Tom Tom Club (1981) – 111 jours, 474 albums

Tom Tom Club - Tom Tom Club (1981)Un album assez étrange qu’est le dance-pop et new wave Tom Tom Club, du groupe du même nom. Ses mélodies et ses rythmes semblent être fragmentés, hachés, de manière presque robotique. Peut-être est-ce ce mélange particulier entre la chaleur pop du new wave et la froideur mécanique du kraut rock qui cause cette ambiance étrange?

Quelques morceaux sont uniques en leur genre, en cette ambiance. Wordy Rappinghood somme tout ce que les années 80 ont d’étrange. Genius of Love y ajoute même une chaleur reggae, qui est ici presque extraterrestre. Et que dire de l’amalgame bizarre qu’est le spacial et rétro, voire bubblegum Lorelei?

Un album qui fera froncer vos sourcils, mais qui est tout autant fascinant.

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Welcome to the Pleasuredome (1984) – 292 jours, 557 albums

Expérience épique, pleine et dansante: voilà en quelques mots Welcome to the Pleasuredome de Frankie Goes to Hollywood. On ouvre avec un semblant d’opéra sous The World Is My Oyster et on entre dans l’album avec le puissant, insistant et dramatique morceau éponyme. Le tout, avec ambiance éclectique et énergie contagieuse.

Frankie Goes to Hollywood - Welcome to the Pleasuredome

Car malgré un rythme important, hypnotique, c’est la complexité des morceaux qui retient l’attention. À travers les presque 15 minutes du morceau éponyme, on change de rythme, de mouvement, d’ambiance. On ajoute des éléments pour en enlever, on construit et déconstruit. Surtout, on tient en haleine. New wave? Dance? Pop? Disco? Qui saurait dire?

Avec Relax, on définit davantage. On prend le rythme, on l’amplifie, on le répète. On accroche l’auditeur, le danseur. Plus pop, mais toujours, cette intensité presque insoutenable et cette complexité, cette évolution et mutation des instruments.

Et l’album est lancé. On est plongé dans cet univers déjanté, électrique, assez simple et assez complexe.

Ray of Light (1998) – 490 jours, 635 albums

Je me suis lancé dans une autre artiste populaire, mais cette fois il s’agit d’une qui a déjà beaucoup de mon respect et de mon admiration. J’ai écouté Ray of Light de Madonna.

Madonna - Ray of Light

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une artiste populaire ordinaire. Pour moi, elle se classe aux côtés de grands comme Michael Jackson : sa popularité et la grandeur de ses oeuvres dépassent le cadre des masses. Attention : je ne suis pas un fan affirmé de l’artiste. Disons simplement que je sais apprécié sa musique et que je trouve qu’elle a une valeur plus étendue que sa contemporanéité. L’atmosphère dance-pop, cette fois, vient me chercher, m’entraîner, et me séduit le temps de quelques morceaux. L’un d’eux est l’élégant Ray of Light, chanson-titre de l’album.

Il faut dire que l’on est préparé à un tel album dès le premier morceau. Le lent et vaporeux Drowned World/Substitute for Love nous accueille dans cette musique, tout en douceur, nous transportant comme sur une barque, au fil d’un ruisseau endormi. Skin aussi s’ouvre sur une ambiance qui m’a rappelé le new age, avec son air éthéré, avant de lancer la basse cadencée, mais toujours en demeurant dans ce monde quelque peu mystique, hypnotique, à la fois captivant et relaxant. Frozen est également un morceau que j’ai beaucoup apprécié, ne serait-ce que parce qu’il m’a semblé plus accrocheur que les autres.

Enfin, The Power of Good-Bye apporte une certaine mélancolie, douce, toujours en restant dans cette ambiance calme, lente, caressante. Ainsi, l’album n’est pas tant fait pour la danse, pour l’énergie, mais plutôt pour la contemplation, pour qu’on puisse se recueillir en soi-même et fermer un peu les yeux. Cela m’a étonné de la part de Madonna, mais pas tant que ça non plus. Puisque, en même temps, cette délicatesse et élégance lui va comme un gant.

…Baby One More Time (1999) – 492 jours, 635 albums

Certaines choses dans ce défi sont inévitables. Un album de Britney Spears est l’une d’entre elles. Inévitable, parce qu’il faut bien l’écouter et connaître l’artiste. Inévitable aussi, parce que j’ai toujours des forts doutes que je vais aimer ça.

Britney Spears - ...Baby One More Time

En fait, je dois admettre que je connaissais déjà une bonne partie des morceaux contenus sur cet album. Les autres, selon moi, sont à peine digne de mention. Vous aurez compris que je serai assez critique envers cet album, mais c’est que dès l’ouverture de l’album, avec le morceau éponyme, on sent que la musique est davantage le résultat d’une production commerciale que le résultat d’une production artistique.

Le vidéoclip avec les écolières qui dansent n’aide d’ailleurs pas cette perception. Il faut aussi dire que je me souviens avoir entendu ce morceau beaucoup trop souvent lorsque j’étais jeune, et que je trouve maintenant qu’il n’a pas si bien vieilli (!). Avec (You Drive Me) Crazy, c’est pas mal la même chose, même s’il faut bien avouer que les deux morceaux, par leur inspiration singulièrement pop, sont plutôt accrocheurs.

Deux autres morceaux de l’album que j’ai relevé : le plus doux et sentimental Born to Make You Happy, ainsi que l’étonnement recherché The Beat Goes On.

Pour le reste, je suis content d’avoir écouté un artiste populaire de plus, mais aussi d’en avoir un de moins à entendre plus tard.

