de synth pop, mais j’ai l’impression que le style n’a pas tellement changé, entre cet album et le dernier. Ce qui a changé, c’est la maturité derrière. L’album m’a semblé plus rodé, plus lisse, plus épuré. Il devient difficile, ici, d’entendre les restes de Joy Division. Et, sérieusement, en perdant cet aspect viscéral, cette profondeur, et en tombant dans le dance plus pur, on perd, à mon avis, beaucoup de l’intérêt de New Order. Cela dit, les morceaux demeurent accrocheurs, et certains restent dans la tête un bon bout de temps. Le groupe n’a pas perdu la touche. Mais elle s’est affaiblie, certainement. Si, par exemple, vous écoutez Round & Round, vous comprendrez peut-être mon point.

Le rythme est là, parfait. La complexité électronique est fort appréciable. Mais il manque l’émotion. Elle y est, mais seulement un peu, tellement peu. Mais ne me méprenez pas : il s’agit d’un excellent album pour animer vos soirées. En revanche, c’en est moins un pour passer une soirée contemplative. Autre beau moment : Mr. Disco.

Par contre, on ne peut pas dire que New Order manque de texture, dans ses arrangements électroniques. Mais, pourtant, je n’arrive pas à leur trouver de substance. Sinon, j’ai bien aimé Vanishing PointLove Less et, quand même, Fine Time, qui ouvre avec élégance l’album.

Actually (1987) – 644 jours, 761 albums

Album de ce matin, pour me réveiller un peu : Actually des Pet Shop Boys. Un album de dance-pop idéal pour se donner juste assez d’énergie sans trop se brusquer.

Pet Shop Boys - Actually

Eh oui : pour une rare fois, je me réjouis de devoir écouter du dance-pop. Mais, je ne sais pas, cet album avait une profondeur de plus, quelque chose dans la texture des morceaux qui en valait la peine. Et surtout, des vacances aussi douces pour mes oreilles se refusent difficilement. Et cela débute dès One More Chance.

Tout l’album a d’ailleurs cette synth pop épurée, encore plus pop que de coutume. Mais il faut aussi avouer que la voix du chanteur a quelque de purement émotionnel, de touchant, malgré la simplicité électronique de cette musique. J’imagine que c’est elle qui, par-dessus tout, a su retenir mon attention. C’est aussi le cas sur l’ironique et évasif Rent, où les arrangements prennent vraiment peu de place, et où c’est la voix qui est mise à l’avant-plan. Hit Music prend un peu plus de rythme, mais c’est toujours par le truchement des synthétiseurs, offrant donc un certain vide artistique. Mais, tout de même, le morceau sait être accrocheur et pop et, ce matin, je n’en demandais pas plus. It’s a Sin avait davantage d’intérêt, selon moi.

Je ne sais pas : il avait quelque chose de plus, comme un grand classique de la musique populaire qu’on n’oublie pas, qu’on connaissait déjà.

Et maintenant que ma pause a été prise, je retourne vers des albums plus exigeants, mais aussi plus valorisants.

Music for the Masses (1987) – 648 jours, 769 albums

Je me suis aussi offert une autre petite pause avec l’excellent groupe Depeche Mode et son album Music for the Masses.

Depeche Mode - Music for the Masses

C’est drôle de penser, aujourd’hui, qu’on m’a déjà dit que ce groupe était l’un des créateurs de l’électro. Après le kraut rock, le ambient, le new wave et la synth pop, il est difficile de voir cette musique comme étant révolutionnaire ou complètement nouvelle. Mais cela demeure de l’excellente musique électronique, qui, avec cet album, m’a apporté quelque chose de nouveau et de frais aux oreilles. En fait, j’ai même été amplement surpris de la qualité immense de ce premier album croisé dans ce défi. Ce n’est certes pas le premier du groupe, mais quand même : il s’agit selon moi d’un véritable tour de force. Dès Never Let Me Down Again, cela est impossible à ignorer.

La voix et le piano en écho m’ont donné des frissons aussitôt que le morceau a débuté. L’atmosphère complexe et aérienne font également tout le charme de ce morceau, de cette musique rafraîchissante après tant de métal et de noise rock. Et tout l’album se poursuit sur cette ambiance, sur cette idée et cette vision électrisante et engageante de la musique. Un autre point fort de ce concept est le tout aussi excellent, quoiqu’un peu moins accrocheur mais ô combien plus touchant, Strangelove.

Il ne faudrait pas non plus passer à côté du plus mélancolique Little 15, qui change de l’ambiance plus mouvementée des autres morceaux. Ici, l’ambiance est davantage à l’introspection, mais tout en conservant la légèreté éthérée du reste de l’album.

Bref, un véritable joyau qui me redonne espoir en ce qui m’attend dans le futur de ce défi.