Come On Feel the Illinoise (2005) – 224 jours, 509 albums

Sufjan Stevens - Come On Feel the IllinoiseUn monde de rêveries et de couleurs, teinté de chamber pop aux violons et à l’instrumentation classique et de folk-rock indie: c’est ce qu’offre Sufjan Stevens sur son album Come On Feel the Illinoise (ou Illinoise pour les intimes). Une musique personnelle et intime. Une perle à découvrir.

Le folk mesuré de Jacksonville m’a fait rêver de grands chemins, de prairies et de soirées à la campagne. Chicago m’a donné des frissons avec ses violons et sa voix à fleur de peau. La composition a un quelque chose de rêveur, de fabuleux, de divin. Le morceau ressemble à une confession innocente et à une aventure épique à la fois.

Et que dire du piano! Il traverse tout l’album avec ses notes claires, ses accords bleus, son jeu parfois joyeux, parfois mélancolique. Il expose toute sa splendeur dans le frissonnant The Seer’s Tower: un morceau qui m’a tiré quelques larmes.

Tout l’album est une merveille, un sac au trésor où se cachent des rêves, des couleurs (souvent bleues), des cieux au crépuscule ou à l’aube. Il est habité milliers d’instruments: autant de violons, de vibraphones, de tambours, de guitares, de chant qu’il est possible d’en rêver. Il séduit dès le piano mélancolique de Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois, et nous transporte tout l’album durant, sans jamais nous laisser retomber au sol. On se sent un peu comme Peter Pan, qui aurait connu une peine d’amour.

En bonus:

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A Short Album About Love (1997) – 286 jours, 548 albums

Une explosion de pop, d’orchestrations et d’émotions sur A Short Album About Love de The Divine Comedy. Le chanteur y met le paquet, avec intensité et abandon, transformant son chamber pop badin en orchestre puissant et viscéral.

The Divine Comedy - A Short Album About Love

L’orchestre, définitivement, donne une ampleur incommensurable à ces morceaux venus des tripes et du cœur. La pop reste, mais l’album prend un certain sérieux, donnant davantage de place à l’émotion que son prédécesseur, Casanova. Ou sont-ce les émotions qui sont plus grandes? Dans In Pursuit of Happiness et Someone, entre autres, la musique construit un crescendo incroyable vers la fin, et le poids de l’ambiance devient presque insoutenable.

Certains préféreront peut-être l’alliage plus délicat du classique à la pop qu’on peut retrouver sur les autres albums de l’artiste. Mais on ne peut nier la puissance émotive de ce petit album, où on l’a distillé pour la rendre encore plus concentrée et poignante.

Deux autres morceaux qui valent votre oreille: If I Were You (I’d Be Through With Me) et Timewatching. Quoique la qualité relative des morceaux est facilement contestable.

Seventh Tree (2008) – 304 jours, 558 albums

Goldfrapp refait le coup: avec Seventh Tree, c’est une ambiance douce, éthérée et rafraîchissante qui nous habite. Après Felt Mountain, il affirme et définit un peu plus ce mélange unique et personnel de trip-hop et de chamber pop.

Goldfrapp - Seventh Tree

Le folk doux et badin de Clowns se transforme rapidement en une ambiance riche et mystérieuse. Immédiatement, on est saisi d’un léger frisson: une clairière sonore s’ouvre devant nous, où paissent les instruments presque immatériels qui construisent le paysage.

Happiness porte ce voyage un peu plus loin, avec une balade accrocheuse et insistante. Elle rappelle les mélodies innocentes de sixties, avec sa légèreté. Mais un mince voile lumineux recouvre tout de même la scène, amenant une dimension plus pleine et envoûtante au morceau.

Cet album est aussi saisissant que l’autre que j’ai écouté du groupe, mais pas de la même façon. Il troque l’intensité et la grandeur pour la candeur et une insoutenable légèreté.

Coles Corner (2005) – 475 jours, 629 albums

Le premier album : le chamber pop et le charme indie de Coles Corner, de l’artiste Richard Hawley.

Richard Hawley - Coles Corner

Ce que j’ai retenu de cette musique : une simplicité touchante et un retour aux sources. Il y a dans ces morceaux une poésie simple, douce, où il fait bon se promener. Certains morceaux, dont Just Like the Rain, m’ont rappelé ma découverte de la musique folk, avec la guitare électrique et la voix du chanteur, sentimentale, mise à l’avant-plan. D’autres, comme Hotel Room, s’ouvre avec des thèmes de crooner, nous ramenant aux belles années de la séduction, de la galanterie et des jeunes femmes en robe rouge.

On se laisse porter tranquillement dans les rêveries de cet album, on se laisse bercer par les mélodies simples et touchantes. Écouter ces morceaux me rend nostalgique de tant de beaux moments de la musique. Le relaxant The Ocean, le plus énergique (à peine) et folk I Sleep Alone, l’encore plus folk, presque country, et larmoyant (Wading Through) The Waters of My Time, et le rêveur Last Orders, qui clôture l’album : tous des moments presque silencieux et d’une beauté merveilleuse. Le dernier morceau à mention avant de vous laisser avec l’album : Coles Corner.

