1977 (1996) – 225 jours, 512 albums

Ash - 1977Indie, pop, punk, britpop: on a parfois de meilleurs résultats lorsqu’on ne se cantonne pas à un seul style. Ash joue la musique qu’il a à jouer. Et ensuite, on peut tenter de circonscrire sa musique en deux ou trois styles et influences. À ce titre, 1977 a sa personnalité.

Dans certains morceaux on sent un rock indie pas trop loin de nous. Ailleurs c’est le punk qui ressort, avec son ton sec, dur et épuré, mais rend presque pop, avec la mélodie mise en vedette. Partout on sent l’influence britannique, l’irrévérencieux britpop.

Les ambiances aussi varient à souhait. Lose Control ouvre par ailleurs avec puissance, sans concession, alors que Goldfinger suit avec quelque chose de plus émotif. I’d Give You Anything rappelle le rock de garage et Kung Fu mise sur une mélodie pop et accrocheuse. Innocent Smile est saturé de guitares et de batterie mais dans un environnement contrôlé, et Lost in You donne clairement dans la balade.

Il ne s’agit peut-être pas d’un incontournable, mais le groupe parvient à affirmer sa personnalité. Sans être une découverte, cet album mérite bien sa place ici.

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Psalm 69: The Way to Success & the Way to Suck Eggs (1992) – 225 jours, 512 albums

Ministry - Psalm 69 The Way to Success and the Way to Suck EggsLa musique industrielle est parfois rude et rauque: on vient saturer l’espace, on développe une mélodie en s’inspirant du métal, et on appuie le tout sur des loops et des répétitions héritées du kraut rock. Mais parfois, trop de répétitions et trop peu de mélodie peut venir ternir tout le reste. C’est malheureusement ce que fait Psalm 69: The Way to Success & the Way to Suck Eggs du groupe Ministry.

Il s’agit pour plusieurs d’un incontournable, d’une pierre angulaire du genre, mais j’ai trouvé difficile d’y trouver l’originalité, cette marque qui fait toute la différence. De bonnes idées mélodiques, qu’on retrouve entre autres sur l’impérieux N.W.O., l’agressif Just One Fix ou le violent Psalm 69, se perdent dans des morceaux trop longs, où on épuise le thème dans des répétitions sans fin. Scare Crow échappe à la règle et est plus intéressant.

Lorsque le groupe s’aventure dans le thrash, comme avec Corrosion, le style n’est pas maîtrisé, et ce qui devrait être une pièce audacieuse devient rapidement monotone et ennuyeuse.

Bref, ce mélange d’industriel et de métal peut être intéressant pour les inconditionnels du style, mais ce n’est pas l’endroit où commencer pour les novices. Ni où continuer d’ailleurs.

Doolittle (1989) – 407 jours, 577 albums

Le noise rock agressif et révolté des Pixies est certainement plus intense que celui de Pavement, surtout sur un album comme Doolittle. Cris, halètements, guitares électriques stridentes et sales : tout y est dans ce renouveau du punk habillé de grésillements.

Pixies - Doolittle

Certains morceaux sont toutefois fichtrement accrocheurs, comme Here Comes Your Man, qui est presque candide lorsqu’on le compare au reste de l’album.

Mais les débuts de l’album ne laissent rien présager de cette accalmie à venir. Debaser est intense, criard, voire agressif et brutal. Et je passe sur Tame

Debaser est toutefois fort appréciable et passe de manière bien remarquée.

Le reste de l’album partage davantage l’ambiance et le ton du premier morceau de l’album : force, révolte et jeunesse insouciante. Je n’arrive pas à me décider sur la valeur respective des autres morceaux de l’album : je vous laisse donc en juger par vous-mêmes. Une seule chose est sûre, c’est que ce genre de musique n’est pas accessible à tous. Par sa brutalité, elle peut en rebuter plusieurs. Par sa complexité, elle peut demander plusieurs écoutes avant d’être pleinement comprise et appréciée.

Fever to Tell (2003) – 478 jours, 630 albums

Le voyage s’est poursuivi avec un album que je souhaitais écouter depuis déjà longtemps : le garage punk du groupe Yeah Yeah Yeahs sur leur album Fever to Tell.

Yeah Yeah Yeahs - Fever to Tell

Ce n’est pas la première fois qu’on me recommandait le groupe ou l’album. J’avais entendu des extraits de morceau, mais sans plus. Déjà, cela avait éveillé ma curiosité. Et dès que j’ai mis l’album dans la voiture, j’ai été séduit. Un mélange juste assez dosé de punk, de garage rock et d’une pincée d’indie a plongé dans mes oreilles. Une instrumentation lourde, sans concession, et une voix agressive, qui vient du plus profond des tripes, nous accueillent dès le premier morceau, l’excellent Rich.

Je m’ennuyais un peu de ce Do It Yourself, de ce son sale, égratigné, de ces paroles crues, passionnée, et de cette musique à la fois simple et pénétrante, qui semble être jouée avec une flamme presque destructrice dans les yeux. Black Tongue est également agressif et abrasif, lourd et pesant, mais pour notre plus grand bonheur. Quoique, selon moi, c’est l’accrocheur et féroce Pin qui remporte la palme du meilleur morceau de l’album.

Plus loin, j’ai aussi aimé le torturé et torturant No No No, et le puissant Y Control, construit comme un véritable morceau pop, mais qui demeure avec toute la force et la pugnacité d’un morceau punk ou garage.

J’adore lorsque des groupes reprennent ou revisitent des styles oubliés, ou sur lesquels on semble être passés trop vite. À les ressusciter, on semble leur donner un second souffle, une fraîcheur incomparable et unique. Et cela prouve également toute l’importance et l’influence du punk, et qu’il s’agit bel et bien d’un style toujours en mouvement, toujours d’actualité et toujours inspirant. Pour le musicien, et pour l’auditeur.

