Lost Souls (2000) – 229 jours, 520 albums

Doves - Lost SoulsAmbiance éthérée, mélodies harmonieuses, espace saturé: Lost Souls de Doves est une pop britannique qui fait rêver.

Ajoutez à cela quelques morceaux accrocheurs, des mélodies qui n’ont pas peur de devenir émotives ou d’être légèrement audacieuses, et vous avez cet album qui transporte, qui enveloppe.

Firesuite ouvre l’album avec une ambiance sous-marine qui rappelle Air, avant de tomber dans un drame étrange et voilé. Here It Comes cède à la tentation et à la tourmente (la douce). Sea Song conserve le même aspect tragique, mais semble s’envoler tout à la fois, comme dans un vol au crépuscule, alors que Catch the Sun tombe dans un rock plus lourd et appuyé, mais diablement entraînant.

Plusieurs moments de l’album passent toutefois inaperçus. Les albums de dream pop britannique ne manquent pas: se distinguer est un pari risqué. Le groupe l’emporte sur les morceaux nommés, mais perd sur le reste.

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First Band on the Moon (1996) – 279 jours, 536 albums

The Cardigans - First Band on the MoonCandide serait le meilleur mot pour définir la musique du groupe The Cardigans. Les morceaux twee pop et dream pop de First Band on the Moon rappellent les prés ensoleillés et la nostalgie des premiers amours.

Légères, badines et habitées d’une énergie juvénile, ces mélodies ne peuvent que faire sourire, même les journées grises. Le lent Heartbreaker ressemble à une comptine. Mais la plupart des morceaux sont joyeux et énergiques, comme le festif Never Recover, l’accrocheur Your New Cuckoo, ou même le lent mais présent Losers. Des morceaux comme Choke sont plus imposants, en ne perdant rien de leur simplicité et de leur petit côté rêveur.

Si vous connaissez déjà le groupe, ce sera peut-être grâce à Lovefool et ses tendances disco, qui fut un succès en rappelant à certains leurs meilleures années. Pour ma part, je m’en souviendrai pour l’excellente réinterprétation de Iron Man de Black Sabbath, transformé en morceau langoureux et rêveur: un véritable exploit.

Deserter’s Songs (1998) – 382 jours, 558 albums

Un psychédélisme renouvelé mêlé à de la pop rêveuse, mais avec une ambiance étrange, conviée par les vibrations d’une égoïne, d’une voix anémique et de mélodies pianotées comme des valses voilées et funèbres : voilà ce qu’offre l’album Deserter’s Songs du groupe Mercury Rev.

Mercury Rev - Deserter's Songs

 

Donc, un néo-psychédélisme sombre et une dream pop légère, presque naïve. Les deux juxtaposés et mêlés donnent un résultat à la fois envoûtant (mais pas trop) et insécurisant. On ne plonge pas dans l’album : on semble flotter à sa surface, en admirant les reflets sombres et lunaires de l’eau. L’égoïne, qui est par exemple dans Holes et dans Endlessly, a quelque chose de fantomatique, et la mauvais qualité, qui rappelle un gramophone sur I Collect Coins, donne dans la nostalgie. Et à travers tout ça, une pop légère ressort, qui nous ramène dans les sixties, avec une énergie juvénile et candide.

Opus 40 offre un peu de tout ça, et est une véritable douceur pour les oreilles.

Goddess on a Hiway est du même genre, avec sa mélodie accrocheuse, sa complexité intrigante et son piano vibrant. Holes ouvre l’album comme un bal étrange, un peu brumeux mais à peine, alors que Tonite It Shows ressemble à une valse funèbre, triste.

À travers ses morceaux un brin désarticulés, l’album nous fait voir un bien étrange kaléidoscope : un qui fait voir des formes extravagantes, mais en noir et blanc.

The Soft Bulletin (1999) – 411 jours, 587 albums

Le son coloré et fantaisiste des Flaming Lips est bien attrayant sur leur album néo-psychédélique The Soft Bulletin.

covers4u.net

Mais bon, peut-être pas autant que sur Yoshimi Battles the Pink Robots. Ici, la musique était certes psychédélique et colorée à souhait, mais elle semblait moins finalisée que sur l’autre album que j’ai écouté. Aussi, les morceaux étaient moins accrocheurs. Mis à part, bien sûr, l’excellent Race for the Prize.

Pour le reste, je sens la richesse et la complexité des morceaux. Certains semblent être de véritables méandres dans lesquels on pourrait s’engouffrer complètement, sans regarder en arrière. Mais on dirait que beaucoup de ces morceaux ne m’ont pas particulièrement appelé. Peut-être que, comme trop souvent, quelques écoutes supplémentaires seraient nécessaires pour pleinement apprécier ces paysages rêveurs.

Cela étant dit, je garde une profonde admiration pour ce genre de musique. Le psychédélisme, et maintenant le néo-psychédélique, me fascine, et a toujours une place de choix dans mon coeur. Peut-être est-ce simplement pour ça que je suis plus critique à l’encontre de ces groupes.