Voilà : tout y est.

Want Two (2004) – 477 jours, 630 albums

Dernier album écouté lors de ce voyage à Québec : Want Two de Rufus Wainwright.

Rufus Wainwright - Want Two

Depuis le temps que je souhaitais écouter la musique de cet artiste, je me le suis enfin permis. Car ce n’était pas la première fois que j’entendais parler de Wainwright, ou des Wainwright en famille. Ne pas connaître la musique de Rufus était donc une lacune fort inconfortable pour moi. Désormais, ce n’est plus le cas. Et désormais, je suis séduit, comme beaucoup d’autres, par cette musique touchante et sensuelle, hétéroclite et fascinante, rêveuse et éthérée, juste assez. Bref, du chamber pop, comme on l’aime, mais avec une touche presque britannique, qui n’est pas sans rappeler le britpop que j’affectionne tant.

Après un chant incantatoire un peu troublant, l’album s’ouvre véritablement avec le morceau The One You Love qui est accrocheur, séduisant, doux, et qui, encore une fois, rappelle un jardin anglais particulièrement lumineux.

Un peu plus loin, Little Sister s’ouvre même avec des violons et une structure classique qui renforcent cette image si particulière, un peu baroque et anglaise, qui me fascine tant. The Art Teacher reprend d’ailleurs cette ambiance, mais de manière encore plus exquise et poignante.

Et tout l’album fourmille de ces petites perles brillantes, qu’on ne peut pas toutes saisir en une seule écoute de l’album. Malgré nos efforts, elles semblent se défiler entre nos doigts, comme des notes insaisissables, et qui demandent une attention toute particulière pour se laisser prendre et se dévoiler. This Love Affair est lyrique et mélancolique, Gay Messiah donne plutôt dans l’acoustique, mais ne se prive pas de violons et d’émotion aussi poignante, alors que Waiting for a Dream est plus mystérieux et éthéré.

Bref, un album ne sera pas assez non plus pour pleinement découvrir les multiples facettes de cet artiste fascinant. D’autres devront suivre, mais en parallèle de ce défi.

Felt Mountain (2000) – 489 jours, 634 albums

Je me suis aussi aventuré à découvrir le groupe de trip-hop et de chamber pop Goldfrapp, avec leur excellent album Felt Mountain.

Goldfrapp - Felt Mountain

J’en fus séduit dès le début. Les cuivres dissonants qui ouvrent le premier morceau, Lovely Head, attirent tout de suite l’attention et laissent présager un album bien particulier. Tout de suite après, on tombe dans une ambiance éthérée, sensuelle et mystérieuse, mais on sait désormais de quoi le groupe est capable. La guitare électrique en distorsion et plaintive nous le rappelle sans cesse. Paper Bag reprend la même atmosphère, mais cette fois avec une touche un brin plus délicate. Encore une fois, c’est une musique qui me charme par sa fumée, son mystère, et la contemplation qu’elle amène.

Vient ensuite Human, qui ne fut pas sans me rappeler la musique de James Bond : violons, rythme jazzy, voix féminine et sensuelle, bref tout y est, rehaussé par quelques éléments d’électro et un peu de dissonance.

L’autre morceau de l’album que je tiens à faire remarquer est l’étrange Utopia, avec son chant d’opéra et sa construction accrocheuse. Le morceau se développe peu à peu, mettant couche par-dessus couche, nous prenant peu à peu dans ses griffes, dans cette atmosphère indescriptible : électrisante, vaporeuse, grandiose… je ne sais trop !

Le reste de l’album nous plonge dans cet univers unique, passionnant. Ce n’est pas tous les jours que l’on tombe sur un groupe qui parvient à inventer un style qui lui est propre et unique en tout point, ou presque. Quoique avec ce défi, cela arrive plus souvent qu’à l’ordinaire, un groupe comme Goldfrapp est toujours rafraîchissant, et me rappelle pourquoi je consacre tant d’effort à écouter tant d’albums.

If You’re Feeling Sinister (1996) – 489 jours, 634 albums

Écouter un autre album de Belle & Sebastian, et me plonger de nouveau dans cette ambiance de twee pop et de chamber pop, me semblait bien alléchant. J’ai donc écouté If You’re Feeling Sinister.

Belle and Sebastian - If You're Feeling Sinister

Par contre, je dois vous avouer d’entrée de jeu que j’ai moins apprécié cet album que Tigermilk. L’ambiance était bonne et enveloppante, douce et sucrée, badine aussi, mais elle n’avait pas l’étincelle de la nouveauté que le premier du groupe possédait. Cela n’a toutefois pas empêché quelques morceaux de retenir mon attention, ni de me plonger dans l’album pour un moment de douceur bien apprécié. Le premier morceau que j’ai trouvé accrocheur et intéressant fut Seeing Other People.

Vers la fin de l’album, il y avait aussi le plus énergique Mayfly, suivi de The Boy Done Wrong Again, qui était plus touchant et lyrique.

Mais pour le reste, je dois dire que les autres morceaux sont passés un peu plus inaperçus. Il manquait, comme je disais, cette petite étincelle…