Next (1973) – 281 jours, 539 albums

The Sensational Alex Harvey Band: les promesses sont grandes. Et avec l’album Next, elles sont remplies avec un glam et hard rock décapant.

The Sensational Alex Harvey Band - Next

Il y a de l’égo dans ces morceaux, et il est bien placé. Les musiciens, et le chanteur!, ont une forte présence tout au long de l’album. Ils s’expriment avec le langage imposant du hard rock, avec la lourdeur des guitares électriques ou l’ampleur des cuivres. Et pour rendre leur musique spectaculaire et délectable, ils nuancent au glam rock. Le résultat est explosif, sans concession.

Gang Bang est ample et appuyé. Swampsnake fait cabaret, avec ses nuances de blues et de folk. The Faith Healer est travaillé et complexe, lent, alors que Next reprend le tango de Jacques Brel de manière éclatante.

Il n’a plus à en douter: le talent d’Alex Harvey est gravement sous-estimé, du simple fait qu’il soit méconnu.

New York Dolls (1973) – 288 jours, 552 albums

Avec leur glam rock, hard rock, proto-punk, les New York Dolls en mettent plein la vue avec leur album éponyme qui déménage.

New York Dolls - New York Dolls

En fait, on penche davantage vers un rock dur et solide, qui tend vers les débuts du punk, avec un chant sec et rugueux, que vers les subtilités artistiques du glam rock. Dès Personality Crisis qui ouvre l’album, on est plongé dans une ambiance ravagée, puissante, criarde. Plus loin, Frankenstein et Trash sont plus accomplis, offrant des compositions plus travaillées et plus harmoniques. Mais l’ambiance demeure la même: ferme, rugueuse, presque hargneuse.

Certains moments comme Lonely Planet Boy offrent un répit, mais le glam rock réside bien davantage dans les costumes, l’attitude et les racines du punk que dans la musique elle-même.

Country Life (1974) – 408 jours, 579 albums

Après la découverte de Roxy Music par leurs albums Roxy Music et For Your Pleasure, je me gardais Country Life pour un moment spécial. Ce mélange parfait d’art rock, de glam rock et de proto-punk m’avait séduit instantanément. Et le groupe a renouvelé le coup ici.

Roxy Music - Country Life

Avec l’art rock, on a cet éclatement des styles musicaux et ce raffinement dans leur juxtaposition. Avec le glam rock, on a cette épuration, cette simplicité et, surtout, cette sensualité palpable et languissante. Avec le proto-punk, on sent le retour d’une rudesse, d’une énergie jeune et fraîche. Le tout, ensemble, donne cette merveille qu’est Roxy Music.

Country Life est-il vraiment le chef-d’oeuvre du groupe ? Je n’en sais trop rien. Mais beaucoup de ses morceaux m’ont donné des frissons ou m’ont époustouflé. Out of the Blue est de ceux-là.

Les violons m’ont d’ailleurs fait frémir.

Triptych est fort intéressant, avec ses teintes baroques et médiévales. Casanova est puissant, appuyé, avec son rythme saccadé et ses envolées musicales. Cela dit, l’autre morceau accrocheur de l’album, c’est d’abord et avant tout The Thrill of It All, qui ouvre l’album avec énergie et génie.

Il semble contenir tout le talent et la musique de Roxy Music en à peine 6 minutes.

Sheer Heart Attack (1974) – 444 jours, 594 albums

Queen a plus d’un album dans ce défi. Je me suis donc plongé de nouveau dans leur glam rock, hard rock, art rock, cette fois avec l’album Sheer Heart Attack.

