I’ve Got a Tiger by the Tail (1965) – 405 jours, 575 albums

Un peu de country avec Buck Owens and his Buckaroos au milieu de ce défi, sur leur album I’ve Got a Tiger by the Tail.

Buck Owens and his Buckaroos - I've Got a Tiger by the Tail

Le country a plus en commun avec le blues qu’il n’y paraît : le rythme souvent lent, l’ambiance mélancolique, parfois même larmoyante ou déchirante, l’aspect campagnard et terreux… Mais parfois, on dirait que le country va plus loin, sous certains aspects émotifs. Les inflexions si caractéristiques de la voix font passer certains moment de mélancolique à littéralement pathétiques. Cependant, le country sait être plus rapide, par moments, et plus énergique et festif.

Buck Owens est un peu tout ça. Avec le morceau éponyme de l’album, par exemple, l’atmosphère est plus mouvementée.

Alors que d’autres moments sont terriblement touchants, comme Cryin’ Time.

Ensuite, Trouble and Me est le stéréotype même du country : stéréotype que je commence à apprécier. Wham Bam m’a paru cocasse et bien amusant. If You Fall Out of Love with Me donne dans le romantique. Enfin, The Band Keeps Playin’ On est plutôt accrocheur.

A Girl Called Dusty (1964) – 405 jours, 575 albums

La soul un peu vieillotte de Dusty Springfield m’a charmé avec son album A Girl Called Dusty.

Dusty Springfield - A Girl Called Dusty

Ces morceaux d’une autre époque, où le terme pop voulait dire tout autre chose, ont quelque chose d’immédiatement charmant. On dirait que la pop s’inscrit dans des airs simples, une voix émotive, suave et bien ronde, et des paroles romantiques. Dusty Springfield offre tout ça, avec quelques nuances de soul bien placées, pour donner plus de profondeur, plus de texture aux morceaux.

Un morceau en particulier a retenu mon attention, et je crois l’avoir déjà écouté auparavant : You Don’t Own Me. Il est d’abord calme, avec une musique dramatique, avant de s’emporter et de devenir déchirant, éclatant.

La plupart des morceaux s’inscrivent un peu dans cette atmosphère, avec moins de poignant que You Don’t Own Me, mais avec autant de charme. Je vous laisse aussi écouter Twenty Four Hours from Telsa.

Night Life (1962) – 407 jours, 577 albums

Du country avec une voix de crooner ? C’est ce que nous offre Ray Price sur son album bleu et mélancolique Night Life.

Ray Price - Night Life

En faisant recherches, je suis tombé sur les termes Country-Pop et Honky Tonk. Le terme pop, ici, me semble désigné davantage une accessibilité que ce qu’il vaudra dire quelques décennies plus tard. Car il s’agit d’un country aimable, facile, où son langage musical parfois difficile est simplifié par la voix de Price. Celui-ci nous porte comme un crooner, comme le ferait un Sinatra, par exemple, mais sur fond de guitares country, de rythmes chevalins et de thèmes larmoyants.

Le morceau qui nous introduit à l’album, Night Life, en est un excellent, qui se démarque par sa tendresse et sa mélancolie. Il donne véritablement l’impression d’être en fin de soirée, un verre vide à la main, dans l’éclairage tamisé d’un bar.

Ce morceau est moins country que le reste de l’album. Des morceaux comme Pride en sont plus empreints, mais c’est pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

J’ai aussi bien apprécié le pensif Sittin’ and Thinkin’ et le triste, et plus campagnard, The Twenty-Fourth Hour.

Crooked Rain, Crooked Rain (1994) – 408 jours, 579 albums

Les sons parasites, la mauvaise qualité et le grésillement sont les éléments qui font tout l’attrait de la musique de Pavement. Avec leur album Crooked Rain, Crooked Rain, ils nous plongent dans cette atmosphère pleine, rude et aérienne à la fois, et presque méditative.

Pavement - Crooked Rain Crooked Rain

Le noise rock contient tous ces éléments ensemble : il mêle la rudesse et l’énergie jeune héritée du punk à l’atmosphère éthérée créée par un voile de grésillement. Pavement sait réaliser cet effet avec brio, et le renouvelle sur cet album. On se perd dans ces morceaux parfois vigoureux, parfois mélancoliques et sentimentaux. Cut Your Hair est un exemple du premier genre, avec son ton insolent. Il est accrocheur et vivant.

Alors que Newark Wilder est un exemple du deuxième, avec sa voix plaintive, son ambiance légère et sa guitare déconstruite vers la fin.

