Kings of the Wild Frontier (1980) – 207 jours, 486 albums

Adam and the Ants - Kings of the Wild FrontierAlbum mêlant les guitares lourdes et quelque peu sombres du post-punk et le pop accrocheur du new wave, Kings of the Wild Frontier d’Adam and the Ants fut une belle découverte.

Dog Eat Dog commence avec des percussions profondes, enchaîne avec des guitares rudes et résonnantes et se réalise avec une mélodie intéressante qui reste dans l’oreille. Ensuite, les morceaux jouent avec cette inspiration presque tribale des percussions et du chant, avec les guitares brutes et l’atmosphère un peu sombre. Los Rancheros a même quelque chose de latin, mais avec une voix profonde qui nous rappelle que l’on est bel et bien dans le punk. Killer in the Home est une plainte à la voix tribale mais aux contours glam rock.

Le tout fait penser par moments à une bacchanale, toujours avec une structure incroyablement mélodique pour les influences. Une découverte intéressante avec son énergie brute sans être brutale.

(GI) (1979) – 221 jours, 504 albums

The Germs - (GI)The Germs offre avec (GI) un album à l’image de sa pochette: simple, épuré, voire conservateur. Sauf qu’il s’agit de punk. Simple et épuré puisqu’on ne garde que l’énergie, la rage et la jeunesse. Conservateur puisqu’il s’agit d’un album sans grande surprise.

L’énergie dégagée par le bourdonnement des guitares, la voix enrouée du chanteur et le déchaînement de la batterie produit de bons moments, avec quelques mélodies qui restent dans l’oreille. Le format des courtes pistes, comme tout album punk qui se respecte, nous fait goûter les morceaux plutôt que de nous plonger dedans.

Toutefois, rien de vraiment nouveau. Il serait facile de confondre cet album avec un autre du même style. Il s’agit d’un bel effort, d’un bon album, qui aurait gagné beaucoup avec un peu d’audace.

First Band on the Moon (1996) – 279 jours, 536 albums

The Cardigans - First Band on the MoonCandide serait le meilleur mot pour définir la musique du groupe The Cardigans. Les morceaux twee pop et dream pop de First Band on the Moon rappellent les prés ensoleillés et la nostalgie des premiers amours.

Légères, badines et habitées d’une énergie juvénile, ces mélodies ne peuvent que faire sourire, même les journées grises. Le lent Heartbreaker ressemble à une comptine. Mais la plupart des morceaux sont joyeux et énergiques, comme le festif Never Recover, l’accrocheur Your New Cuckoo, ou même le lent mais présent Losers. Des morceaux comme Choke sont plus imposants, en ne perdant rien de leur simplicité et de leur petit côté rêveur.

Si vous connaissez déjà le groupe, ce sera peut-être grâce à Lovefool et ses tendances disco, qui fut un succès en rappelant à certains leurs meilleures années. Pour ma part, je m’en souviendrai pour l’excellente réinterprétation de Iron Man de Black Sabbath, transformé en morceau langoureux et rêveur: un véritable exploit.

Live Through This (1994) – 291 jours, 554 albums

Le grunge s’entend aussi avec la voix de Courtney Love et du groupe Hole. La puissance dévastatrice de Live Through This le démontre, avec la hargne du punk, la musicalité du heavy metal et l’intransigeance du hard rock.

Hole - Live Through This

Si vous aimez l’aspect à la fois sans concession et catchy que peut avoir le grunge, vous allez apprécier cet album. Il faut par contre aimer la voix punk, sèche et hargneuse de la chanteuse. S’intéresser à l’énergie brute des morceaux sera certes plus facile, surtout avec des compositions aussi accrocheuses. Comme Violet qui ouvre l’album avec force et conviction. Ou le plus rugueux Plump. Ou l’intense Jennifer’s Body.

D’autres passages calmes, comme Doll Parts, offre également un moment de répit. C’est aussi la force du grunge: pouvoir passer de la révolte à la réflexion, au repos, à une émotion plus douce et fragile.

Welcome to the Pleasuredome (1984) – 292 jours, 557 albums

Expérience épique, pleine et dansante: voilà en quelques mots Welcome to the Pleasuredome de Frankie Goes to Hollywood. On ouvre avec un semblant d’opéra sous The World Is My Oyster et on entre dans l’album avec le puissant, insistant et dramatique morceau éponyme. Le tout, avec ambiance éclectique et énergie contagieuse.

Frankie Goes to Hollywood - Welcome to the Pleasuredome

Car malgré un rythme important, hypnotique, c’est la complexité des morceaux qui retient l’attention. À travers les presque 15 minutes du morceau éponyme, on change de rythme, de mouvement, d’ambiance. On ajoute des éléments pour en enlever, on construit et déconstruit. Surtout, on tient en haleine. New wave? Dance? Pop? Disco? Qui saurait dire?

Avec Relax, on définit davantage. On prend le rythme, on l’amplifie, on le répète. On accroche l’auditeur, le danseur. Plus pop, mais toujours, cette intensité presque insoutenable et cette complexité, cette évolution et mutation des instruments.

Et l’album est lancé. On est plongé dans cet univers déjanté, électrique, assez simple et assez complexe.

Only by the Night (2008) – 304 jours, 558 albums

Un rock pop au tempo lent et aux mélodies accrocheuses: voilà ce que nous offre Kings of Leon sur leur album Only by the Night.

Kings of Leon - Only by the Night

Leur succès Sex on Fire flamboie avec sa force, et il faut l’écouter à quelques reprises avant d’en avoir les oreilles remplies. Use Somebody est une composition plus lyrique, mais bien construite qui suscite quelques émotions.

