Fever to Tell (2003) – 478 jours, 630 albums

Le voyage s’est poursuivi avec un album que je souhaitais écouter depuis déjà longtemps : le garage punk du groupe Yeah Yeah Yeahs sur leur album Fever to Tell.

Yeah Yeah Yeahs - Fever to Tell

Ce n’est pas la première fois qu’on me recommandait le groupe ou l’album. J’avais entendu des extraits de morceau, mais sans plus. Déjà, cela avait éveillé ma curiosité. Et dès que j’ai mis l’album dans la voiture, j’ai été séduit. Un mélange juste assez dosé de punk, de garage rock et d’une pincée d’indie a plongé dans mes oreilles. Une instrumentation lourde, sans concession, et une voix agressive, qui vient du plus profond des tripes, nous accueillent dès le premier morceau, l’excellent Rich.

Je m’ennuyais un peu de ce Do It Yourself, de ce son sale, égratigné, de ces paroles crues, passionnée, et de cette musique à la fois simple et pénétrante, qui semble être jouée avec une flamme presque destructrice dans les yeux. Black Tongue est également agressif et abrasif, lourd et pesant, mais pour notre plus grand bonheur. Quoique, selon moi, c’est l’accrocheur et féroce Pin qui remporte la palme du meilleur morceau de l’album.

Plus loin, j’ai aussi aimé le torturé et torturant No No No, et le puissant Y Control, construit comme un véritable morceau pop, mais qui demeure avec toute la force et la pugnacité d’un morceau punk ou garage.

J’adore lorsque des groupes reprennent ou revisitent des styles oubliés, ou sur lesquels on semble être passés trop vite. À les ressusciter, on semble leur donner un second souffle, une fraîcheur incomparable et unique. Et cela prouve également toute l’importance et l’influence du punk, et qu’il s’agit bel et bien d’un style toujours en mouvement, toujours d’actualité et toujours inspirant. Pour le musicien, et pour l’auditeur.

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White Blood Cells (2001) – 479 jours, 630 albums

Cela faisait longtemps que je souhaitais écouter un album du groupe The White Stripes. J’ai choisi White Blood Cells.

The White Stripes - White Blood Cells

J’avais écouté un peu de leur musique avant ce défi. Et je n’avais pas apprécié. J’étais donc mitigé : est-ce que l’écoute d’un album entier confirmera mon manque d’appréciation, ou alors découvrirai-je un nouveau groupe que j’aime ? De plus, plusieurs de mes amis sont des fans, et cela pèse toujours beaucoup dans la balance, et évoque toujours la même question : qu’y voient-ils que je n’y vois pas ? Mais dès le premier morceau, soit Dead Leaves and the Dirty Ground, je n’avais plus de doutes : j’allais désormais aimer ce groupe.

J’avais de la difficulté à définir le style du groupe. Maintenant je sais : Punk blues. Si on ne me l’avait pas dit, je ne l’aurais sûrement pas deviné. Mais maintenant, je l’entends à merveille. Essayez : les structures et les instruments du blues, mais avec la force, la brutalité et l’énergie du punk. Cela me semble plus apparent sur certains morceaux que sur d’autres, comme I’m Finding It Harder to Be a Gentleman, où cela est encore plus appuyé, alors qu’avec Fell in Love with a Girl met plutôt en prédominance le punk dans tout son éclat. The Same Boy You’ve Always Known ramène au blues, mais fait aussi penser à une balade des années 60-70. Un peu comme We’re Going to Be Friends, que j’ai également adoré.

Il y a dans ce morceau une nostalgie et une certaine dose de naïveté. Enfin, vers la fin de l’album, il y a I Can’t Wait et son énergie intempestive.

Ainsi, cette fois, j’ai apprécié la musique du groupe, pleinement, même si je suis bien conscient que cela me prendra quelques écoutes de plus pour pouvoir tout comprendre, tout déceler, tout savourer. Mais pour le moment, j’ai d’autres albums à découvrir, dont un second des White Stripes.

Is This It (2001) – 489 jours, 634 albums

J’ai enchaîné avec un album du groupe The Strokes, soit Is This It.