Technique (1989) – 619 jours, 722 albums

J’ai ensuite écouté un second album de New Order. Il s’agissait de Technique.

New Order - Technique

Il est peut-être rendu un peu tard pour parler de new wave et de synth pop, mais j’ai l’impression que le style n’a pas tellement changé, entre cet album et le dernier. Ce qui a changé, c’est la maturité derrière. L’album m’a semblé plus rodé, plus lisse, plus épuré. Il devient difficile, ici, d’entendre les restes de Joy Division. Et, sérieusement, en perdant cet aspect viscéral, cette profondeur, et en tombant dans le dance plus pur, on perd, à mon avis, beaucoup de l’intérêt de New Order. Cela dit, les morceaux demeurent accrocheurs, et certains restent dans la tête un bon bout de temps. Le groupe n’a pas perdu la touche. Mais elle s’est affaiblie, certainement. Si, par exemple, vous écoutez Round & Round, vous comprendrez peut-être mon point.

Le rythme est là, parfait. La complexité électronique est fort appréciable. Mais il manque l’émotion. Elle y est, mais seulement un peu, tellement peu. Mais ne me méprenez pas : il s’agit d’un excellent album pour animer vos soirées. En revanche, c’en est moins un pour passer une soirée contemplative. Autre beau moment : Mr. Disco.

Par contre, on ne peut pas dire que New Order manque de texture, dans ses arrangements électroniques. Mais, pourtant, je n’arrive pas à leur trouver de substance. Sinon, j’ai bien aimé Vanishing PointLove Less et, quand même, Fine Time, qui ouvre avec élégance l’album.

Faith (1987) – 626 jours, 731 albums

Je l’ai déjà dit, mais l’un des plaisirs de ce défi, c’est de prendre le temps de découvrir des grands noms de la musique auxquels je ne me serais pas forcément arrêté en d’autres circonstances. Il y a tellement de ces noms de la musique populaire, qui ont sorti quelques succès, ou un seul ou deux albums vraiment exceptionnels, avant de disparaître, de quitter les ondes ou la scène artistique, ou tout simplement de demeurer plus discrets par la suite. Il y a aussi de ces groupes ou chanteurs, populaires dans leurs années, mais ne jouissant plus aujourd’hui de fans qui sont dans ma tranche d’âge. Il est donc plus difficile de tomber sur ces artistes par hasard, ne devant me contenter que des morceaux joués en boucle à la radio depuis 30 ans. Ce qu’il y a de plaisant donc, avec ces artistes, c’est que ce défi offre d’habitude un seul, ou parfois deux albums, permettant un clin d’oeil sur l’oeuvre, sans trop que je ne me plaigne de devoir écouter ce que j’appelle parfois, de manière très subjective, de la musique populaire. Elle a son importance, mais disons simplement que ce n’est pas favorite, ni la plus stimulante de ce défi.

Bref, cette fois j’ai découvert George Michael, avec son album Faith.

George Michael - Faith

Avec une ambiance de urban et quelques morceaux sur lesquels il ferait bon danser, Michael nous offre un album simple, quelque peu épuré, qui laisse toute la place aux rythmes si caractéristiques des années 80. Les morceaux sont juste assez langoureux, juste assez sensuels pour une soirée feutrée, mais pas trop non plus pour donner dans l’émotionnel, le viscéral ou même le touchant. Les morceaux coulent donc sans heurt, sans trop qu’on leur porte attention, certains étant plus mouvementés, comme I Want Your Sex, Pts. 1 & 2

… et d’autres sont plus languissants, comme Hand to Mouth.

Kissing a Fool est aussi bien intéressante, avec son piano et sa voix de crooner. On a laissé tomber le beat électronique des années 80 l’espace d’un morceau, et cela ne fait pas trop de tord. Pour le reste, par contre, je crois que vous avez deviné mon impression. J’ai trouvé l’album plutôt plat et il était loin d’être stimulant. Pour la même ambiance, je choisis plutôt Sade. Et pour le urban, je pêcherais davantage vers Prince.

Actually (1987) – 644 jours, 761 albums

Album de ce matin, pour me réveiller un peu : Actually des Pet Shop Boys. Un album de dance-pop idéal pour se donner juste assez d’énergie sans trop se brusquer.

Pet Shop Boys - Actually

Eh oui : pour une rare fois, je me réjouis de devoir écouter du dance-pop. Mais, je ne sais pas, cet album avait une profondeur de plus, quelque chose dans la texture des morceaux qui en valait la peine. Et surtout, des vacances aussi douces pour mes oreilles se refusent difficilement. Et cela débute dès One More Chance.

Tout l’album a d’ailleurs cette synth pop épurée, encore plus pop que de coutume. Mais il faut aussi avouer que la voix du chanteur a quelque de purement émotionnel, de touchant, malgré la simplicité électronique de cette musique. J’imagine que c’est elle qui, par-dessus tout, a su retenir mon attention. C’est aussi le cas sur l’ironique et évasif Rent, où les arrangements prennent vraiment peu de place, et où c’est la voix qui est mise à l’avant-plan. Hit Music prend un peu plus de rythme, mais c’est toujours par le truchement des synthétiseurs, offrant donc un certain vide artistique. Mais, tout de même, le morceau sait être accrocheur et pop et, ce matin, je n’en demandais pas plus. It’s a Sin avait davantage d’intérêt, selon moi.

Je ne sais pas : il avait quelque chose de plus, comme un grand classique de la musique populaire qu’on n’oublie pas, qu’on connaissait déjà.

Et maintenant que ma pause a été prise, je retourne vers des albums plus exigeants, mais aussi plus valorisants.