(GI) (1979) – 221 jours, 504 albums

The Germs - (GI)The Germs offre avec (GI) un album à l’image de sa pochette: simple, épuré, voire conservateur. Sauf qu’il s’agit de punk. Simple et épuré puisqu’on ne garde que l’énergie, la rage et la jeunesse. Conservateur puisqu’il s’agit d’un album sans grande surprise.

L’énergie dégagée par le bourdonnement des guitares, la voix enrouée du chanteur et le déchaînement de la batterie produit de bons moments, avec quelques mélodies qui restent dans l’oreille. Le format des courtes pistes, comme tout album punk qui se respecte, nous fait goûter les morceaux plutôt que de nous plonger dedans.

Toutefois, rien de vraiment nouveau. Il serait facile de confondre cet album avec un autre du même style. Il s’agit d’un bel effort, d’un bon album, qui aurait gagné beaucoup avec un peu d’audace.

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Dig Me Out (1997) – 225 jours, 512 albums

Sleater-Kinney - Dig Me OutRage, guitares et punkettes: le punk n’est pas mort avec les années 80. Ni leur révolte d’ailleurs. Les membres du groupe féminin Sleater-Kinney s’en assurent. Avec Dig Me Out, on a l’impression d’être projeté 10-15 ans en arrière, durant les heures de gloire du style: même fougue, même énergie juvénile, même musique bruyante et vitriolée. Mais avec sa touche indie, ce groupe du mouvement riot grrrl n’a rien d’anachronique.

L’album a peu de moments faibles. Chacun est éclatant. Que ce soit le suppliant Dig Me Out, le plaintif Turn It On, l’accrocheur The Drama You’ve Been Craving, l’affirmé It’s Enough, le nuancé Little Babies ou l’excellent Not What You Want, la prestation est parfaite.

Un punk mature, féminin et sans concession.

Copper Blue (1992) – 278 jours, 531 albums

Sugar - Copper BlueLe guitariste et vocaliste de Hüsker Dü, Bob Mould, offre un effort dans un noise pop mêlé de grunge avec le groupe Sugar et l’album Copper Blue.

Les morceaux sont bien réalisés, mais ils manquent un peu de personnalité. Malgré la voix caractéristique du chanteur, ils ont de la difficulté à véritablement accrocher l’oreille, à l’exception de quelques uns. Fortune Teller, d’ailleurs, rappelle les meilleurs moments de Hüsker Dü. The Slim, aussi, est plutôt intéressant.

Pour le reste, il s’agit d’un noise pop sans profondeur, ou d’un grunge sans trop d’originalité. Il s’agit, certes, d’un album bien réalisé, sans défaut ou faux pas, mais qui manque également de qualités pour se démarquer. Un album qui, pour ma part, sera vite oublié.

Peace Sells… But Who’s Buying? (1986) – 647 jours, 767 albums

Un autre groupe dont le nom m’intimidait : Megadeth. J’ai donc affronté la bête en écoutant Peace Sells… But Who’s Buying?.

Megadeth - Peace Sells... But Who's Buying

Plus féroce qu’Anthrax, mais plus ordonné que Metallica et que Slayer, Megadeth offre un bon compromis dans cette pullulation de groupes de speed et de thrash metal. Non seulement le groupe conserve-t-il la clarté et l’ordre du métal, mais il en conserve aussi l’aspect mélodique, rappelant les grandes envolées musicales aux saveurs pop d’Iron Maiden. Ajoutez à cela une virtuosité éclatante, un peu de vitesse pour rendre le tout plus intense sans être plus brutal, et vous avez cette musique surprenante. Pour vous faire une meilleure idée, écoutez donc The Conjuring.

Plus loin vient l’excellent Devils Island et sa guitare électrique qui rappelle le coeur d’un volcan ou quelque autre monde infernal. Mais Bad Omen serait véritablement le second morceau à écouter sur cet album.

J’ai aimé son ambiance sombre et mystérieuse en début de morceau, et ses envolées musicales à la guitare qui m’ont jeté par terre. Pour le reste de l’album, le tout se tient, et offre une ambiance puissante, mais sans être véritablement agressive ou agressante. C’est l’un des rares albums du style qui, même à la fin, ne m’a donné aucuns maux de tête. Ça faisait longtemps !

Junkyard (1982) – 653 jours, 777 albums

Cet album particulièrement exigeant que j’ai ensuite écouté, c’était Junkyard, du groupe The Birthday Party qui, je dois bien l’avouer, porte vraiment mal son nom.

The Birthday Party - Junkyard

Ça y est. J’ai atteint mon quota pour un bon moment. Je prendrai ensuite une bonne pause du hardcore punk, du black metal, de l’industriel et de tous les autres genres bruyants, corrosifs et agressifs. Après cet album, j’avais littéralement un bon mal de tête, et simplement en remettant l’album pour écrire cette critique, il revient lentement, insidieusement. Et pour cause : il s’agit de l’album le plus brutal que j’ai écouté jusqu’à maintenant. Offrant un hardcore punk aride, criard et acéré, il est sans merci. Si vous avez des doutes, écoutez simplement Dead Joe.