The Strokes - Is This It

Ce n’était pas la première fois que j’entendais parler du groupe, et donc j’avais bien écouté quelques morceaux, mais sans accrocher. Comme une de mes amies est fan, et que cet album fait partie de mon défi, je me suis dit qu’il était temps de donner au groupe une deuxième chance. Et je ne fus pas déçu ! L’album débute lentement, mais dès qu’on arrive à l’accrocheur Soma, on tombe dans l’album sans plus y repenser. Vient ensuite Barely Legal, qui nous partage le même garage rock un peu sale mais parfaitement maîtrisé, comme on l’aime, juste avant de céder la place à l’excellent Someday.

J’aime la simplicité instrumentale, la vitalité des mélodies et les refrains accrocheurs, faciles à retenir, mais sans être trop pop pourtant. Dans la même veine, vient plus loin Last Nite, que j’ai également adoré.

Le groupe donne l’impression de sortir tout droit des sixties et de son rock de garage, ou des années 80 et de son post-punk mordant, mais en y ajoutant une saveur indie, moderne, fraîche. Quoique, en même temps, j’ai aussi l’impression que ce sont des genres qui ne vieillissent pas, et qui gagnent toujours à être redécouverts, à être réexplorés, pour nous ramener aux racines de la musique populaire et du rock. Et à ce titre, The Strokes fait bien sa job.

The Madcap Laughs (1970) – 800 jours, 888 albums

Toujours dans les carrières solos, j’ai écouté The Madcap Laughs de Syd Barrett.

Syd Barrett, le génie derrière les débuts révolutionnaires de Pink Floyd, a quitté rapidement le groupe avant de faire une courte, mais loin d’être éphémère, carrière solo. Cet album est l’un des deux de cette courte carrière. Un peu hétéroclite et décousu, il n’en demeure pas moins passionnant et appréciable. En fait, ce désordre presque voulu contribue même à l’ambiance générale de l’album, un mélange étrange mais fort agréable de rock psychédélique et de garage. On sent clairement les derrières effluves du premier album de Pink Floyd, The Piper at the Gates of Dawn, mais avec une atmosphère plus brute, plus simple et spontanée.

L’album comprend différents bons morceaux, mais ils sont en si grand nombre, à mon avis, qu’il est difficile de n’en cerner que quelques uns. L’album coule aussi comme la source d’une rivière, doucement et sans trop d’interruption. Pour néanmoins vous donner une idée, voici Octopus.

Sinon, on reconnaît peut-être davantage les débuts de Pink Floyd dans Love You, et davantage le rock de garage dans No Man’s LandTerrapin, qui ouvre l’album, serait aussi digne de mention par sa qualité et sa candeur. Pour le reste, on ne peut que regretter que Barrett se soit retiré si tôt du monde de la musique.

The Stooges (1969) – 801 jours, 889 albums

Vous verrez que pour les prochains albums que j’ai écoutés, je suis revenu un peu en arrière, vers 69, 70 et 71, à commencer par The Stooges, l’album éponyme du groupe.

Je voulais quelque chose qui rock, quelque chose de dur et de bruyant. Avec les Stooges, je peux dire que j’ai été bien servi. Dès 1969, on sent l’énergie jeune et adolescente du groupe. Elle est simple et brute, mais sans pour autant être immature. Le morceau raconte un peu la réalité de l’année éponyme, l’année de l’album, et d’un jeune homme encore jeune adulte. Mais j’ai l’impression que l’album commence véritablement avec I Wanne Be Your Dog, qui offre un excellent morceau de rock de garage, comme j’ai appris à les aimer.

La guitare sale et lourde et la batterie conventionnelle se retrouvent accompagnées de clochettes et de tambourins, qui créent une ambiance enveloppante, renforçant ainsi la force du morceau. La voix est aussi jeune et franche, énergique et insistante jusqu’à s’essouffler, même si le chanteur n’en laisse rien paraître.

