Bad (1987) – 414 jours, 590 albums

Bad : un autre tour de force de Michael Jackson après Thriller. Force, rythme, sensualité, soul habitent cet album enflammé et catchy à souhait. La barre était haute après l’album le plus vendu au monde. Mais ici, Jackson la frôle.

Michael Jackson - Bad

Je crois qu’aucun artiste ne maîtrise aussi bien le rythme que Michael Jackson. Il y a quelque chose d’indéfinissable dans la puissance accrocheuse de ses morceaux. On écoute avec délectation, en suivant le rythme de la tête malgré soi, et on en redonne immédiatement, dès que le morceau s’arrête.

Bad n’est pas une exception. Avec les perles de pop que sont que le morceau éponyme BadAnother Part of Me et Smooth Criminal, l’album mérite toute votre attention, que vous soyez fan de l’artiste ou non, fan du style ou non. Si vous n’avez pas le goût d’écouter le reste de l’album après la première piste, vous êtes soit de mauvaise foi, soit très malchanceux. Le vidéoclip à lui seul vaut votre attention.

Les chorégraphies et les mises en scène de Jackson ne cesseront de m’impressionner, et de me fasciner.

Another Part of Me est tout aussi relevé et enlevant. Il vient des tripes de Jackson. Ce morceau, si on y porte attention, est chanté de manière déchirante, tourmentante. Mais mon favori, et qui arrive haut dans mon palmarès des morceaux du roi de la pop, c’est Smooth Criminal.

Smooth est le bon mot. Et pourtant, une bonne partie du chant est incisive, perçante, par sa force sèche, étouffée. Mais une certaine douceur persiste…

Rhythm Nation 1814 (1989) – 614 jours, 716 albums

Pour demeurer un peu dans le même style, j’ai ensuite écouté Rhythm Nation 1814 de Janet Jackson. Et, je vous le dis d’emblée, j’ai été plutôt déçu.

Janet Jackson - Rhythm Nation 1814

Album de R&B contemporain : j’ai eu l’impression qu’il reprenait le même style que Michael Jackson, mais en moins réussi. Certains morceaux sont certes accrocheurs, mais cela n’a rien à voir avec la maîtrise du rythme et de la mélodie de son frère. C’est dommage, puisque Janet aurait sûrement pu se démarquer, avoir son propre style, sa propre musique. Ici, elle n’apparaît que comme une pâle copie de son frère. Surtout sur un album qui dure un peu plus d’une heure, sa musique m’est apparu plate et ordinaire.

Quelques morceaux qui méritent tout de même votre attention : Rhythm Nation qui ouvre l’album (si l’on oublie l’interlude).

Plus loin, il y a bien Miss You Much, puis Love Will Never Do (Without You) et son ambiance un peu romantique, par moments. Plus loin, il y a l’accrocheur Escapade.

Et vers la fin de l’album, il y a bien Black Cat et Someday Is Tonight, mais même les morceaux qui sortent du lot semblent trop se ressembler entre eux. En écoutant Janet, j’ai eu l’impression d’avoir la même déception qu’en écoutant Tina Turner. Pour une rare fois, je comprends que ce défi ne comporte qu’un album de cette artiste.

Diamond Life (1984) – 651 jours, 775 albums

Autre pause avant que les choses ne redeviennent intenses : j’ai écouté Diamond Life de Sade.

Sade - Diamond Life

Lorsque j’entends le nom de Sade, disons que je pense d’abord au marquis, à la Philosophie dans le boudoir et à Je vais t’aimer de Michel Sardou. Je ne m’attends certes pas à retrouver un R&B suave mêlé de jazz, à de la sophisti-pop langoureuse et romantique. Et pourtant, c’est bien ce que nous offre cet album ! Disons qu’ici, si l’on est pour « faire pâlir tous les marquis de Sade », ce sera pour une toute autre raison.

L’album s’ouvre avec le connu et très sensuel Smooth Operator qui a séduit mon coeur, et lui offert un baume bien mérité. Autant de punk, de hargne et d’agressivité finit bien par irriter !

J’aime cette musique : elle est luxueuse, amoureuse, sensuelle. Peut-être offre-t-elle quelques clichés, mais elle demeure néanmoins tout aussi savoureuse. Et il y a une raison pour laquelle les clichés existent : c’est parce qu’ils fonctionnent. Mais aussi, il ne faut pas grand chose pour que cette musique tombe à plat ou passe inaperçue. La plupart de l’album n’offre pas de grands succès, mais plutôt une suite de morceaux de velours et discrets. Et cela est peut-être mieux ainsi, offrant ainsi l’album parfait pour vos soirées romantiques, où on commence avec force pour établir l’ambiance, avant de simplement la conserver durant le reste de la soirée, comme musique de fond qu’on oublie sans oublier le mood qui va avec.