Queen - Sheer Heart Attack

Vous aurez peut-être remarqué que ma découverte progressive/temporelle des albums de ce défi s’est quelque peu effacée. C’est que je suis arrivé au bout du livre, et que je peux désormais me permettre de découvrir le reste des albums dans un ordre plus hasardeux, maintenant que je connais les grands styles et les grandes lignes de la musique des 60 dernières années. D’où des classiques que j’avais sautés, tels que Pet Sounds et The Wildest!, et d’où mon retour à Queen. Même si cet album ne pourrait pas vraiment être caractérisé de classique

Il s’agit d’excellente musique, mais disons qu’avec la cuisine et le ménage, la plupart de l’album est passé plutôt inaperçu, malgré des écoutes répétées. Aucun morceau en particulier ne m’a accroché l’oreille, même si certains étaient meilleurs que d’autres. Cela dit, je crois encore avoir quelques difficultés à pleinement apprécier toute la complexité de Queen et de leur musique. Ce mélange unique de glam, de hard et de art rock est difficile à décrypter.

Je ne vous laisserai toute fois pas en reste. Now I’m Here est fort appréciable, par exemple.

Certains morceaux sont plus moqueurs, comme Bring Back That Leroy Brown, alors que d’autres ont quelque chose de typiquement queenesque, comme Killer Queen qui ressemble à une comptine ou à un opéra. D’autres encore sont plus axés sur le hard rock en tant que tel, comme l’énergique Flick of the Wrist ou Brighton Rock, qui ont une énergie solide et appuyée, agrémentée d’une voix et de détails musicaux tiré du glam rock.

Mais tel que mentionné plus haut, il faut porter une attention particulière à cet album si l’on veut en saisir les nuances, l’apprécier, et qu’on ne veut pas qu’il nous passe par les oreilles inaperçu.

Station to Station (1976) – 766 jours, 841 albums

Après la révélation que fut Aladdin Sane de David Bowie, j’ai dû écouter sans trop attendre un autre album de cet artiste prodige. Il se mérite quand même 7 albums dans ce défi ! Ainsi, j’ai écouté Station to Station.

J’ai eu de la difficulté à caractériser cet album. Il m’a semblé moins profond que celui mentionné plus haut, mais il gardait néanmoins la même signature musicale. Il s’agit donc, ici, d’un mélange froid et étrange de art rock, par la variété des styles et la profondeur de l’exploration artistique, de glam rock et de proto-punk, pour la simplicité et la froideur mais sans l’aspect sensuel, et de rock expérimental, parce que, bon, cet album est trop particulier pour avoir sa propre catégorie.

En plus de la disparité stylistique de l’album, les morceaux eux-mêmes m’ont semblé difficiles à appréhender. Je sais qu’ils sont bons, que je vais les réécouter et qu’ils ont touché quelque chose en moi, quelque chose de davantage intellectuel qu’émotionnel. Mais je ne saurais vous les présenter proprement, il me semble. Alors, je vais simplement vous faire écouter les meilleurs morceaux. Vous vivrez, ainsi, l’expérience par vous-mêmes.

D’abord, l’accrocheur et complexe TVC 15.

Ensuite, l’étrange mais fort appréciable Stay.

Enfin, le sensuel mais sans âme Golden Years.

Voilà, tout est dit.

A Night at the Opera (1975) – 769 jours, 844 albums

Un classique de la musique populaire, un incontournable, s’est imposé sur mon chemin. Il s’agit de A Night at the Opera de Queen.

Après ma découverte désormais officielle du groupe, je n’ai pas pu m’empêcher longtemps d’écouter un second album, surtout qu’il s’agit de celui duquel on m’avait tant parlé, de celui qu’on m’avait vanté comme étant le chef-d’oeuvre du groupe. Enfin, c’est surtout qu’il contient Bohemian Rhapsody.

Ai-je vraiment besoin de décrire l’importance ou la qualité de ce morceau ? Si tel est le cas, écoutez-le. Si c’est toujours le cas, réécoutez-le. Voilà, tout est dit.

