Millions Now Living Will Never Die (1996) – 279 jours, 536 albums

Tortoise - Millions Now Living Will Never DieTortoise vous livre des paysages éthérées et complexes de post-rock, qui se dévoilent devant vos yeux dans tous leurs détails. Millions Now Living Will Never Die est une longue expérience contemplative qui mérite d’être admirée.

Djed se développe sur 20 longues minutes, construit par des répétitions électroniques, des vagues de sons oscillantes, des notes de vibraphone et des millions d’autres détails qui se perdent dans les filets d’une aurore boréale sonore. Car il s’agit presque d’un voile fin qui s’agite au vent: délicat et mystérieux. Avec Glass Museum, on se retrouve dans un véritable palais de verre, où le verre teinte et la lumière miroite, avec quelques notes de rock. Sur Along the Bank of the River, l’ambiance est presque jazz, rappelant les pièces méditatives fusion du Pat Metheny Group. La batterie, derrière, fait scintiller le morceau.

Le post-rock étonne encore, dans sa capacité à jumeler les inspirations sans heurts, à tailler les détails sans faute, avec minutie et patience. Tortoise n’échappe à la règle et réalise un fin diamant avec cet album doux et relaxante, et ces morceaux finement ciselés.

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Amnesiac (2001) – 479 jours, 630 albums

Ce ne sont pas les albums de Radiohead qui manquent dans ce défi. J’ai donc décidé d’en écouter un troisième, et de me faire plaisir, en mettant dans mes oreilles Amnesiac.

Radiohead - Amnesiac

Alors que OK Computer était puissant et rock, cet album-ci est plutôt calme, doux, tout en relief. Il est plutôt vu comme un album expérimental, avec des éléments d’électro pour créer les longs paysages sombres et textures, et pour créer une atmosphère électrisée, qui semble n’attendre qu’une étincelle qui ne vient jamais. Une sorte de tension créatrice s’y retrouve donc, mais pas une tension désagréable. Plutôt une tension qui s’apparente à celle du jazz, celle du tempo juste parfait, celle de la concordance presque télépathique entre les musiciens et les différents éléments d’un morceau. Un exemple ? Pyramid Song, qui s’ouvre tranquillement, mais de manière extraordinairement précise, calculée, maîtrisée.

Le morceau d’ouverture, Packt Like Sardines in a Crushd Tin Box, ne passe pas inaperçu non plus. Il donne le coup d’envoi d’un album contemplatif, éthéré, presque hypnotique, mais qui ne restera pas trop calme pour autant, qui ne sera ni ennuyant, ni endormant. Au contraire, il nous montre que les morceaux qui suivront, comme lui, seront captivants, intéressants, intrigants. À ce titre, Knives Out est l’autre bon coup de l’album.

Il a cette émotion lyrique et nostalgique si particulière à Radiohead, et qui m’a fait tomber en amour avec le groupe et sa musique.

Et tout l’album est construit sur ce motif, sur cette contemplation qui peut être triste, rassurante, expérimentale, selon les moments. Mais avant tout, l’écouter est ressourçant, et me fait sourire. Ne serait-ce qu’en me rappelant que certains styles musicaux autrement exigeants sont déjà loin. Du moins, pour le temps d’un album.