Peter Gabriel (I) (1977) – 206 jours, 482 albums

Peter Gabriel - Peter Gabriel (I) Car - 1977Au nom de Peter Gabriel, je m’attendais à un soft rock populaire et suave sans trop de relief. J’aurais dû m’attendre à plus du leader de Genesis: son premier album solo Peter Gabriel (I) (ou Car pour les intimes) offre un large spectre d’expériences musicales.

Le art rock est encore ici bien présent. Moribund the Burgermeister nous amène dans un monde étrange à plusieurs mouvements et peuplé de gnomes et de fées en ouverture d’album. C’est suivi de Solsburry Hill, plus soft rock et un hit que vous connaissez sûrement. Humdrum est d’abord discret et simple, laissant toute la place à l’émotion, avant de prendre de l’énergie et de l’ampleur. Waiting for the Big One mise sur un piano jazzy et des arrangements qui rappellent un blues de cabaret ou les débuts du rock & roll. Et Here Comes the Flood clôture avec force mélancolie, théâtralité et instrumentation.

Autant Genesis est extraordinaire, autant il faut constater que Peter Gabriel peut très bien se débrouiller seul. Avec la même force, la même créativité et la même grandeur.

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The Downward Spiral (1994) – 593 jours, 679 albums

Je me suis ensuite permis un album de Nine Inch Nails, mon groupe d’industriel favori. J’ai donc découvert The Downward Spiral, que je n’avais pas encore écouté.

Nine Inch Nails - The Downward Spiral

Ce fut, bien sûr, une belle découverte. Surtout que j’étais déjà familier avec le son du groupe : ce son abrasif, mais texturé à souhait, qui comble tout l’espace comme un mur ou une toile, et sur lequel se dessinent plusieurs couches de musique, plusieurs étages de détails et de complexité. Il faut dire, aussi, que c’est probablement ce son qui a fait en sorte que j’ai tant apprécié le noise-rock et ses variantes. Un exemple parfait : Heresy.

Le grésillement, la basse rude, la voix étouffée et criante, et tous ces sons électroniques qui comblent le reste, tous ces éléments font de ce morceau quelque chose de complet et d’enveloppant. Juste avant, il y a le plus lent et épuré Piggy que j’ai aussi bien apprécié. Plus loin, c’est le complexe et travaillé Ruiner qui retient l’attention, et qui se présente véritablement comme une toile aux nombreux éléments qui s’empilent. Mais, définitivement, c’est Closer et sa perversité qui remporte la palme du meilleur morceau de l’album.

Son rythme est langoureux, les paroles sont crues, et le coeur du morceau est décadent et pervers à souhait. Si je vous conseille souvent des morceaux sur lesquels faire vos soirées romantiques, je vous conseille celui-ci pour baiser, rien de moins. Tous les éléments sont là pour faire votre nuit la plus chaude de l’année.

L’album ne comporte pas tellement plus de bons morceaux, qui ressortent du lot, au contraire de certains autres albums du groupe. Il s’agit plutôt, ici, d’une ambiance totale et complète, à laquelle contribuent les morceaux de l’album. Mais l’ambiance est toujours la même, toujours aussi enveloppante et opaque, réalisée avec une constance et un doigté remarquables. Dommage que le défi ne compte qu’un album du groupe…