Cela dit, il y a quand même Sally qui sort du lot, avec son rythme lent et son émotion plus présente, ainsi que Cherry Pie, que j’ai trouvé particulièrement accrocheur.

1999 (1982) – 657 jours, 781 albums

J’ai ensuite opté pour une seconde découverte d’un nom connu mais méconnu de moi avec Prince et son album 1999.

Prince - 1999

J’aime comment les albums qui découlent de styles inspirés du R&B sortent, une fois de temps à autre, dans ce défi, mais seulement de manière sporadique, sans consistance. Avec Prince, c’est un autre sous-genre que j’ai découvert, soit le urban : mélange savant de R&B, de soul, de funk, mais avec un fini lisse et pop, au détriment de l’émotion et du senti. Mais ce n’est pas plus mal. D’ailleurs, quelques morceaux de cet album m’ont rappelé un certain Michael Jackson. Quoiqu’ici, la musique n’est pas axée que sur la dance, et les expérimentations musicales sont fréquentes, même si elles ne sont pas aussi audacieuses que chez d’autres groupes.

Parmi les morceaux accrocheurs qui ont retenu mon attention, et qui devraient éveiller la vôtre, il y a d’abord Little Red Corvette.

Vient ensuite Delirious, qui est plus sec et, là, on sent les influences du R&B et la signification de urban. La même veine, Something in the Water (Does Not Compute) a aussi ce ton sec, mais avec une ambiance plus expérimentale, avec une répétition électronique étrange.

Sinon, Let’s Pretend We’re Married vaut également le détour.

J’ai à demi apprécie cet album, ne sachant trop quoi en penser. Il est orienté dance et musique pop, mais il ne m’a pas semblé vide pour autant. Mais de là à dire qu’il avait de la profondeur ou qu’il était véritablement intéressant, il y a un pas qui est difficile à franchir. Certes, une seconde écoute de l’album pourrait se révéler intéressante, mais je crois que passer cela, le reste risque de demeurer plutôt transparent. Cela dit, un peu de mouvement et un album pas trop exigeant m’ont fait un peu de bien, et écouter les autres albums de cet artiste ne sera pas une corvée. Au contraire.

Thriller (1982) – 681 jours, 805 albums

Ensuite, bond direct dans le futur et les années 80, avec l’album le plus vendu au monde à ce jour : Thriller par le grand Michael Jackson.

Michael Jackson - Thriller

Et il y a de bonnes raisons pour lesquelles cet album est encore le plus vendu au monde. Sur les 9 morceaux qui comptent l’album, 5 sont probablement connus de tous, qu’ils le veuillent ou non. Wanna Be Startin’ Somethin’, qui ouvre l’album, est de ceux-là, avec un rythme endiablé, une énergie débordante et presque exubérante, et les si caractéristiques cris et hoquets de Jackson. Une collaboration mémorable avec Paul McCartney nous est aussi offerte avec l’excellent The Girl Is Mine, qui est plus calme, lent, doux, romantique. Mais les indémodables classiques débutent véritablement avec le morceau éponyme, Thriller, où je vous offre ici d’écouter le court-métrage.

Cette vidéo est remplie d’éléments devenus désormais symboliques dans la culture populaire. Le veston rouge vif, les zombies qui dansent à l’unisson, les mouvements de danse spectaculaires : ce court-métrage rend un hommage et complètement à la perfection ce morceau exceptionnel. Encore une fois, le rythme est bien présent et parfaitement maîtrisé, et la voix de Jackson est à son meilleur. J’ignore ce que je pourrais bien dire de plus…

Viennent ensuite deux autres incontournables de la musique pop, soit Beat It et Billie Jean. Je vous fais écouter le second, mon préféré.

Vous me demanderez peut-être comment je fais pour critiquer aussi vertement le disco et son aspect vide et trop populaire, trop commercial, alors que je fais l’éloge de musique de Jackson, le roi de la pop lui-même. La réponse est simple : j’ai l’impression qu’il y a quelque chose de plus chez Jackson. Sa maîtrise du rythme est exceptionnelle. Il sait créer des morceaux accrocheurs, qui viennent vous chercher jusque dans vos os. On sent encore les influences de la soul et du R&B, la profondeurs qu’ils peuvent apporter à un morceau. Même ses vidéoclips sont des oeuvres artistiques en eux-mêmes ! Bref, avec Jackson, c’est différent.