Mais j’avais peur que l’album ne contient que ce moment épique comme morceau digne de mention. Pourtant, j’ai découvert une kyrielle de styles, de bons moments, de découvertes. Il y a eu le puissant et déchirant I’m in Love with My Car, l’ensoleillé You’re My Best Friend qui rappelait les Beach Boys avec une touche glam rock…

Il y avait aussi le naïf et énergique Seaside Rendezvous qui avait même une touche burlesque, ainsi que le complexe et excellent The Prophet’s Song. Il est difficile de recenser tout ce qui se passe sur cet album déjanté, explosif et tellement varié. Sa complexité semble être sans fin, et le découvrir n’est définitivement pas assez : le redécouvrir quelques autres fois s’impose sans même que l’on ait à hésiter. Bref, je comprends maintenant pourquoi il s’agit d’un classique.

Kimono My House (1974) – 773 jours, 850 albums

Me voyant ainsi en manque de glam rock, je me suis sustenté avec Kimono My House du groupe Sparks.

Bien sûr, je ne fus pas surpris de trouver sur cet album bien plus que du glam rock. Avec un nom et une pochette comme celle-là, on s’attend déjà à quelque chose qui sort de l’ordinaire, et ce fut le cas ! C’est donc une musique exceptionnelle, habitée d’une théâtralité exubérante et embellie d’un style distinct que j’ai découverte en écoutant cet album. Avec This Town Ain’t Big Enough for the Both of Us, l’album s’ouvre avec un son hypnotique, une voix sortie d’on ne sait quel opéra, et on sait que l’expérience sera bien appréciable. Plus loin, Here In Heaven nous plonge même dans un monde sinistre et tourmenté.

Mais le groupe sait aussi être pop et créer des morceaux accrocheurs, comme l’excellent Thank God It’s Not Christmas.

Et là, je passe rapidement sur quelques autres perles de l’album, comme le lent et obsessif Equator, ou encore l’accrocheur In My Family, bref, que des morceaux de glam rock comme on les aime ! Une autre belle découverte qui me rappelle pourquoi je fais cet exigeant défi.

Queen II (1974) – 773 jours, 850 albums

Un autre groupe incontournable de l’époque est indéniablement Queen. J’ai donc écouté leur album Queen II.

Je connaissais déjà le groupe, mais si peu. Quelques grands classiques, par-ci par-là, mais je n’avais jamais pris le temps d’écouter un album complet, intégral du groupe. Maintenant c’est chose faite, et je dois dire que j’ai adoré la découverte. Ce mélange élégant de art, de hard et de glam rock m’a séduit dès le second morceau, le premier n’étant qu’une courte introduction.

Quoique c’est vraiment avec White Queen (As It Began) que j’ai eu l’impression que l’album débutait dans toute son ampleur. Le ton calme, les quelques montées énergiques, une certaine atmosphère à la fois éthérée et dramatique par moments : tout y est pour faire un excellent morceau. Un peu plus loin, c’est The Loser in the End qui m’a séduit.

Il a quelque chose d’enlevant et de parfaitement équilibré. Il est puissant mais sans être brut, comme s’il avait été poli juste assez pour lui donner un lustre, mais pas trop pour lui enlever son énergie si animale, mais pourtant si contrôlée.

Avec Ogre Battle, j’ai eu l’impression de tomber dans du véritable hard rock, sans concession. Et tout de suite après, The Fairy Feller’s Master-Stroke ne peut être que remarqué par sa splendeur et son aspect étincelant, en contraste avec le morceau précédent. Enfin, c’est The March of the Black Queen que j’ai apprécié le plus sur ce chef-d’oeuvre.

En fait, c’est l’un des rares albums où presque tous les morceaux m’ont plu assez pour que je les remarque et que j’ais le goût de les réécouter. Je croyais peut-être trouvé davantage de glam rock, mais ce mélange bien calibré de art rock et de hard rock, avec une touche sexy, m’a plu bien plus que ce à quoi je m’attendais.

Aladdin Sane (1973) – 781 jours, 863 jours

Il y a un album que je souhaitais écouter depuis un petit bout de temps, mais un autre album venait toujours le remplacer dans ma liste d’écoute. N’en pouvant plus de le voir languir, j’ai enfin écouté Aladdin Sane de David Bowie, et je ne l’ai pas regretté.