Follow the Leader (1998) – 498 jours, 640 albums

J’ai ensuite écouté Follow the Leader, du groupe Korn : un album de heavy metal et de nü metal que je souhaitais découvrir depuis déjà un moment.

Korn - Follow the Leader

Depuis un bout de temps, en effet, puisqu’il s’agissait d’un groupe populaire lorsque j’étais adolescent : de ces groupes que tout le monde écoute, qu’il faut connaître et que, comme je n’écoutais pas encore de musique, je ne connaissais pas. Lorsque j’ai vu le nom du groupe dans ce défi, et cet album en particulier, j’y ai vu l’occasion d’enfin me réconcilier avec cette ignorance adolescente.

Le pire, c’est que je sais qu’à l’époque, j’aurais adoré le groupe. Le doux mélange de rap-métal et de mélodies bien construites rappelle Linkin Park, et le nü metal et la force parfois explosive de la voix me rappelle System of a Down. Aujourd’hui, c’est moins la musique que j’écoute tous les jours, disons. Mais ce fut un réel plaisir de se replonger dans cette époque, dans cette ambiance, dans cette nostalgie, et surtout avec un aussi bon album.

L’album s’ouvre avec le complexe et travaillé It’s On, proprement nommé.

Il commence en douceur, pour leurrer l’auditeur, avant de se révéler dans toute sa force, furieux et puissant, pour ensuite revenir vers une accalmie passagère, où s’exprime tous les talents de mélodiste du groupe. Ensuite, c’est Dead Bodies Everywhere qui a retenu mon attention, pas mal pour les mêmes raisons. Il y a aussi l’agressif et acéré BBK, l’étrange Seed, puis le plus rap Cameltosis.

J’ai déjà hâte de découvrir un autre album du groupe dans ce défi…

Arise (1991) – 503 jours, 642 albums

Manquant d’un peu d’énergie entre quelques albums plus calmes et relaxants, j’ai décidé d’écouter un petit album de speed/thrash metal, soit Arise du groupe Sepultura.

Sepultura - Arise

C’est d’abord la couverture qui m’a intrigué, arborant fièrement cette créature étrange et bizarre. La musique, quant à elle, offrait plutôt une musique désormais familière : un métal lourd et pesant, une voix étouffée mais criarde, des solos et passages exposant une virtuosité sans borne, réalisés à une vitesse défiant tout… Bref, tout pour satisfaire le fan de speed ou de thrash metal en moi.

Par contre, j’ai trouvé que la musique du groupe avait de la difficulté à se démarquer, à sortir du peloton ou encore à se hisser aux côtés des grands du genre. Cela dit, quelques morceaux valent bien d’être mentionnés, comme le complexe Altered State, qui se démarque davantage.

Murder, fidèle à son nom, est sans concession, agressif, simple dans sa formule, ce qui en fait un morceau fort appréciable. Substraction va plutôt dans les nuances; du moins, le plus qu’on le peut avec l’attitude hargneuse et énergique du groupe. Mais c’est Arise, le morceau éponyme, qui mériteraient davantage un moment de votre attention.

Pour le reste, je vous laisse découvrir le groupe par vous-mêmes mais, pour ma part, ce n’en est pas un du style qui se démarque.

Scum (1987) – 633 jours, 742 albums

Un dernier album pour quitter cette époque exigeante et tourmentée, pour en terminer, durant un temps au moins, avec la musique abrasive, sèche et toutes les excroissances du punk et du métal : j’ai écouté Scum du groupe Napalm Death.

Napalm Death -Scum

Pour ceux qui connaissent l’album, vous aurez compris que je n’y suis donc pas allé de main morte. Pour ceux qui ne le connaissent pas, vous avez déjà vos doutes, avec les noms et l’apparence de la pochette. Pour les autres, disons simplement qu’il s’agit de grindcore et de death metal : parmi les genres les plus exigeants qu’il m’ait été donné d’écouter jusqu’à présent. Le premier, le grindcore, ressemble à du hardcore punk poussé à l’extrême, avec un fond de métal. Comme du trash metal, mais en moins mélodique, avec des petits morceaux courts, et en laissant toute la place à l’agressivité pure et à une catharsis des plus intenses. Le death metal, quant à lui, est axé sur des thèmes touchant exclusivement à la mort, la souffrance, etc. Mais mêlé au grindcore, les paroles sont, pour ainsi dire, plus inaudibles. Malgré cela, le propos passe tout de même.

J’ai tout même trouvé l’album moins difficile qu’un album de hardcore punk. Il m’a paru moins acéré, moins criard. Cela dit, certains morceaux ne donnent pas leur place non plus, dont certains qui vont plutôt loin dans l’extrême. Encore une fois, j’ai l’impression que le fond de métal aide, malgré tout, à adoucir les choses. Le morceau éponyme, par exemple, demeure mélancolique, jusqu’à un certain point, malgré ses instants chaotiques.

Human Garbage offre un peu la même expérience, mais en plus brut, alors que Siege of Power nous présente un morceau long de 4 minutes, d’une complexité certaine, et qui fait office d’intrus dans cette longue succession de courts morceaux. 28 morceaux en 33 minutes : c’est difficile de faire mieux !

Multinational Corporations ouvre aussi l’album avec une aridité qui ne permet aucun compromis, ou aucun doute, n’offrant même pas d’aspect mélodique. Quoique… Même chose pour C.S., qui mérite aussi votre attention, tout comme Divine Death.

Pour le reste, à vous de voir si vous êtes près pour l’expérience.