Maxwell’s Urban Hang Suite (1996) – 281 jours, 539 albums

Langoureux, sensuel, romantique: Maxwell’s Urban Hang Suite de Maxwell nous plonge dans le soul comme on l’aime.

Maxwell - Maxwell's Urban Hang Suite

Le soul peut être lourd dans sa profondeur presque exagérée, exaspérante. Maxwell sait l’alléger, le ramener vers le R&B en y insufflant un peu de pop. Le tout demeure langoureux et réservé pour vos soirées amoureuses, surtout les plus chaudes, mais la présence musicale est plus nuancée que chez d’autres.

The Urban Theme a du funk et est assez urbain. Sumthin’ Sumthin’ rappelle le R&B de Michael Jackson. Whenever, Wherever, Whatever donne même dans la simplicité, avec sa guitare acoustique. ‘Til the Cops Come Knockin’ est plus pesant, mais c’est pour le bonheur du couple d’auditeurs…

Faith (1987) – 626 jours, 731 albums

Je l’ai déjà dit, mais l’un des plaisirs de ce défi, c’est de prendre le temps de découvrir des grands noms de la musique auxquels je ne me serais pas forcément arrêté en d’autres circonstances. Il y a tellement de ces noms de la musique populaire, qui ont sorti quelques succès, ou un seul ou deux albums vraiment exceptionnels, avant de disparaître, de quitter les ondes ou la scène artistique, ou tout simplement de demeurer plus discrets par la suite. Il y a aussi de ces groupes ou chanteurs, populaires dans leurs années, mais ne jouissant plus aujourd’hui de fans qui sont dans ma tranche d’âge. Il est donc plus difficile de tomber sur ces artistes par hasard, ne devant me contenter que des morceaux joués en boucle à la radio depuis 30 ans. Ce qu’il y a de plaisant donc, avec ces artistes, c’est que ce défi offre d’habitude un seul, ou parfois deux albums, permettant un clin d’oeil sur l’oeuvre, sans trop que je ne me plaigne de devoir écouter ce que j’appelle parfois, de manière très subjective, de la musique populaire. Elle a son importance, mais disons simplement que ce n’est pas favorite, ni la plus stimulante de ce défi.

Bref, cette fois j’ai découvert George Michael, avec son album Faith.

George Michael - Faith

Avec une ambiance de urban et quelques morceaux sur lesquels il ferait bon danser, Michael nous offre un album simple, quelque peu épuré, qui laisse toute la place aux rythmes si caractéristiques des années 80. Les morceaux sont juste assez langoureux, juste assez sensuels pour une soirée feutrée, mais pas trop non plus pour donner dans l’émotionnel, le viscéral ou même le touchant. Les morceaux coulent donc sans heurt, sans trop qu’on leur porte attention, certains étant plus mouvementés, comme I Want Your Sex, Pts. 1 & 2

… et d’autres sont plus languissants, comme Hand to Mouth.

Kissing a Fool est aussi bien intéressante, avec son piano et sa voix de crooner. On a laissé tomber le beat électronique des années 80 l’espace d’un morceau, et cela ne fait pas trop de tord. Pour le reste, par contre, je crois que vous avez deviné mon impression. J’ai trouvé l’album plutôt plat et il était loin d’être stimulant. Pour la même ambiance, je choisis plutôt Sade. Et pour le urban, je pêcherais davantage vers Prince.

Diamond Life (1984) – 651 jours, 775 albums

Autre pause avant que les choses ne redeviennent intenses : j’ai écouté Diamond Life de Sade.

Sade - Diamond Life

Lorsque j’entends le nom de Sade, disons que je pense d’abord au marquis, à la Philosophie dans le boudoir et à Je vais t’aimer de Michel Sardou. Je ne m’attends certes pas à retrouver un R&B suave mêlé de jazz, à de la sophisti-pop langoureuse et romantique. Et pourtant, c’est bien ce que nous offre cet album ! Disons qu’ici, si l’on est pour « faire pâlir tous les marquis de Sade », ce sera pour une toute autre raison.

L’album s’ouvre avec le connu et très sensuel Smooth Operator qui a séduit mon coeur, et lui offert un baume bien mérité. Autant de punk, de hargne et d’agressivité finit bien par irriter !

J’aime cette musique : elle est luxueuse, amoureuse, sensuelle. Peut-être offre-t-elle quelques clichés, mais elle demeure néanmoins tout aussi savoureuse. Et il y a une raison pour laquelle les clichés existent : c’est parce qu’ils fonctionnent. Mais aussi, il ne faut pas grand chose pour que cette musique tombe à plat ou passe inaperçue. La plupart de l’album n’offre pas de grands succès, mais plutôt une suite de morceaux de velours et discrets. Et cela est peut-être mieux ainsi, offrant ainsi l’album parfait pour vos soirées romantiques, où on commence avec force pour établir l’ambiance, avant de simplement la conserver durant le reste de la soirée, comme musique de fond qu’on oublie sans oublier le mood qui va avec.

Cela dit, il y a quand même Sally qui sort du lot, avec son rythme lent et son émotion plus présente, ainsi que Cherry Pie, que j’ai trouvé particulièrement accrocheur.

1999 (1982) – 657 jours, 781 albums

J’ai ensuite opté pour une seconde découverte d’un nom connu mais méconnu de moi avec Prince et son album 1999.

Prince - 1999

J’aime comment les albums qui découlent de styles inspirés du R&B sortent, une fois de temps à autre, dans ce défi, mais seulement de manière sporadique, sans consistance. Avec Prince, c’est un autre sous-genre que j’ai découvert, soit le urban : mélange savant de R&B, de soul, de funk, mais avec un fini lisse et pop, au détriment de l’émotion et du senti. Mais ce n’est pas plus mal. D’ailleurs, quelques morceaux de cet album m’ont rappelé un certain Michael Jackson. Quoiqu’ici, la musique n’est pas axée que sur la dance, et les expérimentations musicales sont fréquentes, même si elles ne sont pas aussi audacieuses que chez d’autres groupes.

Parmi les morceaux accrocheurs qui ont retenu mon attention, et qui devraient éveiller la vôtre, il y a d’abord Little Red Corvette.

Vient ensuite Delirious, qui est plus sec et, là, on sent les influences du R&B et la signification de urban. La même veine, Something in the Water (Does Not Compute) a aussi ce ton sec, mais avec une ambiance plus expérimentale, avec une répétition électronique étrange.

Sinon, Let’s Pretend We’re Married vaut également le détour.

J’ai à demi apprécie cet album, ne sachant trop quoi en penser. Il est orienté dance et musique pop, mais il ne m’a pas semblé vide pour autant. Mais de là à dire qu’il avait de la profondeur ou qu’il était véritablement intéressant, il y a un pas qui est difficile à franchir. Certes, une seconde écoute de l’album pourrait se révéler intéressante, mais je crois que passer cela, le reste risque de demeurer plutôt transparent. Cela dit, un peu de mouvement et un album pas trop exigeant m’ont fait un peu de bien, et écouter les autres albums de cet artiste ne sera pas une corvée. Au contraire.