Kings of the Wild Frontier (1980) – 207 jours, 486 albums

Adam and the Ants - Kings of the Wild FrontierAlbum mêlant les guitares lourdes et quelque peu sombres du post-punk et le pop accrocheur du new wave, Kings of the Wild Frontier d’Adam and the Ants fut une belle découverte.

Dog Eat Dog commence avec des percussions profondes, enchaîne avec des guitares rudes et résonnantes et se réalise avec une mélodie intéressante qui reste dans l’oreille. Ensuite, les morceaux jouent avec cette inspiration presque tribale des percussions et du chant, avec les guitares brutes et l’atmosphère un peu sombre. Los Rancheros a même quelque chose de latin, mais avec une voix profonde qui nous rappelle que l’on est bel et bien dans le punk. Killer in the Home est une plainte à la voix tribale mais aux contours glam rock.

Le tout fait penser par moments à une bacchanale, toujours avec une structure incroyablement mélodique pour les influences. Une découverte intéressante avec son énergie brute sans être brutale.

Live Through This (1994) – 291 jours, 554 albums

Le grunge s’entend aussi avec la voix de Courtney Love et du groupe Hole. La puissance dévastatrice de Live Through This le démontre, avec la hargne du punk, la musicalité du heavy metal et l’intransigeance du hard rock.

Hole - Live Through This

Si vous aimez l’aspect à la fois sans concession et catchy que peut avoir le grunge, vous allez apprécier cet album. Il faut par contre aimer la voix punk, sèche et hargneuse de la chanteuse. S’intéresser à l’énergie brute des morceaux sera certes plus facile, surtout avec des compositions aussi accrocheuses. Comme Violet qui ouvre l’album avec force et conviction. Ou le plus rugueux Plump. Ou l’intense Jennifer’s Body.

D’autres passages calmes, comme Doll Parts, offre également un moment de répit. C’est aussi la force du grunge: pouvoir passer de la révolte à la réflexion, au repos, à une émotion plus douce et fragile.

Doolittle (1989) – 407 jours, 577 albums

Le noise rock agressif et révolté des Pixies est certainement plus intense que celui de Pavement, surtout sur un album comme Doolittle. Cris, halètements, guitares électriques stridentes et sales : tout y est dans ce renouveau du punk habillé de grésillements.

Pixies - Doolittle

Certains morceaux sont toutefois fichtrement accrocheurs, comme Here Comes Your Man, qui est presque candide lorsqu’on le compare au reste de l’album.

Mais les débuts de l’album ne laissent rien présager de cette accalmie à venir. Debaser est intense, criard, voire agressif et brutal. Et je passe sur Tame

Debaser est toutefois fort appréciable et passe de manière bien remarquée.

Le reste de l’album partage davantage l’ambiance et le ton du premier morceau de l’album : force, révolte et jeunesse insouciante. Je n’arrive pas à me décider sur la valeur respective des autres morceaux de l’album : je vous laisse donc en juger par vous-mêmes. Une seule chose est sûre, c’est que ce genre de musique n’est pas accessible à tous. Par sa brutalité, elle peut en rebuter plusieurs. Par sa complexité, elle peut demander plusieurs écoutes avant d’être pleinement comprise et appréciée.

Crooked Rain, Crooked Rain (1994) – 408 jours, 579 albums

Les sons parasites, la mauvaise qualité et le grésillement sont les éléments qui font tout l’attrait de la musique de Pavement. Avec leur album Crooked Rain, Crooked Rain, ils nous plongent dans cette atmosphère pleine, rude et aérienne à la fois, et presque méditative.

Pavement - Crooked Rain Crooked Rain

Le noise rock contient tous ces éléments ensemble : il mêle la rudesse et l’énergie jeune héritée du punk à l’atmosphère éthérée créée par un voile de grésillement. Pavement sait réaliser cet effet avec brio, et le renouvelle sur cet album. On se perd dans ces morceaux parfois vigoureux, parfois mélancoliques et sentimentaux. Cut Your Hair est un exemple du premier genre, avec son ton insolent. Il est accrocheur et vivant.

Alors que Newark Wilder est un exemple du deuxième, avec sa voix plaintive, son ambiance légère et sa guitare déconstruite vers la fin.

Simplement pour dire que le noise rock peut mener à tout et à toutes les émotions.

Bien sûr, plusieurs autres morceaux de l’album valent votre attention, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir vous-mêmes.

Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not (2006) – 445 jours, 594 albums

Le rock indie et accrocheur du groupe Arctic Monkeys a retenu mon attention sur leur album Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not. Simple, franc, pop : tout y est pour rester dans les oreilles.