Je crois que le morceau se passe de commentaires. Et dans les bons morceaux de l’album, Hamlet (Pow, Pow, Pow) est tout aussi intense et chaotique. Cela dit, She’s Hit et Several Sins offrent une approche plus douce et languissante, rendant ainsi ces morceaux relativement accessibles. Mais je dois avouer que le seul morceau qui a véritablement retenu mon attention et mon intérêt était Big-Jesus-Trash-Can.

C’est le seul morceau qui, dans ce miasme de sons métalliques et acidulés, m’a semblé travaillé, réfléchi, bref qui m’a prouvé que cet album était peut-être autre chose qu’un long défilement de bruits inaudibles et colériques de 40 minutes. Mais pour le reste, si vous tenez véritablement à écouter cet album, ce que je vous déconseille fortement, ce sera à vos propres risques.

Black Metal (1982) – 653 jours, 777 albums

Et un autre nouveau style musical violent : le black metal. Je l’ai découvert en écoutant l’album du même nom, Black Metal, du groupe Venom.

Venom- Black Metal

Je trouve que les choses ont dégénéré rapidement. À la fin des années 60, on parlait d’amour, de paix et de changer le monde. Dix ans plus tard, la désillusion s’empare des jeunes et le punk naît. À peine perd-il un peu de popularité qu’une kyrielle de nouveaux styles musicaux prennent le relais pour exprimer la rage, la colère et l’énergie inépuisable des jeunes et des artistes. Le hardcore punk fait son apparition, le goth rock aussi, tout comme l’industriel. Le black metal suit. Ici, non seulement la musique est-elle bruyante et corrosive, mais de plus elle parle d’enfer, de Satan, de feu et de mort. Je trouve que les choses ont dégénéré rapidement…

L’album s’ouvre avec un morceau éponyme qui, dès que la mélodie s’amorce, définit le nouveau style qui portera son nom.

Je dois dire que, malgré l’énergie et la brutalité de cette musique, cela fait du bien, ironiquement, de retrouver cette rondeur dans les guitares électriques, ce soucis de la composition et de l’harmonie dans la construction des morceaux. De plus, le groupe semble avoir un bon sens de la mélodie, nous présentant si difficulté ni complexe des morceaux accrocheurs et accessibles, malgré leur contenu… difficile. To Hell and Back a par ailleurs un refrain très accrocheur. J’ai aussi beaucoup apprécié le bien violent Teacher’s Pet, tout comme Leave Me in Hell qui, avec son jeu de guitare, n’était pas sans me rappeler Iron Maiden.

Il y a ensuite le rapide et inarrêtable Heaven’s on Fire, et enfin Don’t Burn the Witch, qui a su clôturer l’album avec brio, offrant une complexité bien appréciable.

Bref, un meilleur album que ce à quoi je m’attendais mais qui, certes, ne m’a pas permis de reprendre mon souffle avant un autre album des plus exigeants.

Damaged (1981) – 654 jours, 778 albums

Pour continuer avec une musique dure et difficile, j’ai écouté un autre album de hardcore punk, soit Damaged du groupe Black Flag.

Black Flag - Damaged

Encore une fois, il s’agissait d’une musique agressive, bruyante, abrasive. Alors que je croyais écouter la musique la plus exigeante avec le heavy metal, je la découvre plutôt ici, où le punk passe de sec à aride, de rebelle à violent, de colérique à hargneux. Au moins, malgré sa force, le heavy metal sait rester rond, harmonieux, mélodieux. Ici, la musique ne semble qu’être une agressivité pure, sans nuance. Cela est apparent dès le revendicateur Rise Above.

Je dois vous avouer que je trouve cette musique particulièrement difficile. Pas qu’elle soit exigeante intellectuellement ou quoique ce soit, mais simplement parce qu’après quelques morceaux, toute cette agressivité semble assombrir l’esprit, et finit par résulter en un tenace mal de tête. Cela dit, je comprends la raison d’être de cette musique et loin de moi l’idée de dire qu’il s’agit de mauvaise musique. Au contraire, il s’agit d’excellent hardcore punk. Il s’agit d’une émotion pleine, pure et sans concession : chose rarement assumée jusqu’au bout, surtout lorsqu’il s’agit d’une émotion comme l’agressivité ou la colère. C’est simplement que le genre devient rapidement épuisant.

What I See offre un punk aride et éreintant, alors que TV Party offre une mélodie plus douce, plus accessible et accrocheuse; chose étrange et inattendue dans un tel album.

L’intégration de certains concepts pop y est d’ailleurs fascinante, comme les claquements de mains par exemple.

Sinon, j’ai bien apprécié l’électrisant et franc Gimmie Gimmie Gimmie, ainsi que le très agressif Damaged II. Le plus complexe et travaillé Life of Pain fut aussi bien apprécié.