L’album, par contre, offre un moment un peu long et ennuyeux, surtout si l’on considère le reste de l’album et son atmosphère, avec le trop éthéré et distant We Will Fall, qui m’a tout simplement perdu pendant 10 minutes. Heureusement, d’autres morceaux comme Real Cool Time rattrapent la donne avec leurs guitares électriques franches et présentes. Il n’en pas à en douter, se replonger dans ce rock en apparence primitif est parfois très satisfaisant.

I Had Too Much to Dream (Last Night) (1967) – 844 jours, 931 albums

De la même manière que certains albums me sortent profondément de ma zone de confort par leur style singulier, d’autres albums et groupes me surprennent par le fait qu’ils soient si méconnus. Il m’est déjà arrivé plus d’une fois de découvrir un album bien ancré dans l’air du temps, qui aujourd’hui est encore frais ou qui a bien vieilli, et qui pourtant semble s’être évanoui dans les annales de l’histoire musicale. I Had Too Much to Dream (Last Night) du groupe The Electric Prunes est de ces albums.

Bon, ils ont peut-être un style un peu rude pour 1967, et leur musique semble même un peu avant-gardiste, mais leur musique m’a semblé si fascinante que j’ai été surpris de ne pas les avoir découverts plus tôt, ou même de n’avoir jamais entendu parler d’eux ! Le morceau éponyme, qui ouvre l’album, est un véritable chef-d’oeuvre.

Le début distordant et éthéré nous plonge immédiatement dans l’atmosphère, juste avant que le rythme ne s’accélère et que le refrain explosif ne se fasse entendre. Are You Lovin’ Me More (But Enjoying It Less) se construit de la même façon, mais orienté davantage vers le psychédélique et moins vers l’aspect garage de l’ambiance. Get Me to the World on Time, quant à lui, revient vers le rock & roll, avec une sonorité bien distinctive qui, cette fois, ne rappelle que le garage.

Bien sûr, la musique du groupe n’est pas aussi raffinée et lustrée que celle des Beatles, par exemple, mais elle ne m’a pas semblé aussi dure et aussi hermétique que celle des Sonics ou des Monks. Elle est plus franche, oui, mais elle a aussi une personnalité si particulière, si unique, si accrocheuse, que je ne comprends simplement pas pourquoi le groupe n’a pas plus de fans. Il a cette manière unique d’associer le rock psychédélique et tout son potentiel avec le côté brut du rock & roll et de ses débuts, ou le côté franc et viscéral qu’il atteindra plus tard avec le hard rock. Ainsi, il s’agit d’une autre belle découverte.

Da Capo (1967) – 848 jours, 936 albums

Ces derniers jours, j’ai découvert quelques nouveaux groupes que j’ai trouvés bien inspirants, par leur différence et leur personnalité. Le premier est Love, avec leur album Da Capo.

Situé à mi-chemin entre le rock psychédélique et celui de garage, ce groupe m’a bien surpris, et je suis encore mitigé sur mon impression que celui-ci m’a laissée. Mêlant ensemble les balades douces et folks, les instrumentations baroques et certains moments plus durs et rudes, l’humeur et l’ambiance semblent toujours changeantes. Stephanie Knows Who commence l’album avec presque une incantation insistante, avec une voix criarde, forcée et un peu désagréable. Mais étrangement, tout de suite après, Orange Skies nous offre une balade doux et sucrée…

De la même manière, Seven & Seven Is est rude et insistant, The Castle rappelle le folk avec sa guitare acoustique, et She Comes in Colors nous donne des saveur pop et revient vers le psychédélique. Et tout ça, c’est sans compter l’intense jam de près de 20 minutes à la fin de l’album !

Cependant, malgré cette inconstance, j’ai tout de même bien apprécié l’écoute de cet album, même si ce ne fut que par moments. Orange Skies, par exemple, m’a fait rêvé, et je dois avouer que The Castle est bien accrocheur ! Enfin, She Comes in Colors en vaut bien la peine.

Et par ces quelques moments, ces quelques instants de bonheur musical, l’album m’a donné le goût dans découvrir plus, d’écouter un second album du groupe. Ne serait-ce que pour découvrir où cet amalgame de styles mal dosés va mener le groupe, je frémis déjà d’impatience à l’idée d’écouter un album plus mature.