Simplement pour dire que le noise rock peut mener à tout et à toutes les émotions.

Bien sûr, plusieurs autres morceaux de l’album valent votre attention, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir vous-mêmes.

Scott 2 (1968) – 408 jours, 579 albums

Mêlez la musique classique et le rock & roll en 1968 et vous aurez Scott 2 de Scott Walker : un baroque pop touchant et éclaté, agrémenté de quelques reprises de Jacques Brel, rien de moins.

Scott Walker - Scott 2

Cette musique, en fait, ne fut pas sans me rappeler le chamber pop de Divine Comedy. Scott Walker et son style ne peuvent qu’en être les précurseurs. Quoiqu’ici, on est davantage près du rock psychédélique que de la musique classique en tant que telle, même si ça dépend des passages. Les violons, entre autres, et tous les autres instruments de l’orchestre donnent une texture dramatique et puissante, parfois douce et raffinée aux morceaux. Mais dans le contexte des sixties, j’y vois surtout une autre expression du psychédélisme, donnant ainsi une musique éclatée, hétérogène par moments, colorée, anguleuse. Le choix du mot baroque ne doit pas y être étranger…

Les meilleurs moments de l’album me sont apparus être les reprises de Brel : Jackie qui ouvre l’album de superbe façon, The Girls and the Dogs également, où il n’a pas à douter de l’origine française du morceau. Cela dit, c’est définitivement le tragique et appuyé Next qui est le plus poignant, le plus intense, le plus marquant.

D’autres morceaux valent aussi votre attention. Le sombre et lent The Girls from the Streets, par exemple. Ou alors le calme et chantant Plastic Palace People. Pour le reste, à vous de plonger dans l’album.

Gunfighter Ballads and Trail Songs (1959) – 411 jours, 587 albums

De la musique de cowboys : Gunfighter Ballads and Trail Songs de Marty Robbins est l’album parfait pour vos ballades sur des chemins de terre perdus dans le Nord Québécois.

Marty Robbins - Gunfighter Ballads and Trail Songs

Dans le coin de Beaucanton, sur les chemins cahoteux et boueux menant à une piste de randonnée pédestre au sommet d’une montagne dont j’oublie le nom, Marty Robbins nous a accompagné, nous faisant sentir en pleine nature, en pleine terre, poussiéreuse ou boueuse. De plus, à cette hauteur dans le Nord, la végétation devient plus clairsemée, rappelant juste assez les territoires plus déserts des États-Unis. Le country, donc, est là, et bien nommé. Country, mais plus accessible, car plus près du western. Ou peut-être est-ce moi que se fait au style…

Parmi les bons moments, Big Iron est un bon départ d’album, en force et en énergie.

El Paso et ses effluves mexicaines vaut également une oreille attentive. The Master’s Call donne de l’ambiance et rappelle quelque peu Johnny Cash.

Plus émotif, mais aussi plus pénétrant.

Je n’aurais pas cru passer un aussi bon moment avec un tel album, et pourtant ce fut une très belle découverte, surtout dans un tel paysage.

Modern Sounds in Country and Western Music (1962) – 413 jours, 590 albums

L’éternel Ray Charles me retrouve pour un album de Rhythm and Blues, qui penche davantage vers le blues et la mélancolie, mais parfois avec une teinte de pop et de soul, avec son album Modern Sounds in Country and Western Music.

Ray Charles - Modern Sounds in Country and Western Music

Je parle bien sûr de la pop de l’époque : celle qui était jouée par les big bands, avec force de cuivres et de rythmes jazzys. Le classique Bye Bye Love qui ouvre l’album en est le parfait exemple.

Malgré les propos quand même tristes du morceau, on ne peut s’empêcher de le trouver festif, accrocheur. Dans le même genre, il y a le délicieux You Are My Sunshine. Cependant, il y a aussi le sentimental et mélancolique You Don’t Know Me, qui change radicalement de gamme d’émotions.

Il est touchant, et la plupart des autres morceaux de l’album seront calqués sur celui-ci et son atmosphère, dont Born to Lose et ses violons larmoyants, ou l’excellent It Makes No Difference Now.

Ainsi, l’album nous fait découvrir un Ray Charles émotif, à l’âme bleue et mélancolique à souhait. Bref, un Ray Charles bien différent de celui que je connaissais. Mais cela fait parfois du bien de se détendre, ou de verser quelques larmes, à l’écoute d’une musique plus profonde, plus lente. Surtout lorsqu’elle est livrée par un si grand musicien.