Reggatta de Blanc (1979) – 110 jours, 474 albums

The Police - Reggatta de Blanc (1979)The Police est pas mal connu de tous. On a tous entendu Message in a Bottle, contenu sur cet album, Reggatta de Blanc. Mais beaucoup de leurs morceaux demeurent méconnus, ou ont été oubliés par l’histoire. Pourtant, le groupe offre une musique assez riche et des morceaux intéressants. Bien que la plupart soient, naturellement, moins accrocheurs que les hits que vous connaissez.

Cette richesse, elle vient de cet ajout subtil de reggae à un post-punk très inspiré du album rock rond et pop. Il ne ment pas dans l’ambiance décontractée de Walking on the Moon, mais des morceaux comme It’s Alright for You sont clairement pop. Contact flirte avec l’expérimental mais n’y tombe jamais, donnant une texture fascinante à un morceau très abordable.

Pour dire que certains hits viennent parfois ombrager des groupes beaucoup plus diversifiés qu’il n’y paraît.

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Dear Science (2008) – 132 jours, 478 albums

TV on the Radio - Dear Science (2008)Ce sont des albums comme Dear Science qui valent ce défi. On finit par se fatiguer des albums trop similaires, que ce soit du rock, de la pop, du hip hop, du blues ou du jazz. Bon, peut-être pas le jazz… Mais une fois de temps à autre, un album si nouveau et si différent surgit.

TV on the Radio, c’est un peu comme de la pizza. Il est impossible de deviner le goût de la pizza si l’on n’en a jamais mangé. Même si vous connaissez parfaitement le goût du pepperoni, de la tomate, de la mozzarella et de la pâte, la pizza est quelque chose d’autre. Quelque chose de plus que la somme de ses composantes.

C’est la même chose avec Dear Science. On peut y retrouver le son 8-bit et écorché du lo-fi mêlé à des cuivres tonitruants (Dancing Choose), le funk, le hip hop et le wall of sound, muni de quelques sons électro (Golden Age), la réverbération d’un piano accompagné de violons sur une mélodie mélancolique qui grandit pour devenir immense et claire (Family Tree), de l’émotion déchirante (Love Dog), des rythmes enflammés et des percussions africaines (Red Dress)…

Tout y est. Cherchez.

Surtout, le tout est habité d’un certain mysticisme, d’une ambiance aérienne, parfois même méditative. Halfway Home vous enveloppe dès l’ouverture de l’album. Il vous saisit. J’ai écouté ce morceau, déjà, des douzaines de fois. Et encore, il m’émeut.

On finit par se fatiguer de tous les styles. Pour certains, par contre, c’est plus long. Et le post-rock a encore, j’en suis sûr, plusieurs surprises dans sa poche.

Peggy Suicide (1991) – 206 jours, 482 albums

Julian Cope - Peggy SuicideJulian Cope semble avoir emprunté le sentier du college rock à la R.E.M. avant de s’écarter du chemin. Peggy Suicide offre un rock explosif et hétéroclite qui remet le psychédélique au goût du jour.

Cope ne tombe pas de l’expérimental. Mais son album peut sembler décousu au premier auditeur. Pristeen a des accents de R.E.M. et de college rock. Double Vegetation encore davantage, avec l’énergie cette fois-ci. East Easy Rider a des touches de blues-rock. Promised Land est calme et lent. Et ainsi de suite…

La plupart du temps, c’est un rock puissant, détaillé, qui est joué. Qu’il soit tourmenté comme sur You…, plus lyrique et blues comme sur Safesurfer ou plus affirmé comme sur Hanging Out & Hung Up to Dry, il prend toute la place ou presque. Cela n’empêche pas quelques percussions latines ou des violons de faire des apparitions…

Un album complexe qui vous demandera quelques écoutes pour l’apprivoiser et le détailler, mais qui semble manquer quelques qualités pour demeurer sur votre étagère une fois cette étude faite.

Come On Feel the Illinoise (2005) – 224 jours, 509 albums

Sufjan Stevens - Come On Feel the IllinoiseUn monde de rêveries et de couleurs, teinté de chamber pop aux violons et à l’instrumentation classique et de folk-rock indie: c’est ce qu’offre Sufjan Stevens sur son album Come On Feel the Illinoise (ou Illinoise pour les intimes). Une musique personnelle et intime. Une perle à découvrir.