Pour le reste, ce sont des mélodies lentes, empreintes d’un rock plutôt commercial, qui sont offertes. Certains pourraient trouver qu’elles manquent parfois de relief et qu’elles ont de la difficulté à se démarquer. Cependant, la facilité de l’album le rend parfait pour une belle découverte sans trop d’efforts.

In-A-Gadda-Da-Vida (1968) – 383 jours, 559 albums

Le groupe Iron Butterfly pourrait se résumer à ce seul morceau : In-A-Gadda-Da-Vida. Le morceau de l’album du même nom est une traversée épique et psychédélique de 17 minutes dans un monde hypnotique et éthéré. C’est le seul de l’album qui vaille véritablement votre attention, mais dites-vous qu’il est assez rare qu’un morceau d’une telle longueur devienne un succès radiophonique, même dans les années 60.

Iron Butterfly - In-A-Gadda-Da-Vida

Certes, l’album a aussi une face A, mais sa composition n’offre aucune véritable surprise, se limitant à des morceaux de rock psychédélique bien réalisés, mais qui ne sortent nullement de l’ordinaire. L’intérêt de cet album, et du groupe, se trouve plutôt sur la face B, avec ce morceau interminable et passionnant.

En réécoutant cela, je me demande pourquoi l’orgue Hammond n’est pas demeuré un instrument populaire : la musique me semble plus triste et moins vibrante depuis… Bref, ici il fait un travail remarquable, et la mélodie du morceau vous restera dans les oreilles des jours durant : je vous le garantie.

The Joshua Tree (1987) – 403 jours, 573 albums

Le rock commercial a pourtant sa valeur : pas moins de 4 albums de U2 se retrouvent dans ce défi, me donnant l’excuse parfaite pour approfondir mon écoute de ce groupe mythique. L’un de ces albums : The Joshua Tree.

U2 - The Joshua Tree

Pour moi, U2 est un peu comme les Rolling Stones des années 80-90 : ils ont énormément de succès, ils redéfinissent le son et le rock de leur époque, sortent une grande quantité d’albums, et tous ceux-ci finissent par se ressembler après quelques parutions. Mis à part les grands hits, la musique du groupe m’est longtemps apparue comme sans trop d’intérêt, comme le reste du contenu de leurs albums d’ailleurs. C’est une critique que j’ai encore : leurs albums ne forment pas des unités assez uniques et assez unifiées. Plusieurs morceaux morceaux pourraient être interchangés d’un album à l’autre sans trop de problème. Mais en écoutant davantage de leur musique, je me fais un peu plus à leur son, et je l’apprécie beaucoup. Après tout, U2 définissent à eux seuls un bonne partie du rock.

Ainsi, cet album ne fait pas exception : il est fort appréciable, la musique est bonne, mais il n’a rien d’exceptionnel, mis à part quelques hits. L’un d’eux : Where the Streets Have No Name.

Un autre hit : With or Without You.

Leurs morceaux ont l’avantage d’être vraiment accrocheurs ! Du moins, certains. Car, comme les albums eux-mêmes, beaucoup de morceaux passent inaperçus.

The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators (1966) – 405 jours, 575 albums

The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators : le titre dit tout. C’est un son éclaté, coloré et hétéroclite à souhait que nous offre le groupe de rock psychédélique The 13th Floor Elevators.

The 13th Floor Elevators - The Psychedelic Sounds of the 13th Floor Elevators

Il peut être difficile de s’y retrouver dans cet univers enfumé, aérien et complètement déjanté. Les sons fusent, se mêlent, se séparent. Et à ce titre, les 13th Floor Elevators maîtrisent très bien le rock psychédélique, mais avec une folie et une extravagance peu commune. Ils offrent de longs paysages colorés aux formes étranges et inconnues, et renouvellent le coup morceau après morceau.

Ce morceau s’inscrit même dans un rock & roll endiablé, mais en y amenant tellement plus de texture, de couleur et de détails. Roller Coaster s’inscrit dans la même ambiance, mais avec un jeu de guitare plutôt mystérieux, qui amène une sorte de suspense. Fire Engine ne donne pas sa place non plus, dans le déjanté.

Plusieurs autres morceaux valent la peine, et tous ont cette intensité, cette énergie, cette désinvolture. Décidément, il faudra encore bon nombre d’albums avant que je ne m’épuise d’écouter du rock psychédélique.

Doolittle (1989) – 407 jours, 577 albums

Le noise rock agressif et révolté des Pixies est certainement plus intense que celui de Pavement, surtout sur un album comme Doolittle. Cris, halètements, guitares électriques stridentes et sales : tout y est dans ce renouveau du punk habillé de grésillements.

Pixies - Doolittle

Certains morceaux sont toutefois fichtrement accrocheurs, comme Here Comes Your Man, qui est presque candide lorsqu’on le compare au reste de l’album.

Mais les débuts de l’album ne laissent rien présager de cette accalmie à venir. Debaser est intense, criard, voire agressif et brutal. Et je passe sur Tame

Debaser est toutefois fort appréciable et passe de manière bien remarquée.

Le reste de l’album partage davantage l’ambiance et le ton du premier morceau de l’album : force, révolte et jeunesse insouciante. Je n’arrive pas à me décider sur la valeur respective des autres morceaux de l’album : je vous laisse donc en juger par vous-mêmes. Une seule chose est sûre, c’est que ce genre de musique n’est pas accessible à tous. Par sa brutalité, elle peut en rebuter plusieurs. Par sa complexité, elle peut demander plusieurs écoutes avant d’être pleinement comprise et appréciée.