J’avais bien aimé l’autre album de Bowie que j’ai écouté, mais il ne m’avait pas fasciné non plus. Celui-ci l’a fait. Il reprend la belle expérience Ziggy Stardust et la démultiplie. Bowie va plus loin, semble défoncer les frontières. Avec le morceau éponyme, je savais déjà que cette expérience serait unique.

Avec son piano vibrant, aux notes presque discordantes mais pourtant si harmonieuses, ce morceau a quelque chose d’onirique, de rêveur, mais de dramatique à la fois, surtout au refrain, où la voix de Bowie devient fantomatique, l’espace de quelques instants. C’est un peu la même chose pour mon autre morceau favori de l’album, soit Lady Grinning Soul.

Le piano, encore une fois, a quelque chose de magique, dans ses longues vagues de notes, comme une sorte de houle mélodique qui transporte cette histoire mélancolique. Comme seul gouvernail : la voix légère et passionnée de Bowie. Ce voyage, à mesure qu’il se construit, devient un véritable charme duquel on ne veut plus sortir.

Mais l’album n’a pas que ces morceaux aériens comme valeur. Il y a aussi Cracked Actor que j’ai trouvé bien accrocheur et puissant, ainsi que Time, qui se présente d’abord comme une étrange scène avant de devenir un morceau des plus inspirants, avant de retomber dans le mystère et le déjanté. Cela dit, ce sont les deux morceaux nommés plus haut qui, à mon avis, font vraiment de cet album une merveille. Et ces nouvelles découvertes me donnent également le goût de voir de quoi cet artiste est capable, encore quelques albums plus loin.

For Your Pleasure (1973) – 782 jours, 865 albums

Comme Roxy Music était une découverte étrange, je me suis empressé d’écouter un second album du groupe, afin de pouvoir mieux le cerner. Cet album fut For Your Pleasure.

Ma première écoute du groupe m’avait laissé plutôt perplexe, mais je dois dire que le second album m’a tout simplement séduit. Ce mélange de glam rock et de art rock avec une interprétation et un ton absolument uniques, c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans ce défi. Je trouve leur musique stimulante, intéressante, fraîche. Do the Strand, qui ouvre l’album, nous plonge sans attendre dans cet univers déjanté, dans ce territoire qui n’a pas encore de sentiers battus.

Le piano insistant, la voix glauque et mystérieuse, le saxophone enfumé : ce début a quelque chose d’intense, d’intime, d’incroyablement prenant. La complexité musicale se lie ici à merveille avec la voix étrange du chanteur. L’effet émotionnel s’en trouve décuplé. Aussi, en écoutant ce morceau, surtout le début, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à The Rocky Horror Picture Show. Je vois les mêmes velours rouges, les mêmes personnages androgynes, la même danse effrayante.

Plus loin, j’ai bien apprécié le tonitruant Editions of You, avec son énergie intempestive et son ambiance désinvolte, le tout sur le ton habituel du groupe, lui conférant ainsi un attrait surprenant. Cependant, le meilleur moment de l’album, le plus saisissant, le plus captivant, c’est définitivement In Every Dream Home a Heartache.

L’orgue discret et frissonnant, la voix languissante, les guitares silencieuses et retenues, ces paroles dépressives mais habitées d’une tension grandissantes : on sent que le morceau peut exploser à tout moment. Et pourtant, la voix continue, inébranlable, mais vibrant d’émotion et d’intensité. Puis, quelques minutes plus tard, après cette longue construction, le morceau explose pour quelques instants avant de s’évanouir dans le silence. J’en ai encore des frissons, tout comme j’en ai à chaque fois que j’écoute le morceau, que j’appréhende sa fin et son apogée.

Voilà ce que j’ai découvert avec ce nouvel album. Seulement deux du groupe, et je suis déjà conquis. Et dire que le meilleur du groupe, semble-t-il, reste encore à venir…