Peggy Suicide (1991) – 206 jours, 482 albums

Julian Cope - Peggy SuicideJulian Cope semble avoir emprunté le sentier du college rock à la R.E.M. avant de s’écarter du chemin. Peggy Suicide offre un rock explosif et hétéroclite qui remet le psychédélique au goût du jour.

Cope ne tombe pas de l’expérimental. Mais son album peut sembler décousu au premier auditeur. Pristeen a des accents de R.E.M. et de college rock. Double Vegetation encore davantage, avec l’énergie cette fois-ci. East Easy Rider a des touches de blues-rock. Promised Land est calme et lent. Et ainsi de suite…

La plupart du temps, c’est un rock puissant, détaillé, qui est joué. Qu’il soit tourmenté comme sur You…, plus lyrique et blues comme sur Safesurfer ou plus affirmé comme sur Hanging Out & Hung Up to Dry, il prend toute la place ou presque. Cela n’empêche pas quelques percussions latines ou des violons de faire des apparitions…

Un album complexe qui vous demandera quelques écoutes pour l’apprivoiser et le détailler, mais qui semble manquer quelques qualités pour demeurer sur votre étagère une fois cette étude faite.

Deserter’s Songs (1998) – 382 jours, 558 albums

Un psychédélisme renouvelé mêlé à de la pop rêveuse, mais avec une ambiance étrange, conviée par les vibrations d’une égoïne, d’une voix anémique et de mélodies pianotées comme des valses voilées et funèbres : voilà ce qu’offre l’album Deserter’s Songs du groupe Mercury Rev.

Mercury Rev - Deserter's Songs

 

Donc, un néo-psychédélisme sombre et une dream pop légère, presque naïve. Les deux juxtaposés et mêlés donnent un résultat à la fois envoûtant (mais pas trop) et insécurisant. On ne plonge pas dans l’album : on semble flotter à sa surface, en admirant les reflets sombres et lunaires de l’eau. L’égoïne, qui est par exemple dans Holes et dans Endlessly, a quelque chose de fantomatique, et la mauvais qualité, qui rappelle un gramophone sur I Collect Coins, donne dans la nostalgie. Et à travers tout ça, une pop légère ressort, qui nous ramène dans les sixties, avec une énergie juvénile et candide.

Opus 40 offre un peu de tout ça, et est une véritable douceur pour les oreilles.

Goddess on a Hiway est du même genre, avec sa mélodie accrocheuse, sa complexité intrigante et son piano vibrant. Holes ouvre l’album comme un bal étrange, un peu brumeux mais à peine, alors que Tonite It Shows ressemble à une valse funèbre, triste.

À travers ses morceaux un brin désarticulés, l’album nous fait voir un bien étrange kaléidoscope : un qui fait voir des formes extravagantes, mais en noir et blanc.

The Soft Bulletin (1999) – 411 jours, 587 albums

Le son coloré et fantaisiste des Flaming Lips est bien attrayant sur leur album néo-psychédélique The Soft Bulletin.

covers4u.net

Mais bon, peut-être pas autant que sur Yoshimi Battles the Pink Robots. Ici, la musique était certes psychédélique et colorée à souhait, mais elle semblait moins finalisée que sur l’autre album que j’ai écouté. Aussi, les morceaux étaient moins accrocheurs. Mis à part, bien sûr, l’excellent Race for the Prize.

Pour le reste, je sens la richesse et la complexité des morceaux. Certains semblent être de véritables méandres dans lesquels on pourrait s’engouffrer complètement, sans regarder en arrière. Mais on dirait que beaucoup de ces morceaux ne m’ont pas particulièrement appelé. Peut-être que, comme trop souvent, quelques écoutes supplémentaires seraient nécessaires pour pleinement apprécier ces paysages rêveurs.

Cela étant dit, je garde une profonde admiration pour ce genre de musique. Le psychédélisme, et maintenant le néo-psychédélique, me fascine, et a toujours une place de choix dans mon coeur. Peut-être est-ce simplement pour ça que je suis plus critique à l’encontre de ces groupes.

