The World Is a Ghetto (1972) – 281 jours, 539 albums

Avec un nom de groupe comme War, on est loin de s’imaginer le mélange de R&B, de rock, de soul et d’inspirations latines qu’on retrouve sur l’album The World Is a Ghetto.

War - The World Is a Ghetto

On ne sait trop si c’est le rock qui donne du mordant au R&B ou si c’est le R&B qui rend le rock funky. Le soul n’est pas si profond non plus: il apporte simplement du relief. Des effluves latines viennent colliger le tout et se perdent dans les détails. De ces inspirations hétéroclites ressort pourtant une musique unie, homogène dans sa diversité.

Mais les doses varient d’un morceau à l’autre. The Cisco Kid donne dans le rythme, alors que Four Cornered Room donne dans le blues et que The World Is a Ghetto donne toute la place au soul. Après tout, le mouvement est propre tant au rock, au R&B qu’aux latins.

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Bongo Rock (1973) – 288 jours, 552 albums

Funk et cheesy: tout est à aimer dans l’album Bongo Rock du Incredible Bongo Band. Au départ vouée à être la trame sonore d’un film d’horreur de série B, la musique de l’album mérite une reconnaissance à part entière.

Incredible Bongo Band - Bongo Rock

Avec ses bongos, son ambiance de film d’espion des années 70, ses rythmes enlevants et ses quelques morceaux qui, aussi, font sourire, pas étonnant que les grands du hip hop s’en soit inspiré, et que plusieurs fans l’écoutent en boucle. Certains morceaux mêlent avec brio le rock et les rythmes funkys des bongos, des cuivres et de l’orgue électrique, formant une ambiance électrisante et déhanchanteKiburi Part 1 a un quelque chose bien langoureux. Apache est enflammé, déchaîné.

Mais il y a aussi le côté «reprise de classiques», qui rend les choses plus comiques. La réinterprétation de Sing Sing Sing est plutôt réussi, transformant son ambiance festive en morceau de R&B lent et sensuel. Le long In-A-Gadda-Da-Vida, par contre, est assez bof, s’étendant sans raison. Et la reprise de (I Can’t get No) Satisfaction m’a bien fait rire. Là, la langueur se transforme en cheesy, et là, on voit transparaître l’ambiance de film de série B. Et cela n’est pas sans un certain charme.

Shaft (1971) – 444 jours, 594 albums

Le funk et le soul font toujours bon mélange. Mais lorsqu’ils sont assemblés par le génie et le sens du spectacle d’Isaac Hayes, cela donne un petit bijou qui s’appelle Shaft, la trame sonore du film du même nom.

Isaac Hayes - Shaft

Si vous ne connaissez pas encore Theme from Shaft, il est temps de vous y mettre.

Il est langoureux, funky, électrisant et, surtout, accrocheur à souhait.

Le reste de l’album est, comme je l’ai indiqué plus haut, une trame sonore. Ainsi, il est davantage composé de morceaux d’ambiance, qui passent plus inaperçus. Quoique avec Hayes, beaucoup de ces passages restent plutôt dans l’oreille, et on se fait un plaisir fou à imaginer dans quelles scènes mystérieuses, pleines de suspense ou sensuelles ils ont été utilisés. Parmi les meilleurs moments, il y a Walk from Regio’s, le langoureux et discret Ellie’s Love Theme, le plus long, détaillé et badin Cafe Regio’s, le confiant Be Yourself, et j’en passe.

Enfin, il y a le long Do Your Thing d’une vingtaine de minutes, en plusieurs parties, mais qui s’écoute comme un long fleuve, en se laissant porter.

Zombie (1976) – 685 jours, 809 albums

Changeant une fois de plus de style, j’ai réécouté un album abordé durant mon défi jazz et que j’ai réécouté plusieurs fois depuis. Mais que voulez-vous ? Zombie de Fela Kuti est un tel classique qu’il est difficile de s’en passer.

Fela Kuti - Zombie

Ce mélange intense d’influences funk, de jazz, de musique africaine, avec des rythmes prenants et inlassables ne laisse personne indifférent. Ce qu’on appelle de l’afro-beat et dont Fela Kuti est l’un des rares artistes, est un style de musique aux multiples facettes, mais qui est appréciable dès la première écoute.

L’album est plutôt simple : 2 morceaux, chacun d’une douzaine de minutes. La première partie de chaque morceau est un long jam intense, où les musiciens s’en donnent à coeur joie pour soulever les fans et les mettre dans l’ambiance, avant que Kuti, dans la seconde partie, ne prenne la parole et scande des textes poétiques à saveur politique et provocateurs. Zombie, le morceau éponyme de l’album, critique par exemple l’armée nigérienne et ses soldats, qu’il appelle, vous l’aurez deviné, des zombies.

Ce morceau-ci, à lui seul, vaut qu’on découvre l’artiste et le reste de son oeuvre. C’est, personnellement, mon morceau favori de toute son oeuvre, mais d’autres sont également de véritables perles de la musique, tant par rapport à leur style unique que par leurs textes enflammés et critiques d’un gouvernement oppressif. Comme il s’agit du seul album de l’artiste contenu dans le présent défi, je vous recommande tout de suite quelques autres morceaux. D’abord, Gentleman, qui se moque de l’occidentalisation de sa communauté et du ridicule qui en découle, puis Confusion qui est une autre des belles oeuvres de Kuti, durant cette fois un bon 25 minutes, puis enfin Shuffering and Shmiling, un autre incontournable classique.

