Cee-Lo Green… Is the Soul Machine (2004) – 477 jours, 630 albums

À notre retour de Québec, j’ai imposé à mon amie un album de rap, mais où se mêlait aussi de la soul et du R&B, soit Cee-Lo Green… Is the Soul Machine, de l’artiste Cee-Lo Green.

Cee-Lo Green - Cee-Lo Green... Is the Soul Machine

Je dis imposer, car elle n’était pas très enthousiaste à l’idée. Mais il faut bien les passer, ces albums de rap ! Et le résultat fut moins pire que ce à quoi elle s’attendait, alors que moi, je l’ai même trouvé plutôt intéressant. Bon, j’ai bien trouvé que beaucoup de morceaux se ressemblaient et, donc, passaient inaperçus (surtout sur un album de plus d’une heure), mais quelques uns sont néanmoins parvenus à sortir du lot, et à retenir mon attention. Soul Machine, par exemple.

Ainsi que l’entraînant The Art of Noise avec Pharell.

Mais le reste de l’album est rapidement tombé en arrière-plan, sans trop que mon attention ne s’y attarde. Cela dit, l’album fut, somme toute, plutôt appréciable, et je crois que je préfère ce genre de rap, du alternative rap, aux autres formes du style. Je sais que le style s’y retrouve en quelque sorte dénaturé, surtout pour les puristes j’imagine, mais en le rendant plus pop et plus accessible, cette musique me devient automatiquement plus appréciable. Même si, je dois bien l’avouer, je ne risque pas de réécouter cet album avant longtemps.

Searching for the Young Soul Rebels (1980) – 645 jours, 763 albums

Me rendant compte que j’avais raté un groupe de musique qui semblait bien intéressant, j’ai opéré un petit retard dans le temps, en 1980, pour écouter Searching for the Young Soul Rebels, du groupe Dexy’s Midnight Runners.

Dexy's Midnight Runners - Searching for the Young Soul Rebels

Mélange surprenant mais extrêmement satisfaisant de post-punk et de new wave avec de la soul et du R&B, cette musique nouvelle et audacieuse me prouve encore une fois que j’ai bien fait de me lancer ce défi. Et cela est confirmé dès le premier morceau, soit Burn It Down.

La voix rappelle le new wave, peut-être même le glam rock par moments, alors que le rythme ressemble au punk et au post-punk et que les cuivres, comme des intrus, donnent une ambiance plus sentie et plus profonde au morceau, ramenant ainsi le R&B, la soul et quelques éléments de blues à l’avant-scène. Ce dernier élément est d’ailleurs encore plus présent au second morceau, Tell Me When My Light Turns Green, donnant ainsi une musique encore plus émotionnelle, près du viscéral. C’est aussi vrai pour I’m Just Looking, avec son ambiance mélancolique et obscure, alors que Geno a plutôt quelque chose de purement rock, quoiqu’avec des influences qui rappellent le reggae, ou peut-être même les débuts du ska ? Enfin, Thankfully Not Living in Yorkshire It Doesn’t Apply nous ramène même à l’époque du rock & roll.

Bref, il s’agit d’un grand mélange hétéroclite des styles, des influences, des inspirations, mais en offrant une unité et un équilibre épatant. Sérieusement, il aurait été facile de rater ce contrat. Les Dexy’s Midnight Runners le remplissent haut la main.

Private Dancer (1984) – 675 jours, 799 albums

Me rendant encore un peu plus loin dans le temps, j’ai ensuite écouté Private Dancer de Tina Turner.

Tina Turner - Private Dancer

Dois-je vraiment dire que ce n’est pas mon genre de musique ? Cet album, dans ma collection, fait partie de cette pile d’artistes au nom inconnu ou inintéressants, dont la musique a été oubliée ou a simplement mal vieilli. Ce sont ces disques qui viennent avec les lots achetés à petits prix, et dont on se demande qu’en faire une fois qu’ils sont en notre possession. Un autre lot à petit prix ?

Sans rire, Tina Turner est demeurée dans ma collection simplement parce que le nom m’était familier. Sinon… Parce que sa musique n’est pas la meilleure, ni la plus inspirante que j’ai écoutée à ce jour. Le seul morceau digne de mention que j’aie trouvé sur l’album étant What’s Love Got to Do with It, un classique de l’artiste. Ici, la version allongée.

Quoiqu’en réécoutant l’album maintenant, je m’aperçois qu’il y a bien un autre morceau qui peut, peut-être, en valoir la peine : Show Some Respect. Ce n’est pas que l’album soit mauvais en soi. C’est simplement que, peut-être vous en souviendrez-vous, je me suis écoeuré rapidement de la soul, et je m’aperçois que cela n’est pas encore passé. C’est aussi qu’en mélangeant de la soul à de la pop, le résultat, à mon humble avis, ne s’y trouve pas meilleur. Ainsi, ce n’est pas un album que je réécouterai souvent.

Mothership Connection (1976) – 744 jours, 827 albums

Après la déception que fut mon expérience avec le groupe Funkadelic, j’ai retenté ma chance avec le groupe Parliament et son album Mothership Connection.

Pour votre culture personnelle (car, à moins que vous ne teniez un blogue sur la musique, personne ne vous posera jamais la question), Parliament et Funkadelic sont deux collectifs de musiciens issus du même gentleman, soit George Clinton. Si j’ai bien compris, il s’agit plus ou moins du même groupe, mais leurs albums et le champ d’exploration de leur musique sont différents. Bon.

