Getz/Gilberto (1963) – 226 jours, 514 albums

Stan Getz and Joao Gilberto - Getz GilbertoLa bossa nova rappelle les plages de sable chaud, la mer ondoyante, les vents doux et l’air salin. Mais sans Stan Getz et João Gilberto, peut-être ce style ne serait jamais parvenu à vos oreilles. Ce sont des albums comme Getz/Gilberto que ces petits rythmes latins, ces percussions discrètes et cette guitare légère comme tout sont devenus populaires.

Sans l’inoubliable douceur de The Girl from Ipanema aussi, la bossa nova serait bien peu de choses. Ce classique a une délicatesse tout simplement divine, et la voix d’Astrud Gilberto (la femme de João) a la douceur du miel. Lorsqu’elle entonne Corcovado (Quiet Nights of Quiet Stars), c’est d’une beauté simple et complète, unique, qui fait croire en la beauté. Le plus langoureux O Grande Amor reste aussi dans l’oreille et le cœur.

Un incontournable qu’il faut connaître, et qui sera parfait pour vos balades en voiture d’été, vos après-midi à la plage, vos matinées à prendre le thé dans le jardin, ou même pour ensoleiller, comme aujourd’hui, vos jours de printemps pluvieux et autrement gris.

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I See a Darkness (1999) – 284 jours, 544 albums

Gris, lourd, déprimant: pour l’album I See a Darkness de Bonnie « Prince » Billy, ces adjectifs sont des compliments. Et pourtant, ce country alternatif parsemé de rock indie a quelque chose de profondément lumineux. Un peu comme la minuscule flamme d’une chandelle plongée dans l’obscurité.

Bonnie %22Prince%22 Billy - I See a Darkness

On sent le country, mais à peine. Il se cache dans l’ambiance dépressive, dans certaines inflexions de la voix, mais on est loin du honky tonk et des campagnes de Buck Owens. L’émotion n’en est pas moins viscérale et déchirante. La montée finale de Nomadic Revery (All Around) donne la chaire de poule. Et pourtant, le début est introspectif, méditatif. C’est le cri d’une âme désespérée et affaiblie.

On sent aussi le rock, mais plutôt le goth rock et ses paysages sombres, rappelant un morceau punk qui aurait perdu son énergie et sa vitalité. Sur Death to Everyone, c’est à s’y confondre. La dépression est rendue admirablement belle.

Il subsiste tout de même un quelque chose de pop, d’abordable, de presque badin dans certains morceaux, et qui contraste avec l’ombre qui plane sur cet album. A Minor Place est entre la balade et le chagrin sur le bord de déborder. Madeleine-Mary est l’assemblage parfait entre une mélodie rock et les blessures lamentables du country.

Avec un tel exercice musical, le country vient définitivement toucher au cœur: on comprend plus que jamais sa pertinence, sa profondeur et sa force narrative et émotive.

Ambient 1: Music for Airports (1978) – 412 jours, 588 albums

Ambiance éthérée, piano en écho, notes parcimonieuses : l’album Ambient 1: Music for Airports de Brian Eno fut parfait pour traverser les hauts conifères du parc de La Vérendry et prendre un moment de calme, la ville déjà loin derrière nous.

Brian Eno - Ambient 1 - Music for Airports

On dit qu’Eno a inventé le ambient. Ce n’est pas totalement le cas, mais disons que le style serait peu de choses sans son apport. Ambient 1… est d’ailleurs un tour de force à cet égard. Il offre de longs paysages aériens, de près d’une dizaine de minutes chacun, qui se peignent de manière douce et légère. La musique ressemble à de longs filaments de nuages, qu’on regarde passer lentement, poussés par le vent. Les thèmes des morceaux sont plutôt répétitifs, mais ils en deviennent hypnotiques. L’album est d’abord contemplatif, et serait parfait pour vos séances de méditation.

Plongez dedans avec le piano éthéré et relaxant de 1/1, le premier morceau de l’album.

La lenteur et la simplicité de se morceau me semblent époustouflants. On peut créer une ambiance si riche et si enveloppante avec pourtant si peu de choses.

Birth of the Cool (1957) – 469 jours, 626 albums

A suivi un autre album de jazz, cette fois de cool jazz, soit Birth of the Cool du légendaire Miles Davis.

Miles Davis - Birth of the Cool

Miles Davis est littéralement une légende du jazz. Il a créé ou participé à la création de bon nombre de styles de jazz, et il a aidé à les définir et à ainsi pousser le jazz plus loin. Le cool est l’un de ces styles auxquels il a donné naissance et forme. Le cool, c’est comme le bop, mais en plus détendu, en plus senti et profond. En plus cool, bref. C’est un peu le pont entre la virtuosité sans âme du bop et le retour au soul et au blues du hard bop : c’est un style transitoire, mais qui a son propre charme et ses propres adeptes. J’en suis à demi, mais cet album me séduit à chaque fois, et ne me déçoit que par sa longueur trop courte. Mais 40 minutes à peine, et un nouveau genre est né : c’est ça le génie de Davis.