Le folk mesuré de Jacksonville m’a fait rêver de grands chemins, de prairies et de soirées à la campagne. Chicago m’a donné des frissons avec ses violons et sa voix à fleur de peau. La composition a un quelque chose de rêveur, de fabuleux, de divin. Le morceau ressemble à une confession innocente et à une aventure épique à la fois.

Et que dire du piano! Il traverse tout l’album avec ses notes claires, ses accords bleus, son jeu parfois joyeux, parfois mélancolique. Il expose toute sa splendeur dans le frissonnant The Seer’s Tower: un morceau qui m’a tiré quelques larmes.

Tout l’album est une merveille, un sac au trésor où se cachent des rêves, des couleurs (souvent bleues), des cieux au crépuscule ou à l’aube. Il est habité milliers d’instruments: autant de violons, de vibraphones, de tambours, de guitares, de chant qu’il est possible d’en rêver. Il séduit dès le piano mélancolique de Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, et nous transporte tout l’album durant, sans jamais nous laisser retomber au sol. On se sent un peu comme Peter Pan, qui aurait connu une peine d’amour.

En bonus:

Dookie (1994) – 224 jours, 509 albums

Green Day - DookieSur Dookie, Green Day s’inspire du post-grunge pour produire un punk-pop mordant qui reste dans les oreilles.

Il y a un peu du côté écorchant du punk, mais la rondeur des guitares et les mélodies à saveur pop font oublier tout ça. Des morceaux comme Long View, l’accrocheur et très mélodique Welcome to Paradise, le mémorable Basket Case, le hit When I Come Around et le plus mesuré mais non moins énergique F.O.D. font partie des bons moments de l’album.

Ce n’est plus le punk sec des années 80. Il est ici plus nuancé, avec une approche plus abordable et un sens important de la mélodie et de la structure hérités du grunge. Un album intéressant muni quelques hits qui en valent l’écoute.

1977 (1996) – 225 jours, 512 albums

Ash - 1977Indie, pop, punk, britpop: on a parfois de meilleurs résultats lorsqu’on ne se cantonne pas à un seul style. Ash joue la musique qu’il a à jouer. Et ensuite, on peut tenter de circonscrire sa musique en deux ou trois styles et influences. À ce titre, 1977 a sa personnalité.

Dans certains morceaux on sent un rock indie pas trop loin de nous. Ailleurs c’est le punk qui ressort, avec son ton sec, dur et épuré, mais rend presque pop, avec la mélodie mise en vedette. Partout on sent l’influence britannique, l’irrévérencieux britpop.

Les ambiances aussi varient à souhait. Lose Control ouvre par ailleurs avec puissance, sans concession, alors que Goldfinger suit avec quelque chose de plus émotif. I’d Give You Anything rappelle le rock de garage et Kung Fu mise sur une mélodie pop et accrocheuse. Innocent Smile est saturé de guitares et de batterie mais dans un environnement contrôlé, et Lost in You donne clairement dans la balade.

Il ne s’agit peut-être pas d’un incontournable, mais le groupe parvient à affirmer sa personnalité. Sans être une découverte, cet album mérite bien sa place ici.

Lost Souls (2000) – 229 jours, 520 albums

Doves - Lost SoulsAmbiance éthérée, mélodies harmonieuses, espace saturé: Lost Souls de Doves est une pop britannique qui fait rêver.

Ajoutez à cela quelques morceaux accrocheurs, des mélodies qui n’ont pas peur de devenir émotives ou d’être légèrement audacieuses, et vous avez cet album qui transporte, qui enveloppe.

Firesuite ouvre l’album avec une ambiance sous-marine qui rappelle Air, avant de tomber dans un drame étrange et voilé. Here It Comes cède à la tentation et à la tourmente (la douce). Sea Song conserve le même aspect tragique, mais semble s’envoler tout à la fois, comme dans un vol au crépuscule, alors que Catch the Sun tombe dans un rock plus lourd et appuyé, mais diablement entraînant.

Plusieurs moments de l’album passent toutefois inaperçus. Les albums de dream pop britannique ne manquent pas: se distinguer est un pari risqué. Le groupe l’emporte sur les morceaux nommés, mais perd sur le reste.