Cela étant dit, cet album m’a semblé reprendre le style de celui que j’ai écouté de Funkadelic, soit Maggot Brain, mais avec plus d’énergie, plus de moments accrocheurs et funky, bref avec plus de maturité. Le meilleur exemple est sûrement le long P-Funk (Wants to Get Funked Up), qui ouvre l’album.

On y retrouve un mélange exquis et bien senti de soul et de funk, avec un certain aspect exploratoire, juste assez discret pour rendre le morceau intéressant mais pas assez présent pour troubler l’écoute. Le morceau est accrocheur, vibrant, et nous donne le goût de danser et de remuer les hanches.

Un peu à l’opposé, mais demeurant toujours dans la funk et la soul, nous avons Handcuffs.

Cette fois, l’accent est davantage mis sur la soul, son caractère languissant et pénétrant, adoptant ainsi un rythme plus lent et décontracté, mais en conservant tout de même une funk bien présente.

Enfin, Night of the Thumpasorus Peoples qui ferme l’album est également digne de mention et termine avec élégance un excellent album. D’ailleurs, j’ai été agréablement surpris de la qualité de ces morceaux, m’attendait de nouveau à quelque chose de plat et de sans intérêt, mais découvrant plutôt un album fort accrocheur et qui mérite votre attention. J’espère que ce sera également le cas pour les prochains du groupe.

Maggot Brain (1971) – 806 jours, 895 albums

L’album que j’ai écouté ensuite, aussi, m’a laissé plutôt indifférent. Il s’agissait de Maggot Brain de Funkadelic.

Je m’attendais à quelque chose de funky et d’intense, un peu comme Head Hunters de Hancock. Pourtant, l’album m’a semblé incroyablement calme, étonnamment doux. Le morceau éponyme, par exemple, semble être une longue improvisation psychédélique, mais calme et presque silencieuse par moments.

Certains morceaux étaient naturellement plus animés, comme Can You Get to That, mais ils n’avaient pas cette force intense et pénétrante qui vous donne envie de danser, de bouger. Ils m’ont plutôt apparu comme des morceaux de soul remplis de pop. Ainsi, la profondeur y est absente, et le côté accrocheur perd de son intérêt, puisque la soul qui le supporte perd de sa substance.

Le seul morceau que j’ai trouvé intéressant et bien réalisé fut Wars of Armageddon, qui ferme l’album. Sa complexité était plus appréciable, plus intéressante. Il était plus accrocheur aussi, par moments. Mais pour le reste, le groupe m’a plutôt déçu. Un si beau nom de groupe pour si peu de choses…

I Never Loved A Man The Way I Love You (1967) – 849 jours, 939 albums

La semaine dernière, j’ai écouté un autre album de soul, soit I Never Loved A Man The Way I Love You, par Aretha Franklin.

L’album s’ouvre sur le légendaire et énergique Respect, indémodable classique du style.

Si j’avais à nommer un seul morceau pour représenter la soul ou pour la faire découvrir à quelqu’un, je crois que ce serait ce morceau. Certes, il manque peut-être un peu de la profondeur de d’autres morceaux, mais elle nous donne le goût de bouger, on y sent indéniablement les racines noires et les influences du gospel. Bref, il est représentatif et accrocheur.

Le reste de l’album a toujours cette même énergie, cette voix puissante et pénétrante de Franklin. Certains morceaux sont plus profonds et sentimentaux, d’autres sont plus du genre de Respect, mais le tout forme un ensemble assez homogène. Trop, peut-être. Comme je l’ai dit plus tôt, j’ai l’impression qu’il s’agit d’un style qui a de la difficulté à se renouveler, à nous surprendre, au contraire du blues par exemple.

Cela dit, pas de surprise est parfois agréable aussi ! Redécouvrir des morceaux tels que le morceau éponyme, ou encore A Change Is Gonna Come fut fort agréable, surtout avec cette voix si parfaite, si adaptée à la soul. Les émotions sont peut-être les mêmes, mais Aretha Franklin sait nous les faire vivre encore plus intensément. Je me demande ce qu’elle a d’autre à offrir, dans cette monotonie si explosive.

Live at the Regal (1965) – 882 jours, 960 albums

Parlant de blues, j’ai écouté un premier album du grand B.B. King, soit Live at the Regal.

Tout cet album ne semble être qu’un long morceau continu. Les morceaux s’enchaînent sans que l’on ne s’en rende compte, l’émotion demeure toujours aussi haut, et le talent du King semble ne jamais se fatiguer. Les cuivres sont tonitruants, le piano et la guitare sont subtils et percutants à la fois, par leur force, leur simplicité apparente et leur technique de haute voltige. Je rappelle que c’est justement le King qui tient la guitare…

Malgré son aspect continu, certains passages réussissent quand même à sortir du lot. Le plus époustouflant est sans doute Worry, Worry avec son solo de guitare comme entrée et la voix toujours aussi puissante et parfaite de B.B. comme accompagnement. Et malgré sa force, le morceau semble être joué tout en subtilité. On a aussi droit à quelques conseils matrimoniaux et des cris de foule en délire, preuves de sa maîtrise parfaite de la scène et du divertissement qui va avec.

Il y a aussi Sweet Little Angel qui semble donner le ton à tout le reste de l’album. Celui-ci est d’une profondeur et d’une puissance remarquables :

J’ai aussi beaucoup apprécié It’s My Own Fault et How Blue Can You Get?, mais il est difficile de faire plus de choix que cela. La même constance, la même émotion, les mêmes éclats de voix et les mêmes exploits musicaux se retrouvent partout sur l’album. Celui-ci, au contraire de celui d’Otis Redding, doit se découvrir en entier.