Arctic Monkeys - Whatever People Say I Am, That's What I'm Not

On pourrait croire que le terme rock indie est tellement large, et englobe tellement de musique et de groupes, que tout finit par se ressembler, par se confondre. Et pourtant, il n’en est rien, surtout avec un groupe comme Arctic Monkeys. Chaque album a sa particularité, sa personnalité, sa singularité. Peut-être est-ce parce qu’il s’agit d’un style que j’apprécie tout particulièrement, et donc auquel je porte une attention plus particulière, mais je crois aussi qu’il s’agit de la spécificité même du indie : il est indépendant par nature, par définition. Ainsi, même après une dizaine d’albums du style, Whatever… conserve un petit quelque chose, une fraîcheur bien à lui.

En ce sens, on se laisse porter par l’album, mais quelques morceaux sortent toujours du lot. L’un en particulier, You Probably Couldn’t See for the Lights But You Were Staring Straight at Me, a des motifs bien accrocheurs, qu’il fait bon de réentendre, en boucle.

Plus loin, il y a aussi Perhaps Vampires Is a Bit Strong But… qui est un peu plus lourd, rappelant davantage le hard rock, mais sans l’être trop. Le plus énergique When the Sun Goes Down nous motive un peu, et I Bet You Look Good on the Dancefloor est diablement accrocheur. Enfin, il y a surtout The View from the Afternoon que j’adore tout particulièrement, et qui ouvre l’album.

Ainsi, les mots d’ordre de l’album : rythme, énergie, brutalité douce. Brutalité douce, puisqu’on sent les influences du punk et du grunge, mais douce parce que cela ne devient jamais lourd ou pesant, jamais agressant. Le tout se fond dans un rock indie et pop accrocheur et frais.

White Blood Cells (2001) – 479 jours, 630 albums

Cela faisait longtemps que je souhaitais écouter un album du groupe The White Stripes. J’ai choisi White Blood Cells.

The White Stripes - White Blood Cells

J’avais écouté un peu de leur musique avant ce défi. Et je n’avais pas apprécié. J’étais donc mitigé : est-ce que l’écoute d’un album entier confirmera mon manque d’appréciation, ou alors découvrirai-je un nouveau groupe que j’aime ? De plus, plusieurs de mes amis sont des fans, et cela pèse toujours beaucoup dans la balance, et évoque toujours la même question : qu’y voient-ils que je n’y vois pas ? Mais dès le premier morceau, soit Dead Leaves and the Dirty Ground, je n’avais plus de doutes : j’allais désormais aimer ce groupe.

J’avais de la difficulté à définir le style du groupe. Maintenant je sais : Punk blues. Si on ne me l’avait pas dit, je ne l’aurais sûrement pas deviné. Mais maintenant, je l’entends à merveille. Essayez : les structures et les instruments du blues, mais avec la force, la brutalité et l’énergie du punk. Cela me semble plus apparent sur certains morceaux que sur d’autres, comme I’m Finding It Harder to Be a Gentleman, où cela est encore plus appuyé, alors qu’avec Fell in Love with a Girl met plutôt en prédominance le punk dans tout son éclat. The Same Boy You’ve Always Known ramène au blues, mais fait aussi penser à une balade des années 60-70. Un peu comme We’re Going to Be Friends, que j’ai également adoré.

Il y a dans ce morceau une nostalgie et une certaine dose de naïveté. Enfin, vers la fin de l’album, il y a I Can’t Wait et son énergie intempestive.

Ainsi, cette fois, j’ai apprécié la musique du groupe, pleinement, même si je suis bien conscient que cela me prendra quelques écoutes de plus pour pouvoir tout comprendre, tout déceler, tout savourer. Mais pour le moment, j’ai d’autres albums à découvrir, dont un second des White Stripes.

Is This It (2001) – 489 jours, 634 albums

J’ai enchaîné avec un album du groupe The Strokes, soit Is This It.

The Strokes - Is This It

Ce n’était pas la première fois que j’entendais parler du groupe, et donc j’avais bien écouté quelques morceaux, mais sans accrocher. Comme une de mes amies est fan, et que cet album fait partie de mon défi, je me suis dit qu’il était temps de donner au groupe une deuxième chance. Et je ne fus pas déçu ! L’album débute lentement, mais dès qu’on arrive à l’accrocheur Soma, on tombe dans l’album sans plus y repenser. Vient ensuite Barely Legal, qui nous partage le même garage rock un peu sale mais parfaitement maîtrisé, comme on l’aime, juste avant de céder la place à l’excellent Someday.

J’aime la simplicité instrumentale, la vitalité des mélodies et les refrains accrocheurs, faciles à retenir, mais sans être trop pop pourtant. Dans la même veine, vient plus loin Last Nite, que j’ai également adoré.

Le groupe donne l’impression de sortir tout droit des sixties et de son rock de garage, ou des années 80 et de son post-punk mordant, mais en y ajoutant une saveur indie, moderne, fraîche. Quoique, en même temps, j’ai aussi l’impression que ce sont des genres qui ne vieillissent pas, et qui gagnent toujours à être redécouverts, à être réexplorés, pour nous ramener aux racines de la musique populaire et du rock. Et à ce titre, The Strokes fait bien sa job.