Yoshimi Battles the Pink Robots (2002) – 469 jours, 626 albums

J’ai enfin pris le temps de découvrir un autre groupe qu’il me titillait d’entendre depuis un bon bout de temps. J’ai écouté le groupe The Flaming Lips et leur album Yoshimi Battles the Pink Robots : un savoureux mélange de néo-psychédélique, de dream pop, et d’un peu d’expérimentation.

The Flaming Lips - Yoshimi Battles the Pink Robots

Il serait difficile de mieux définir cette musique éclatée, qui semble partir dans tous les sens, mais qui pourtant reste unie et relativement homogène. On a l’impression d’avoir une multitude d’influences et d’inspirations mises ensemble, mais de manière hétérogène, comme le rock psychédélique s’y prenait. Quelques moments plus expérimentaux parsèment l’album, mais lui confère ainsi une atmosphère plus surréaliste et rêveuse, un brin futuriste, où le monde est peuplé de robots roses et de paysages colorés. À ce titre, Yoshimi Battles the Pink Robots, Pt. 1 est définitivement mon morceau favori.

Mais l’album n’est fait que de ces morceaux accrocheurs, rêveurs, éthérés et inoubliables. Fight Test qui ouvre l’album, In the Morning of the Magicians et son ambiance céleste, It’s Summertime qui réveille et vivifie, et enfin Do You Realize??, l’autre perle de l’album.

Dommage que ce défi ne comporte qu’un autre album du groupe : je devrai découvrir le reste par moi-même. Mais déjà, avec cet album, le groupe m’a séduit et m’a fait rêver.

A Rush of Blood to the Head (2002) – 471 jours, 629 albums

Un second album de Coldplay me tentait bien, déjà. J’ai donc écouté la britpop éthérée de A Rush of Blood to the Head.

Coldplay - A Rush of Blood to the Head

Je dois avouer que j’aime moins cet album-ci. Il n’en demeure pas moins un excellent album, et comporte bon nombre de bons moments, dont DaylightClocksPolitikThe Scientist… C’est simplement, me semble-t-il, qu’il manque la fraîcheur et la vitalité de Parachutes. Les morceaux sont plus détendus, plus désinvoltes en un sens. Ce n’est pas une mauvaise chose, mais de la même manière, ils perdent de leur vitalité, de leur poigne.

Quoiqu’il faut bien avouer que Clocks est difficile à détrôner, comme morceau phare du groupe.

Exception à l’album, Politik est mordant, dès le début. Il ouvre l’album avec force, émotion, tripes. God Put a Smile Upon Your Face est aussi bien savoureux, un brin tourmenté, et est composé avec le brio qu’on connaît bien à Coldplay. The Scientist est plus mélancolique et touchant, mais manque un peu de fraîcheur. Enfin, Daylight a quelques sonorités arabisantes et fait partie des morceaux du groupe que je pourrais écouter en boucle pendant longtemps.

Cela dit, pour le reste, X&Y demeure mon album favori entre tous. Avis aux intéressés et aux fans…

Parachutes (2000) – 476 jours, 629 albums

J’ai toujours été un fan de Coldplay, du moment où j’ai découvert leur musique à aujourd’hui. L’un de mes albums favoris, même s’ils sont tous bons et délectables, est Parachutes. Je me suis dit qu’il était plus que temps que je me plonge dans cette musique éthérée et empreinte de britpop.

Coldplay - Parachutes

La dream pop est également un composé important de cette musique. Les ambiances éthérées et presque hypnotiques de Coldplay sont une part fort importante de l’attraction qu’exerce sur moi cette musique rêveuse et méditative. Et je n’avais jamais remarqué avant de le lire, mais c’est vrai qu’il y a ici quelque chose de britannique dans le son, quelque chose d’élégant et de charmant.

Le morceau qui ouvre l’album est un morceau que j’adore. Il m’a accompagné lors de nombreux voyages, et j’adore l’écouter dans l’avion, en regardant à travers le hublot la terre qui s’étend sous moi, ou alors dans un autobus qui sillonne les vallées de l’Italie du Sud. Il s’agit du merveilleux Don’t Panic.

Il y a dans ce morceau une sérénité indescriptible, qui me met en transe à chaque fois, ou qui me plonge dans un calme rassurant, complet. Suit l’émotif et puissant Shiver, qui porte bien son nom et me donne des frissons à chaque écoute. Sparks offre une ambiance calme, comme s’il s’agissait d’un soleil levant, ou alors un crépuscule piqué de quelques étoiles à peine. Bref, une complainte des plus touchantes que j’affectionne tout particulièrement. Yellow offre plus d’énergie et semble nous sortir de notre torpeur, et je comprends pourquoi ce morceau accrocheur fut si populaire à sa sortie. Enfin, il y a High Speed qui, ironiquement, débute au ralenti, pour nous permettre d’apprécier toute l’ampleur que prend ce morceau.

Heureusement, je ne serai pas en reste. Ce défi comporte encore quelques albums de ce groupe que, vous l’aurez compris, j’apprécie tant.