Dr. Octagonecologyst (1996) – 111 jours, 474 albums

Dr. Octagon - Dr. OctagonecologystL’univers rap du Dr. Octogon est terrifiante. Tout Dr. Octagonecologyst est lugubre, sombre et grinçante comme peut l’être le mélange de la folie et de la médecine.

Je n’ai pas aimé écouter cet album. Toute sa musique crée le malaise et fait frissonner. On a l’impression d’entendre les élucubrations d’un chirurgien dérangé, opérant dans les sous-sols insalubres d’un manoir hanté. Mais pour la puissance de son ambiance, il s’agit à coup sûr d’un chef-d’œuvre… dans ses propres termes.

Si vous appréciez le rap et que vous êtes vous-mêmes un peu dérangé, vous y trouverez votre compte. Pour les autres, cœurs fragiles s’abstenir.

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Me Against the World (1995) – 111 jours, 474 albums

2Pac - Me Against the World2Pac est un autre rappeur parmi la marée présente dans ce défi. Ainsi, comme plusieurs autres, j’ai eu de la difficulté à l’apprécier, à percevoir la pertinence de son album.

Quelques morceaux sont suffisamment accrocheurs pour être mentionnés, comme le morceau éponyme et If I Die 2nite, mais pour le reste, l’aspect musical n’est pas parvenu à m’atteindre.

All Hail the Queen (1989) – 220 jours, 500 albums

Queen Latifah - All Hail the Queen - 1989Avec son mélange de rap et de house, et sa voix féminine, All Hail the Queen de Queen Latifah sort du lot.

Le rap, ordinairement plutôt sec, gagne ici une belle rondeur avec l’ajout du house. Il transforme des morceaux autrement entièrement centrés sur les paroles en morceaux accrocheurs, voire dansants. Come into My House l’illustre bien, avec une place importante au house. Dance for Me mêle plus également les styles, formant un amalgame fort. Wrath of My Madness se centre davantage sur le rap, pour un résultat toujours réussi.

Pour qu’un album de rap retienne mon attention, il faut qu’il soit très musical, le temps m’étant accordé me laissant bien peu de temps pour me concentrer sur les paroles. Ici, sur ce point, Queen Latifah ressort du lot, mais une plus grande attention lui serait bénéfique.

The Score (1996) – 229 jours, 520 albums

Fugees - The ScoreLe rap imprégné de R&B et de soul des Fugees est présenté sur leur album The Score.

Certains morceaux semblent plutôt conservateurs, tombant dans l’image qu’on se fait du rap et du hip hop, avec sirènes de police en arrière-plan et un peu de langage vulgaire. Mais quelques uns sortent du lot, en offrant une teinte à la R&B sentie, donnant une profondeur inattendue à l’œuvre. Zealots et le plus gangster Fu-Gee-La en sont.

Les reprises de Killing Me Softly With His Song, avec ses racines soul, et de No Woman No Cry aux fumées reggaes méritent également une oreille attentive. À ces deux morceaux en particulier, le hip hop vient donner une dimension nouvelle, venant remanier le rythme de manière fort intéressante.

Raw Like Sushi (1989) – 278 jours, 531 albums

Neneh Cherry - Raw Like SushiNeneh Cherry s’expose dans un mélange de rap, de pop et de dance dans un album léger et facile à écouter: Raw Like Sushi.

Et le rap, c’est celui des débuts, celui qui m’a rappelé le hip hop et le funk de Future Shock de Herbie Hancock. Celui où on entend clairement les vinyles sur les planches, et l’aiguille remonter les sillons. L’artiste utilise aussi une musique dénudée, où l’électro des années 80 prend une place importante. Le tout est poli pour rendre l’album bien pop et l’alléger.

Ainsi, on écoute les morceaux sans réfléchir, et on répète en boucle les plus accrocheurs. Buffalo Stance est de ceux-là, avec ses rythmes funky. Avec Manchild, c’est l’ambiance détendue et romantique qui reste dans l’oreille. Le segmenté Heart et R&B/électro Phoney Ladies valent également l’écoute.

Make Yourself (1999) – 279 jours, 536 albums

Incubus - Make YourselfSi vous ajoutez du hip hop et un peu de grunge à du métal, ça donne Make Yourself du groupe Incubus: une petite perle de nü metal.

Les voix franches et dénudées du hip hop sont parfaites pour les mélodies du métal. Le grunge semble venir simplifier un peu plus la musique, en y injectant du caractère (comme s’il en manquait!). Il en résulte des morceaux puissants, mais lisses et doux à l’oreille. Les aspérités du hip hop, du grunge ou de l’héritage punk sont aplanies par une musicalité renversante.

Malgré sa force, Nowhere Fast s’écoute sans effort, passant des moments délicats aux plus intenses. Consequence est construit sur le même gabarit, pour un effet aussi accrocheur, tout comme le morceau éponyme. When It Comes est plus inquisiteur, plus rap, mais aussi plus harmonique, plus accompli. Enfin, Drive mêle une guitare acoustique à des éléments de rap, rappelant étrangement le britpop doux et badin des The Verve et Oasis qui ont précédé, mais avec une signature qui est propre au groupe.

The Slim Shady LP (1999) – 287 jours, 549 albums

Eminem me fait aimer le rap. The Slim Shady LP séduit avec ses rythmes élaborés, ses textes à l’humour décapant et sa théâtralité absorbante.

Eminem - The Slim Shady LP

Je n’écoute pas toujours les paroles des albums. Avec Eminem, c’est naturel. Les mots rentrent. L’accent, ici, est mis sur les mots, et la mise en scène qui les entoure. Quelques effets sonores nous fait vivre une scène, une histoire: une voix hors champ, un bruit de pluie, un écho… Avec un peu d’humour, c’est encore plus prenant. Role Model se moque de merveilleuse façon des gens influençables (ou de ceux qui les influencent?). ’97 Bonnie & Clyde transforme un meurtre en aventure magique entre un père et sa petite fille, avec un humour noir et touchant.

La voix est en prédominance, comme dans tout bon album de rap. Ça n’empêche pas la musique de prendre sa place: en fait, c’est tout le contraire. Les rythmes sont puissants et solides. Brillants. Ils sont réglés au quart de tour. Tous les détails semblent avoir été minutieusement choisis, réfléchis, travaillés. C’est évident dans My Name Is. Et des morceaux comme Guilty Conscience ne sont pas en reste non plus.

Vous n’aimez pas le rap? Vous aimerez The Slim Shady LP. Le rap n’est qu’un support: tout est dans l’humour, le rythme et le théâtre.