La preuve, que même avec 1001 albums, on n’a pas fait le tour de la musique…

Mothership Connection (1976) – 744 jours, 827 albums

Après la déception que fut mon expérience avec le groupe Funkadelic, j’ai retenté ma chance avec le groupe Parliament et son album Mothership Connection.

Pour votre culture personnelle (car, à moins que vous ne teniez un blogue sur la musique, personne ne vous posera jamais la question), Parliament et Funkadelic sont deux collectifs de musiciens issus du même gentleman, soit George Clinton. Si j’ai bien compris, il s’agit plus ou moins du même groupe, mais leurs albums et le champ d’exploration de leur musique sont différents. Bon.

Cela étant dit, cet album m’a semblé reprendre le style de celui que j’ai écouté de Funkadelic, soit Maggot Brain, mais avec plus d’énergie, plus de moments accrocheurs et funky, bref avec plus de maturité. Le meilleur exemple est sûrement le long P-Funk (Wants to Get Funked Up), qui ouvre l’album.

On y retrouve un mélange exquis et bien senti de soul et de funk, avec un certain aspect exploratoire, juste assez discret pour rendre le morceau intéressant mais pas assez présent pour troubler l’écoute. Le morceau est accrocheur, vibrant, et nous donne le goût de danser et de remuer les hanches.

Un peu à l’opposé, mais demeurant toujours dans la funk et la soul, nous avons Handcuffs.

Cette fois, l’accent est davantage mis sur la soul, son caractère languissant et pénétrant, adoptant ainsi un rythme plus lent et décontracté, mais en conservant tout de même une funk bien présente.

Enfin, Night of the Thumpasorus Peoples qui ferme l’album est également digne de mention et termine avec élégance un excellent album. D’ailleurs, j’ai été agréablement surpris de la qualité de ces morceaux, m’attendait de nouveau à quelque chose de plat et de sans intérêt, mais découvrant plutôt un album fort accrocheur et qui mérite votre attention. J’espère que ce sera également le cas pour les prochains du groupe.

Talking Book (1972) – 776 jours, 855 albums

Enfin, il y avait Stevie Wonder, un autre incontournable de la musique et, donc, de ce défi. Ainsi, j’ai écouté Talking Book.

Cette fois, on se trouve davantage du côté du R&B, avec des notions bien présentes de funk et de smooth soul. Il n’y a pas à dire, cela fait changement des derniers albums que j’ai écoutés, et cela fait du bien de changer un peu de répertoire pour se plonger dans quelque chose de différent. Après tout, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans ce défi, n’est-ce pas ?

Ici, ce sont surtout les 3 premiers morceaux qui valent l’album, à commencer par You Are the Sunshine of My Life et son ambiance détendue, rafraîchissante, voire quelque peu romantique. Suit tout de suite après Maybe Your Baby et ses rythmes funky.

Ce morceau a quelque chose de stimulant, d’intense, qui fait en sorte que vous ne pourrez vous empêcher de bouger un peu la tête et les autres membres de votre corps. Le rythme est pesant et mesuré, la basse est insistante et électrisante : tout est là pour faire un morceau d’enfer, mais qui ne s’emporte pas pour autant.

Enfin vient You and I et son air romantique et sentimental à souhait. On revient alors à une atmosphère plus calme, plus légère, qui nous transporte tranquillement, alors qu’on se laisse volontiers porter.

Seul autre morceau de l’album digne de mention : l’électrisant Superstition, qui reprend encore un rythme funky. Les autres morceaux de l’album s’écoutent plus discrètement, en comparaison, mais l’album offre déjà beaucoup, et donne le goût de découvrir davantage ce que cet artiste a à offrir.

Maggot Brain (1971) – 806 jours, 895 albums

L’album que j’ai écouté ensuite, aussi, m’a laissé plutôt indifférent. Il s’agissait de Maggot Brain de Funkadelic.

Je m’attendais à quelque chose de funky et d’intense, un peu comme Head Hunters de Hancock. Pourtant, l’album m’a semblé incroyablement calme, étonnamment doux. Le morceau éponyme, par exemple, semble être une longue improvisation psychédélique, mais calme et presque silencieuse par moments.

Certains morceaux étaient naturellement plus animés, comme Can You Get to That, mais ils n’avaient pas cette force intense et pénétrante qui vous donne envie de danser, de bouger. Ils m’ont plutôt apparu comme des morceaux de soul remplis de pop. Ainsi, la profondeur y est absente, et le côté accrocheur perd de son intérêt, puisque la soul qui le supporte perd de sa substance.

Le seul morceau que j’ai trouvé intéressant et bien réalisé fut Wars of Armageddon, qui ferme l’album. Sa complexité était plus appréciable, plus intéressante. Il était plus accrocheur aussi, par moments. Mais pour le reste, le groupe m’a plutôt déçu. Un si beau nom de groupe pour si peu de choses…