Encore une fois, l’album s’écoute d’un seul coup, en se perdant dans son ambiance et dans ses propres pensées. Définir des morceaux particuliers est donc, encore une fois, ardu. Jeru serait par contre un bon moment à vivre.

Mais sinon, il faudrait vraiment écouter l’album lui-même pour se plonger dans le style. Et pour débuter dans le jazz en général, ça peut également être un bon point de départ.

Fleet Foxes (2008) – 469 jours, 626 albums

Je passe de l’un des premiers albums de ce défi à l’un des derniers : l’indie rock inspirant de Fleet Foxes et de leur album éponyme, Fleet Foxes.

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C’est étrange : j’ai pris la peine de monter tranquillement dans les années, afin de bien comprendre l’évolution de la musique, les influences des genres, d’où ils venaient et de quoi ils étaient composés, et pourtant, lorsque j’arrive sur un album comme celui-ci, je semble être tout à coup de nouveau perdu et égaré, sans points de repère. De quoi est composé cette musique ? De tant de choses qu’elles semblent être difficiles à discerner. Un indie rock aux effluves tant américaines que britanniques, aux racines folk mais pas trop, avec des notions prises de toutes les époques, une atmosphère éthérée et complète, et une énergie et un sens de la mélodie très pop. Alors, que faire ? Il ne reste qu’à profiter de la musique, et à se poser des questions plus tard, après. Lorsque j’aurais écouté l’album plusieurs fois, je pourrai peut-être mieux le discerner, le comprendre. Mais pour le moment, appréciez simplement avec moi cet album étincelant, avec White Winter Hymnal.

Suit Ragged Wood, que j’ai également bien apprécié. Quiet Houses aussi a quelque chose de mystique, qui transporte. He Doesn’t Know Why ressemble peut-être plus à une balade, et m’a fait passer un particulièrement bon moment.

Plus loin, Your Protector est aussi fort savoureux.

Pour le reste, à vous de découvrir les milles nuances de cette oeuvre.

A Rush of Blood to the Head (2002) – 471 jours, 629 albums

Un second album de Coldplay me tentait bien, déjà. J’ai donc écouté la britpop éthérée de A Rush of Blood to the Head.

Coldplay - A Rush of Blood to the Head

Je dois avouer que j’aime moins cet album-ci. Il n’en demeure pas moins un excellent album, et comporte bon nombre de bons moments, dont DaylightClocksPolitikThe Scientist… C’est simplement, me semble-t-il, qu’il manque la fraîcheur et la vitalité de Parachutes. Les morceaux sont plus détendus, plus désinvoltes en un sens. Ce n’est pas une mauvaise chose, mais de la même manière, ils perdent de leur vitalité, de leur poigne.

Quoiqu’il faut bien avouer que Clocks est difficile à détrôner, comme morceau phare du groupe.

Exception à l’album, Politik est mordant, dès le début. Il ouvre l’album avec force, émotion, tripes. God Put a Smile Upon Your Face est aussi bien savoureux, un brin tourmenté, et est composé avec le brio qu’on connaît bien à Coldplay. The Scientist est plus mélancolique et touchant, mais manque un peu de fraîcheur. Enfin, Daylight a quelques sonorités arabisantes et fait partie des morceaux du groupe que je pourrais écouter en boucle pendant longtemps.

Cela dit, pour le reste, X&Y demeure mon album favori entre tous. Avis aux intéressés et aux fans…

Coles Corner (2005) – 475 jours, 629 albums

Le premier album : le chamber pop et le charme indie de Coles Corner, de l’artiste Richard Hawley.

Richard Hawley - Coles Corner

Ce que j’ai retenu de cette musique : une simplicité touchante et un retour aux sources. Il y a dans ces morceaux une poésie simple, douce, où il fait bon se promener. Certains morceaux, dont Just Like the Rain, m’ont rappelé ma découverte de la musique folk, avec la guitare électrique et la voix du chanteur, sentimentale, mise à l’avant-plan. D’autres, comme Hotel Room, s’ouvre avec des thèmes de crooner, nous ramenant aux belles années de la séduction, de la galanterie et des jeunes femmes en robe rouge.

On se laisse porter tranquillement dans les rêveries de cet album, on se laisse bercer par les mélodies simples et touchantes. Écouter ces morceaux me rend nostalgique de tant de beaux moments de la musique. Le relaxant The Ocean, le plus énergique (à peine) et folk I Sleep Alone, l’encore plus folk, presque country, et larmoyant (Wading Through) The Waters of My Time, et le rêveur Last Orders, qui clôture l’album : tous des moments presque silencieux et d’une beauté merveilleuse. Le dernier morceau à mention avant de vous laisser avec l’album : Coles Corner.

Voilà : tout y est.