Yoshimi Battles the Pink Robots (2002) – 469 jours, 626 albums

J’ai enfin pris le temps de découvrir un autre groupe qu’il me titillait d’entendre depuis un bon bout de temps. J’ai écouté le groupe The Flaming Lips et leur album Yoshimi Battles the Pink Robots : un savoureux mélange de néo-psychédélique, de dream pop, et d’un peu d’expérimentation.

The Flaming Lips - Yoshimi Battles the Pink Robots

Il serait difficile de mieux définir cette musique éclatée, qui semble partir dans tous les sens, mais qui pourtant reste unie et relativement homogène. On a l’impression d’avoir une multitude d’influences et d’inspirations mises ensemble, mais de manière hétérogène, comme le rock psychédélique s’y prenait. Quelques moments plus expérimentaux parsèment l’album, mais lui confère ainsi une atmosphère plus surréaliste et rêveuse, un brin futuriste, où le monde est peuplé de robots roses et de paysages colorés. À ce titre, Yoshimi Battles the Pink Robots, Pt. 1 est définitivement mon morceau favori.

Mais l’album n’est fait que de ces morceaux accrocheurs, rêveurs, éthérés et inoubliables. Fight Test qui ouvre l’album, In the Morning of the Magicians et son ambiance céleste, It’s Summertime qui réveille et vivifie, et enfin Do You Realize??, l’autre perle de l’album.

Dommage que ce défi ne comporte qu’un autre album du groupe : je devrai découvrir le reste par moi-même. Mais déjà, avec cet album, le groupe m’a séduit et m’a fait rêver.

Let Love Rule (1989) – 615 jours, 718 albums

Autre belle découverte : Lenny Kravitz. J’avais entendu son nom. Je n’avais jamais entendu de sa musique. Mais avec l’album Let Love Rule, c’est maintenant fait. Et, par la même occasion, j’ai découvert le néo-psychédélique.

Lenny Kravitz - Let Love Rule

J’ai de la difficulté à concevoir l’idée d’un néo psychédélisme. C’est que, après avoir suivi à la trace l’évolution de la musique populaire sur presque, déjà, 300 albums, j’ai l’impression que tout découle, d’une manière ou d’une autre, du rock psychédélique de la fin des années 60. Sans le psychédélique, la musique qui a suivi aurait été bien différente. En observant le art rock, le glam rock et même plusieurs sortes de métal, on y voit cette trace indélébile. Seule possible exception : le punk. Et même là…

Mais, en même temps, force est de constater que, vers la fin des années 80, et au début des années 90 (dans lesquelles je suis présentement plongé), il semble avoir une recrudescence dans ce mélange des styles. On colle le funk et le hip hop au métal, le métal au punk, le punk à l’électro. On va aussi chercher des styles oubliés, pour les créer de nouveau, pour y mêler des éléments contemporains, comme  le garage rock qui se transforme en noise rock. Ainsi, en quoi comporte réellement le néo-psychédélique exposé par Kravitz ? Voilà quelque chose qui m’échappe. J’y vois la variété des styles, et même un retour de l’ambiance du rock psychédélique, un peu, mais ce qui caractérise spécifiquement le style m’échappe.

Cela en fait un album complexe et intéressant, intriguant. Prenez Sittin’ on Top of the World pour exemple.

La guitare folk ouvre le bal, avec des airs de balades, puis arrivent un rythme funk, et la voix se transforme presque en gospel. Plus loin, la batterie et la guitare jouent un rock plus classique, à la limite du hard rock dans sa forme et sa force. Et pourtant, tout s’agence sans heurt. Let Love Rule ne nous laisse pas en reste non plus, avec un rythme plus doux et lent, mais une voix viscérale et un orgue qui ne laissent aucun compromis. Ajoutez à cela quelques cuivres… Plus loin, l’intro de Mr. Cab Driver n’est pas sans rappeler le Bowie de Berlin, alors que, dès que le morceau débute, on se retrouve avec un rock & roll mêlé de relents de garage. Puis vient le touchant et sombre Be.

Viennent enfin le plus psychédélique Empty Hands et le plus énergique Flower Child, qui clôture l’album avec des images musicales à la Bowie et à la Hendrix.