Dear Science (2008) – 132 jours, 478 albums

TV on the Radio - Dear Science (2008)Ce sont des albums comme Dear Science qui valent ce défi. On finit par se fatiguer des albums trop similaires, que ce soit du rock, de la pop, du hip hop, du blues ou du jazz. Bon, peut-être pas le jazz… Mais une fois de temps à autre, un album si nouveau et si différent surgit.

TV on the Radio, c’est un peu comme de la pizza. Il est impossible de deviner le goût de la pizza si l’on n’en a jamais mangé. Même si vous connaissez parfaitement le goût du pepperoni, de la tomate, de la mozzarella et de la pâte, la pizza est quelque chose d’autre. Quelque chose de plus que la somme de ses composantes.

C’est la même chose avec Dear Science. On peut y retrouver le son 8-bit et écorché du lo-fi mêlé à des cuivres tonitruants (Dancing Choose), le funk, le hip hop et le wall of sound, muni de quelques sons électro (Golden Age), la réverbération d’un piano accompagné de violons sur une mélodie mélancolique qui grandit pour devenir immense et claire (Family Tree), de l’émotion déchirante (Love Dog), des rythmes enflammés et des percussions africaines (Red Dress)…

Tout y est. Cherchez.

Surtout, le tout est habité d’un certain mysticisme, d’une ambiance aérienne, parfois même méditative. Halfway Home vous enveloppe dès l’ouverture de l’album. Il vous saisit. J’ai écouté ce morceau, déjà, des douzaines de fois. Et encore, il m’émeut.

On finit par se fatiguer de tous les styles. Pour certains, par contre, c’est plus long. Et le post-rock a encore, j’en suis sûr, plusieurs surprises dans sa poche.

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The World Is a Ghetto (1972) – 281 jours, 539 albums

Avec un nom de groupe comme War, on est loin de s’imaginer le mélange de R&B, de rock, de soul et d’inspirations latines qu’on retrouve sur l’album The World Is a Ghetto.

War - The World Is a Ghetto

On ne sait trop si c’est le rock qui donne du mordant au R&B ou si c’est le R&B qui rend le rock funky. Le soul n’est pas si profond non plus: il apporte simplement du relief. Des effluves latines viennent colliger le tout et se perdent dans les détails. De ces inspirations hétéroclites ressort pourtant une musique unie, homogène dans sa diversité.

Mais les doses varient d’un morceau à l’autre. The Cisco Kid donne dans le rythme, alors que Four Cornered Room donne dans le blues et que The World Is a Ghetto donne toute la place au soul. Après tout, le mouvement est propre tant au rock, au R&B qu’aux latins.

Welcome to the Pleasuredome (1984) – 292 jours, 557 albums

Expérience épique, pleine et dansante: voilà en quelques mots Welcome to the Pleasuredome de Frankie Goes to Hollywood. On ouvre avec un semblant d’opéra sous The World Is My Oyster et on entre dans l’album avec le puissant, insistant et dramatique morceau éponyme. Le tout, avec ambiance éclectique et énergie contagieuse.

Frankie Goes to Hollywood - Welcome to the Pleasuredome

Car malgré un rythme important, hypnotique, c’est la complexité des morceaux qui retient l’attention. À travers les presque 15 minutes du morceau éponyme, on change de rythme, de mouvement, d’ambiance. On ajoute des éléments pour en enlever, on construit et déconstruit. Surtout, on tient en haleine. New wave? Dance? Pop? Disco? Qui saurait dire?

Avec Relax, on définit davantage. On prend le rythme, on l’amplifie, on le répète. On accroche l’auditeur, le danseur. Plus pop, mais toujours, cette intensité presque insoutenable et cette complexité, cette évolution et mutation des instruments.

Et l’album est lancé. On est plongé dans cet univers déjanté, électrique, assez simple et assez complexe.

The United States of America (1968) – 383 jours, 559 albums

Rock psychédélique et expérimentation éthérée : voilà ce qu’offre le groupe The United States of America sur leur album éponyme. Le groupe n’a sorti qu’un album, mais toute l’énergie, toute la force et toute la créativité sont là. Ici, on a l’impression d’écouter toute la musique des sixties, en moins de 40 minutes.

The United States of America - The United States of America

Avec un titre comme The American Metaphysical Circus, le premier morceau de l’album est sans équivoque : c’est dans un monde déjanté, explosé, mais lumineux et bruyant que nous plonge le groupe. Bref, un véritable cirque musical, avec tous ses animaux et ses créatures étranges.

Cloud Song est quant à lui plus doux et serein, avec son ambiance éthérée et son chant presque cérémonieux. L’excellent The Garden of Earthly Delights est un mélange pop et accrocheur de feux d’artifice orientaux et spatiaux.

Where is Yesterday tire vers le mysticisme, alors que Coming Down est plus énergique et pop. Stranded in Time a quelque chose de fin et d’élégant que j’adore avec ses violons.

Ainsi, il s’agit ici d’un fin mélange d’épices tel qu’on ne les retrouvait que dans les années 60 : grands espaces enfumés, éclectisme des instruments, ambiance colorée, parfois cacophonique et parfois d’une perfection spontanée, presque impromptue. Même si le groupe n’a sorti que ce seul album, il trouve clairement sa place dans le panthéon des albums de l’époque.

Caetano Veloso (1968) – 825 jours, 913 albums

L’album suivant fut Caetano Veloso, un second album tiré de la tropicalia, style de musique brésilien aux influences psychédéliques.

Je m’attendais à quelque chose de semblable aux Os Mutantes, et je fus donc à demi-servi. Sous une ambiance peut-être moins rock et moins électrique, on a pourtant une expression assez éclectique d’influences latines, classiques, et psychédéliques. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à écouter le candide Tropicália, qui ouvre l’album.

Déjà, le début du morceau est plutôt déstabilisant, puis suit un changement constant de rythmes et d’ambiances, qui se répètent, comme une ronde. Mais mis à part ce morceau, j’ai trouvé que l’album manquait peut-être d’énergie, pour se distinguer, au contraire des Os Mutantes. Le tout est très agréable à écouter, mais entre aussi sans trop de heurts ou d’attention de votre part dans vos oreilles. J’aurais aimé que certains morceaux retiennent davantage mon attention.

Cela dit, certains morceaux sont très beaux, et je regrette un peu de ne pas pouvoir déchiffrer la poésie des paroles portugaises. L’un de ces exemples est l’enchanteur Alegria, Alegria. Mais pour le reste, je ne raffole pas énormément de ce genre de musique, et il me manquait peut-être là un petit coup de pouce…